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Cliilfro i'(;s|)(M5taljl(;, (]iU)ii. Soii! M;iis ce. ('liilln' piV;seiit(3 nu iiicoiiv('Mii(^iil: : il n*' s'yj)|)li(jun ({nVuix ()iivri(irs ;iy;int: un iiiôticr* cji inîiin ! Or, il y ii, à P:jris, des milliers <;t dos iiiilli(M's d'oiivr'iers ir;i|)|);irl('ii;iiit ;'i ynciiii èiîil j)r<''(ns, soil, «iifils ne lii-cnt |)()int, d'ijpprrMilJssn^c, soil (ju'nn iircideni, une in;dadie, l(;s ôloi^ii'i j)()nr toujours (hi luèlier îHKjiiel ils sV;t;iionl prèpiirôs, soi! enfin (|iie, le eliôni;iti,'o, un èvénenienl, (ju^!leon(|ue — ini îivur'o! — les :iil, ;'i j;iiii;iis j)r-èei|)il,ès d;iiis celte inrionihrjjhle ;iniu''e des ouvriers... disons, s;ins ironie, (Irchissrs ! (ju'on peul. ;jj)l)e|er les V;»^;d)Onds du Tr;iv;ul.
Ouo l(;s sluljsl,i('.i(;ns, ohliiiès d'oj)êrer sur dos données irudJièni;il,i(pies, dêd;u.iiiienl, ces inidlieur'e.ux, inch«ss;d)les d;ins Tindusti'ie, on les en peul, (îxeuser. .M;iis e<'s ouvriei's n'en sont. j);<s moins des liomines, des ti-:i-
^ vinlleiir's :mi même liti-e (ju'' l<-s lr;i\;iilleui's
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catalogués et estampillés, et cela doit manger, dormir, se vêtir, exister — tout comme leurs semblables de Tatelier. Que leur rapportent donc les métiers auxquels ils se raccrochent, métiers de la rue ou autres, professions plus ou moins bizarres, extraordinaires, insoupçonnés si, après Privât d'Anglemont, des curieux ne s'étaient amusés à les épingler et à les révéler?... On a cherché à le savoir — sans succès ! Devant ces pauvres diables, l'observation hésite : ils changent si souvent de patrons et de professions qu'elle ne sait où les saisir ! Ils vivent, chichement, l'aspect misérable, toujours maladifs, flottant dans des haillons cent fois rapiécés, tout aussi honnêtes que d'autres, pour la plupart se refusant aux besognes indélicates, en somme ouvriers sans métier assuré, mais n'en appartenant pas moins à la grande famille ouvrière. 11 est donc équitable de les faire entrer en compte lorsque l'on parle de la moyenne des
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salaires, — et voilà cette fameuse moyenne sensiblement descendue au-dessous du chiffre fixé sur des recensements incomplets. Les six francs quinze sont loin !
Des publicistes ingénieux se sont complu à comparer la situation pécuniaire des petits employés avec celle des ouvriers. Poussant la comparaison plus loin, on a même établi un parallèle entre certaines catégories d'ouvriers et certaines i)ro fessions libérales. Ainsi, un lieutenant d'artillerie en second gagne par jour 1 francs 10 — un ouvrier de four à chaux 4 francs (55 ; un ])ro('esseur titulaire de renseignement classiipie et de renseignement spécial gagne par jour 8 fr., — un ouvrier par({ueteur S fr. 50, etc.. Et de ce tableau com])aratif, surchargé par ailleurs des sommes dépensées pour l'instruction et l'éducation du ncuicnani et du professeur, des frais de (cmie et de rejjrésentation auxqu(3ls ils soiil, tenus, on a conclu à ravantau'c de la shuaiion des ouviviers
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sur celle du militaire et de Thomme à redingote.
Il suffit de mieux examiner les choses pour les ramener à une plus triste réalité. Et, d'abord, ce n'est qu'après un long et coûteux apprentissage^ que certains ouvriers parviennent à gagner le salaire ordinaire de leur métier : d'où, des sacrifices d'argent pour leurs parents, tout comme pour les parents du j)rofesseur et de l'officier, sacrifices numériquement moins élevés, sans doute ! mais aussi pénibles, tout étant relatif, et plus aléatoires, plus personnels, car ici il n'y a ni fortune, ni facilité d'études, ni bourses de collège, ni de ces protections qui rendent plus aisé l'accès des grands corps de l'Etat. S'il n'a pas à supporter des frais de tenue et de représentation — il ne lui manquerait plus que cela !... — en revanche l'ouvrier est soumis, hélas ! à des frais de santé : le travail manuel l'use et l'assomme, il n'y résiste, en de certains mé-
tiers, qu'en absorbant beaucoup ; c'est ainsi que tels mécaniciens, t^agnant quatorze francs par jour, perdent quotidiennement sept francs affectés à l'entretien de leur corps en cours de travail; les patrons ne les paient ce prix-là que parce qu'ils savent pertinemment à quelles nécessités coûteuses les réduit le travail ({u'ils leur confient. Voilà des frais de santé dont les ouvriers se passeraient volontiers, et qui semblent trop dépasser les frais de représentation qu'on leur oppose !
En vérité, un tel pandléic se p(nit-il poursuive} séri(3usement ?
Ceux-là, (MirégiuKMités dans l'Etat, jouissent d'une sécurité parl'ait(^ (ik^ parlons ])as, pour l'ofllcier, d<3S hasards de la gu(nnv, puisque tous les citoyens, étant soldats et mobilisables encasd(^ conHit, sont destinés à courir les mêmes périls) ; (pf ils soicMit malades, (pi'ils s(} trouvent en congé (l), la
1. Dans rannéo s(;olaii'(; lS'.>:?-'.)i. l<;s clahlissciiuMili^
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solde, le traitement leur est assuré du l^"* janvier au 31 décembre; à telles époques prévues, ils montent en grade,, ils sont élevés aux classes supérieures, recevant un traitement également supérieur ; outre la faculté de prétendre aux honneurs correspondants à leurs fonctions, d'arriver aux plus hautes situations militaires ou universitaires, ils ont la certitude, garantie par des lois, de ne sortir de l'armée ou de l'enseignement qu'avec une retraite assurant leurs vieux jours. Aussi bien — sans mettre en doute la vocation de plusieurs — n'est-ce point la perspective de cette sécurité, par quoi se trouve préservée jusqu'à la mort toute leur existence, qui a décidé le plus grand nombre d'entre eux à endosser la robe du professeur ou le dolman de l'officier?... Ni l'hermine, ni les galons, répondra-t-on, ne ^
universitaires ont eu 201 Jours de congé, ce qui donne 164 jours de travail pour les élèves... et pour les professeurs !
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les mettent à l'abri des vicissitudes de la vie, pas plus que le dolman ou la robe ne les couvre contre les surprises professionnelles mortifiantes. Eh! oui, mais qui obligeait ces messieurs, capables comme tant d'autres et, par leur instruction, plus à même de risquer les incertaines chances de la vie, qui les obligeait de troquer leur liberté contre le servage administratif?
Ceux-ci, ouvriers malgré eux, n'ayant pas eu le choix d'une carrière à leur entrée dans la vie, condamnés par leur naissance ménu^ à manier l'outil du prolétaire, soumis à toutes les fluctuations de l'offn^ oi do la demande, vivent dans l'insécurité la j)lns absolue. Ni retraite j)oar la vicilh^ssc ni salairi^ en cas de repos, ni salaire en cas de maladie, ni salaire en (-as de chômage, ils ignorcMit (Mitiérement où ils s(M'ont demain : blessés dans le métier? r<Miv(>yés de Fnlelici* ? jetés dans l'inactivité par la cessation dn travail sans savoir «luand il rej)ren(h'a ?...
Et, loin de pouvoir compter sur une augmentation de salaire, ils n'ont que cette certitude désolante : la certitude de gagner de moins en moins, soit que la vieillesse, en paralysant leurs forces, les rende incapables d'un travaiil rémunérateur, soit que la concurrence industrielle, atteignant encore la main d'œuvre, la mette à vil prix, tandis que tout augmente — nourriture, loyer !
Si encore le salaire des ouvriers était réellement supérieur, comme on l'a prétendu, au traitement des bourgeois auxquels on les compare ! Peut-être alors pourraient-ils, à force d'épargne, garantir l'avenir. Mais, non! leur salaire n'est malheureusement point si élevé qu'on le dit, et cela pour l'excellente raison que le chômage en emporte près de la moitié. En effet, l'Office du travail — je répète que c'est là une institution ofdcielle, donc infaillible aux yeux de la bourgeoisie, — l'Office du Travail, d'ailleurs corroboré par la Bourse du travail, a publié
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une statistique établissant que l'ouvrier parisien travaille à peine 200 jours par an, supportant ainsi JOr) jours de chômage, soit prés de cinq Dwis et demi. Voilà donc cent soixante-cinq jours de salaire à supprimer totalement : cela ramène la moyenne générale du salaire de l'ouvrier parisien à 3 fr. 35 au lieu de 6* fr. 15 (ce dernier chiffre ayant été fictivement établi sur 305 jours de travail). Quant aux deux catégories d'ouvriers plus spécialement opposées à l'oflicier et au professeur, voici, i)ar suite, leur situation exacte à l'égard de ces deux fonctionnaires : l'ouvrier d'un four â chaux gagne exactement un salaire d(3 2 fr. 57 au lieu de 4 fr. 65, l'ouvrier panjueteur un salaire de 4 fr. 05 au lieu d(^ 8 p'. 50, — ce ({ui fait (pie l'oflicier d'artillerie re(.*()ir, par jour 1 fr. 59 de plus quci le [)reniier, le professeur 8 fr. 35 de j)his ([ue le second !...
Des prétendus avanta.ucs de l'ouvrier sur
les petits bourgeois, combien en subsiste-til?... Aucun !
Si!... Sur les professeurs, sur les militaires, l'ouvrier possède un avantage réel, et considérable, celui-là : le droit de se syndiquer (1)!
1. Cette argumentation ne tend qu'à rétablir la vérité sur le sort de l'ouvrier. Que la situation de certains petits bourgeois soit digne d'intérêt, on né saurait le nier. Aussi bien les membres de l'Université sont-ils à môme, mieux que quiconque, de revendiquer les améliorations auxquelles ils pourraient avoir droit. On sait de reste que, loin d'entrer en lutte avec les ouvriers, loin de créer, comme on le désirerait peut-être, un antagonisme entre la classe ouvrière et le corps enseignant, ils sont des premiers à répandre, de la plume et de la parole, les théories socialistes... sinon individualistes. Encore tout récemment, un professeur agrégé d'histoire écrivait au Figaro une lettre dont le passage suivant vaut d'être médité :
« Au temps peu lointain où j'étais étudiant à la Sor- « bonne, écrit cet universitaire, mes camarades et moi « nous nous préoccupions déjà des conséquences qu'au- « raient au point de vue social : 1* la surproduction « des diplômes : 2° la disproportion toujours croissante
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« entre la grandeur de l'effort demandé par les conf « cours et la rémunération de cet ell'ort ; .S" Fencom- Isr- M brement de TUniversité... Nous pensions alors que « ce pseudo-bourgeois sortirait quelque peu de la bour- « geoisic et s'en irait olï'rir ses services aux écoles « socialistes... Depuis ma sortie de la Sorbonno, j'ai « été professeur à Stanislas, le gouvernement m'a en- « voyé en mission à l'étranger pendant deux ans. Je « viens de rentrer en France : j'ai pu immédiatement « constater que mes prévisions de jadis étaient justes « et (jaHl était proche le tetnps oii- V Université serait « le f/rand séntinaire du Socialistue comme l'Ecole « Normjile fut autrefois l'Ecole préparatoire.' au jour* K< nalisme. » — Figaro du 2'^ aoi'il lS9i.