‹ En plein faubourg (moeurs ouvrières)Chapitre 4 sur 43 · EN PLEIN FAT'ROT'RG · texte numérisé non relu

EN PLEIN FAT'ROT'RG

un récépissé sur papier timbré : coût 0,60 centimes, et c'est tout ! Ce papier en poche, le mastroquet s'installe à son comptoir, sans plus songer à la police. N'est-il point en règle avec elle ? Administrativement oui, policièrement non. Elle lui a demandé son domicile, ses nom et prénoms, sa profession, le lieu et la date» de sa naissance, et pas autre chose — les (exigences de la loi s'arrêtant là. Mais si la loi est satisfaite, la poUce ne l'est pas. Sur cet individu, la veille inconnu d'elle, (fui journellement va se trouver en communication avec la foule, il lui faut de plus complets renseignements. Et elle commence d(3 lui conslituer son dossier ! La connaissance du lieu (1(^ la naissance facilite les premières l'cclierches. Le connnissaire de police, iunuédialiuueul avisé, (;harg(^ ses ins[)e(:((^urs de pnuidre contact avec le nouveau patron, (Tobservcn' le g(uire de la clientèle, (redouter, de noicr ce jpii se dit dans rétablissement, tan<Hs

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que, dehors, tout en se promenant sur le trottoir, les agents de la paix. ne perdent rien de ce qui se passe à l'intérieur ou aux entours. Selon les résultats de cette enquête, l'estaminet est mis en observation, avec ordre pour les agents de dresser procèsverbal au patron à chaque infraction, même légère, aux règlements administratifs. Au moins, les débitants connaissent-ils les dits règlements ? Les malheureux ! c'est tout juste s'ils savent l'heure à laquelle ils doivent fermer leur boutique.

Ayant eu l'occasion de visiter le commissaire de police de mon quartier, je le questionnai :

— Quelle doit. être l'attitude d'un marchand de vin, contre lequel des agents verbalisent à tort ?

— Ne rien dire et attendre.

— Attendre que, sur ce procès verbal, vous lui dressiez contravention?

— Ne suis-je pas là? tout disposé à écou-

ter ses explications, tout prêt à lui rendre justice.

— Et s'il ne lui plaît pas de se déranger, de quitter son commerce pour venir faire antichambre chez vous, si, citoyen paisible et commerçant honnête, il pense avoir le droit de redresser lui-môme, sur le champ, et poliment, s'il vous plait ! l'erreur d'un agent qui outrepasse ses pouvoirs par ignorance ou par malveillance?

Alors, le magistrat de formuler :

— Monsieur, un agent, encore qu'il eût mille fois tort, est censé ne se tromper jamais. C'est ainsi. Tenez ! si, moi, commissaire de police, m'étant absenté de Paris vingt-quatre heures durant, j'étais, au retour, appréhendé dans la rue sous un motif dont l'a vaut- veille j'eus proclamé l'illégalité, je ne protesterais jias, je suivrais docilement les agents, sachant par expérience combien sont n()ml)reux les règlements de la police des rues, et ({ue, tout

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