‹ En plein faubourg (moeurs ouvrières)Chapitre 40 sur 43 · J EN Ï»LEIN FAUBOURG · texte numérisé non relu

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seuls : les préfets qui ont le malheur de ne pouvoir signaler dans leur département pas le moindre petit groupe libertaire sont mal considérés !

Les notes générales qui suivent ne se présentent nullement avec l'intention d'augmenter les documents entassés dans les bureaux de la Sûreté générale : ce serait besogne dont leur auteur, est-il besoin de le dire ? n'a ni le goût, ni le désir ! Que le gouvernement se consacre tout entier à l'œuvre de défense qui lui est dévolue de par la nature môme de son institution, de par le rôle de gardien de la propriété qu'il tient du contrat social en vigueur! Mais, tandis qu'appliqué à la répression il mobilise tous les préfets et tous Les gendarmes de la République, sera-t-il défendu au passant, curieux de tâter le pouls à l'opinjon publique en dehors d'une presse intentionnelLement optimiste ou ]3essimiste, sera-t-il interdit à ce passant inquiet, (jui ne deman-

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de qu'à se rendre compte, d'observer les effets de la bombe là où tout semble concourir à l'excuser, chez le peuple même, et, réservant par devers lui son jugement, de rapporter simplement ses impressions, avec le seul souci de la vérité, un peu, dirait-on si le mot ne paraissait trop ambitieux, comme un historien, ({ui constate^ ce qui est — laissant momentanément aux sociologues le soin de rechercher (m^ qui devrait être?

Avancer que le p(nipl(^ est anarchiste serait exagéré. Au rest(\ l'anarchie philosophique et scientifique, celle dont se réclamèrent eu Cour d'assises les [irincinaux accusés du procès des TrcMite, lui est inconnue. S'il a lu les ienilles lihertain.'s, ce Tut n)oins j)our se pé.uétrer de leurs théories (pj.<* pour savourera sa façon l<'s ai'ticles au style singulièrement imauè de certaines d'entre elles.

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Tout le succès de Tun de ces journaux vint de l'habileté de son rédacteur, qui eut l'intelligence de parler au peuple sa langue, enrichie des tours et expressions les plus drolatiques du vocabulaire poissard. Déjà en honneur au temps de la Ligue, rajeunie sous la Révolution par le Père Duchêne, ce genre de littérature est le plus insinuant moyen de propagande pour les partis qui en appellent aux classes souffrantes. Elles se divertissent de ces écrits populaciers, dont les auteurs, sachant l'attrait des gros mots près des esprits vulgaires, s'appliquent à être orduriers. Elles n'y cherchent qu'un amusement provoquant au rire, mais, la feuille jetée, les éclats de rire éteints, l'empreinte subsiste, et des injures prodiguées en un hoquet d'encre rejaillit sur les puissants de la déconsidération — d'où naît, aux jours de colère, de la désaffection agissante (1).

1. Le style du Père Peinard atteignait si bien ce résultat, ce journal devenait si redoutable pour les

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Rire mène à démolir (1)! Mot profond et trop juste! Les discours passent : le mot drôle reste. Une caricature blc^sse plus sûrement que les invectives les plus passionnées. Pendant dix ans, les anarchistes ne r(3Coltôrent que le rire. En réunions publicpies, môme au temps du procès de Lyon (procès Kropotkine, Cyvoct, etc.), on ne les accueillait que comme d'étourdissants fantaisistes s'égayant à émettre l(\s propositions politiques les plus saugrenues. Tous les journaux de l'époque, jusque vers 1(S87, constatent le succès de fou rire remporté par les orateurs anarchistes dans les miheux i)opuhiires. Eux, isolés, mo({ués, ridicuHsés, laissaient dire, laissaient fain^ : rire. mèn(^ à démoUr! Dix ans n(i s'étaient [)as écoulés

hommes ((ii'il attaquait (jtio, dans un ((('iiaitcuicnt de l'Est, les eliefs du i)arti socialiste, s'clant attire' son inimitié violente, le mirent (}n intci-dil dans la classe; ouvrière.

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