‹ En plein faubourg (moeurs ouvrières)Chapitre 39 sur 43 · DES IDÉES MAL DÉFINIES P^LOTTENT VAGUEMENT · texte numérisé non relu

DES IDÉES MAL DÉFINIES P^LOTTENT VAGUEMENT

Des idées mal dèlinies flotK^it vai»'uem(Mit. L'aspect formidable do certains procès; l'existence étrange, mystérieuse, des accusés; ce que racont<Mit les Journaux; l(^s réponses que font aux présidents (h^ Cour d'assises les auteurs des attentats anarchistes; les légendes, le l)()in'r('au, cette allure de romans à la Rocandiole, tout cela aboutit à un s(Mitim(înt irrélléchi ipii ti-oul>le la classe ouvrière, instincliveinenl si disposée à prendre parti contr<' la police i)our ceux qu'(;lle tra(pi(\ La classe ouvrière a TeUVoi de tout individu qui repi-èseiile une parcelle de l'Autorité, parce (pi'<'lle croil haijours au

Bon Plaisir, parce qu'elle doute de la Loi, mais, plus que tout, elle redoute cette chose ténébreuse : la Police! Les ennemis de celle-ci sont ses amis, quels qu'ils soient. Sans les connaître, elle les applaudit, les approuvant de la combattre, de la mystifier, les absolvant du reste, surtout s'ils se présentent à elle en bons Justiciers.

Avant les éclats retentissants de la propagande par le fait, les hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur se moquaient de leurs collègues de l'Administration départementale qui, si naïvement! croyaient à l'existence du parti anarchiste et en signalaient, déjà apeurés, le développement progressif dans leurs provinces respectives.

C'est ainsi que, en retour d'un rapport documenté sur l'organisation de ce parti dans l'une des régions les plus travaillées par les compagnons, un préfet reçut cette réponse à peu près textuelle : « Le ministère de l'In-

EN PLEIN FArBorRa :d\,y

térieur est au courant des faits et gestes des anarchistes. L'innocuité de ces individus nous est assurée par ce que nous savons des relations qu'ils entretiennent avec les commissaires spéciaux de police. Leur but étant de nous soutirer le plus d'argent possible, pas n'est besoin de s'arrêter à leurs menaces vaines. Nous connaissons ces hommes : ils sont sans danger ! » Ayant r(^çu la visite réitérée de quelques eslanipcars anarchistes, la place Beauvau était en effet persuadée que l'Anarchie com})renait uniquement des agents provocateurs et des chevaliers d'industrie faisant les yeux doux à la caisse des fonds secrets. Illusion ([ui p('rsistait après Ravachol! Pour la dissiper, il fallut l'attentat de Vaillant. Depuis, par un excès contraire, la plac(; lieauvau, loin de mépriser, comme autrefois, les fonctionnaires qui lui adressent rai)port sur rapport au sujet de l'Anarchie et (h^ ses adej)tes, n'accorde sa confiance et ses faveui'S (pi'â eux

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