‹ En prison sous la terreur russeChapitre 3 sur 22 · VIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VIII AVERTISSEMENT

le blocus, malgré l'hostilité déclarée de toutes les puissances , malgré les ruines accumulées par la guerre et auxquelles la révolution venait ajouter d'autres ruines, malgré l'usure d'un matériel industriel que de tout temps la Russie a tiré de l'étranger j la république des Soviets, dis-je, a duré. Convenons-en, il y a là un fait qui a déconcerté toutes les com^putalions, un fait d!une originalité sans pareille et qui nous eût paru en 1917 totalement imprévisible, La domination des bolcheviki a duré maiè elle ne durera pas-; elle disparaîtra^ laissant dans nos esprits un souvenir extraordinaire qui demeurera surtout comme une illustration de tout ce qu^une Révolution devrait « ne pas faire ».

La pensée maîtresse de M. Lénine est qu' « il n'y a pas de milieu entre la dictature du prolétariat et la dictature du capitalisme >. Et, cependant, c'est ce milieu que, pour sauver la civilisation, il est indispensable de trouver. Une lutte générale entre les deux fléaux que le réformateur de Moscou oppose l'un à l'autre entraînerait l'humanité à des guerres civiles interminables, à des batailles de cannibales et à des souffrances sans nombre. Faut-il, pour chercher à improviser l'organisation du bonheur, prétendre « retourner la Société comme on retourne un gant », suivant le mot sijitste de Kautshy et, du même coup, précipiter toutes les classes dans un océan cte malheurs? Non! Le suffrage universel doit suffire à tout; il peut tout, il est tout. Quand chacun de ses citoyens vole librement, honnêtement, un peuple réalise la somme de justice que lui méritent son intelligence et sa vertu civique.

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