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Le souci des responsabilités =" << responsaoiutes
Vous avez essayé de donner à votre fille toutes les qualités d'esprit et de cœur qui puissent la rendre aimable. Vous croyez l'avoir dotée de tout ce qu! peut contribuer à son bonheur, vous n’avez oublié qu'un détail pourtant utile et nécessaire, vous ne lui avez pas donné le souci de sa responsabilité.
Elle n’a pas à choisir la couleur ou la forme de ses robes, elle ne sait pas ce qu’elle mettra ce matin ou ce soir, elle est incapable d'acheter ou de tailler un vêtement, elle n’oserait confectionner un gâteau ou une salade dont vous n’auriez pas vérifié la recette : en un mot, elle est une perfection pourvu qu’elle se meuve et qu’elle évolue dans votre ombre.
Si vous lui manquiez aujourd’hui, si elle se mariait au loin, elle ressemblerait à une automate dont on aurait perdu la clef, et le mari qui l’aurait connue chez vous, si sûre d’elle-même, ne la reconnaîtrait plus.
Empressez-vous donc de combler cette lacune, de lui donner assez de liberté pour développer en elle ces dons précieux d'initiative et de prévoyance. Qu'elle sache compter, chaque mois, sur une certaine somme dont elle devrait raisonner l'emploi. Si elle se laisse entraîner à de folles dépenses, elle sera privée d’un vêtement
nécessaire, d’un plaisir artistique, et même de faire charité.
la Donnes-lui le soin d’un malade, d’un enfant ; qu'elle sache que la guérison dépendra des soins intelligents,
son devoir et qu’elle lui est sincèrement attachée. Apprenez-lui à distinguer le bien du mal, à ne pas s’effrayer des apparences, mais À ménager sa réputation
sa vie, responsable de son propre bonheur.
Vous pouvez lui signaler les dangers, lui indiquer ce qui vous semble Jui convenir davantage, mais si vous iez à l'influencer, vous mériteriez plus tard qu’elle vous accuse d’avoir fait son malheur, Tandis que, si elle se trompe, el'e a’aura À se plaindre que d’elle-même.
de vices et votre fille, a, au moins, de petits travers. Ne lui offres pas le secours de votre expérience pour tout concillier, elle est responsable de ls paix de son
ménage, et il se peut que sa jeunesse, sa robuste confiance en la vie, son affection trouve des ressources inattendues ; elle se débrouillera d'autant mieux que vous resterez à l'écart.
Elle aura, comme vous l’avez eue, sa part d'épreuves et de travaux, dans bien des circonstances, elle réclamera votre aide et vous la lui apporterez volontiers. Maladies, chagrins, revers, éducation des enfants, elle gardera l'habitude de vous consulter et vos conseils seront d'autant mieux reçus que vous ne chercherez pas à les imposer.
Et, reconnaissante de ce que vous aurez fait d’elle une femme réfléchie et prévoyante, elle lèguera à son tour à ses filles le souci de leur propre responsabilité.
L’écueil de la sentimentalité —" #entimentalité
Il y a trop de sensitives par le monde, au cœur tendre, aux yeux facilement mouillés de larmes. Il y a trop de petites âr1es isolées et craintives Parce que vous
Cette sensibilité excessive, qui deviendra plus tard de l’exaltation et de la sensiblerie, se manifeste déjà
désespère si vous cédez à d’autres le privilège de la bercer et de la porter dans son petit lit blanc. Est-ce à dire que vous devez repousser ces témoi-
elle-même et aux autres pour qu’elle ne souffre pas trop de ce premier contact avec le monde en miniature.
Lorsqu'elle vous reviendra toute en larmes parce qu’une camarade plus riche aura blessé son amourpropre, parce qu’une compagne mieux douée aura obtenu la première place, parce qu’une enfant plus sympathique ou moins timide aura gagné une affection qu'elle ambitionnait ; ne plaignez pas trop cette détresse qui vous rappellera vos propres débuts dans la vie, essayez plutôt à en expliquer et à en diminuer les causes.
Dites-lui l'inégalité des conditions sociales, la valeur de l'argent et du mérite personnel ; apprenez-lui à souhaiter les succès légitimes mais à subir également les échecs et les déceptions immérités.
Montrez-lui que, pour être aimée, il faut avant tout être aimable et ne pas se montrer ombrageuse et jalouse de l’affection que les'autres obtiennnent, à être toujours prête à rendre à chacun les petits services qui sont à sa portée.
Votre fille, en entrant dans le monde, rêvera, comme toutes ses sœurs, du Prince Charmant qui doit venir; mais elle risque de s’égarer dans ses illusions sentimentales et de briser son avenir en le bâtissant uniquement sur un caprice de son imagination. Pendant que dans les bals, où vous croires indispensable de la produire, de beaux messieurs blasés se feront un malin plaisir de troubler la petite oie blanche par des déclarations qui auront déjà servi à deux générations de débutantes, il se peut que votre fille, à ce langage tendre et persuasif, croire reconnaître l’âme-sœur, et qu’elle soit toute déçue
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lorsqu'elle comprendra que c'est un jeu auquel les viveurs se prêtent volontiers ; et qu’elle traite ensuite du haut de sa grandeur Je brave garçon, dont la science ne tient pas dans un nœud de cravate, mais qui saurait la rendre heureuse et qui, désolé de la voir toujours dans les nuages, finira par se pourvoir ailleurs.
Votre fille ne s’apercevra de sa bévue que le jour où cet amoureux silencieux aura disparu, pendant qu’elle s’attardait à pleurer une chimère, et qu’elle Passait, sans le voir, à côté du bonheur.
Ne lui permettez pas de se consumer en d’inutiles et stériles regrets ; pour une occasion manquée, il s’en retrouve parfois de meilleures et même sans un mari on peut orienter et utiliser sa vie.
Réjouissez-vous de savoir votre fille dévouée et désintéressée, mais mettez-la en garde contre les sacrifices inutiles et les renoncements exagérés. L'on s’habituera autour d’elle à la croire toujours prête à donner sa place, à se priver du nécessaire, à tailler sur la sienne, déjà exiguë, de petites parts de bonheur. Non seulement on n’aura pas de scrupule à s'emparer de ce qu’elle abandonne, mais l’on trouvera tout naturel qu’elle ne songe jamais à elle-même ; et lorsque sa santé et ses forces la trahiront, peut-être ne se trouvera-t-il personne pour lui rendre les mêmes services qu’elle aura prodigués à tant d’autres.
La susceptibilité
S'il y a un défaut qui rend difficiles les rapports de famille et d'amitié, c’est bien la susceptibilité. I y a des caractères si mal faits qu’ils réussissent à dénaturer les meilleures intentions et les procédés les plus loyaux.
Vous vous aperceves, tout à coup, qu’une personne que vous estimez a changé d’attitude à votre égard. Au lieu des paroles amicales
et qui peut très facilement déterminer une rupture. Dans la famille, on n’est pas à l'abri des susceptibilités, je dirais volontiers que c’est là qu’elles élisent domicile et qu’elles se donnent libre cours.
Avec les étrangers on craint toujours un peu de faire
voir ses petites faiblesses, fait plus de concessions :; est plus exigeant, on ne querelles qui, loin d’ent
casion l’on juge
pas à la pensée
ue l’on a voulu, ’humilier.
Cela ne veut pas dire que l’on ne puisse protester et se défendre contre un procédé indélicat, contre des paroles blessantes, surtout si on ne les a pas méritées, mais il faut se demander toujours si l’on obéit à un sentiment de digni justi
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Calculer pour épargner
Une femme qui ne sait pas calculer, dans les mains de laquelle l'argent fond sans qu’elle se rende compte où il va, est une lourde charge pour la bourse et pour la patience de son mari.
Le gaspillage sous toutes ses formes est la source de discussions acrimonieuses que toute mère intelligente pourrait épargner à sa fille en la dressant, dès sa jeunesse, à équilibrer ses dépenses d’après un budget fixe, en l’accoutumant à inscrire tout ce qu’elle achète, à balancer à la fin du mois les dépenses avec son revenu.
Flle devrait lui apprendre à vérifier les notes des fournisseurs et, par conséquent, à ne pas les laisser en souffrance. Sans parler de l'injustice qu’il y a, à priver un honnête commerçant de son gain légitime, c’est immédiatement que l’on peut constater que l’on a reçu telles fournitures, que telle pièce de dentelle contenait tant de verges, et que l’on a renvoyé tel vêtement sans l’acheter.
Elle surveillera aussi les poids et mesures, non pas qu’elle suspecte la bonne foi du vendeur; mais puisqu'il a le droit de soupeser la pièce d'argent qu’elle jette en paiement sur le comptoir, elle a celui de constater que les livres ne sont point raccourcies d’une once et
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que la qualité des provisions qu'on lui donne est bien celle qu’elle demande.
Autant que possible, elle ne par téléphone, meilleure parti celui qui convi
elle n’a pas
les sous-vê
sin dont
ché, en hes inutiles qui dans les profondeurs de
Que votre fille sache bien utiliser, surtout, son argent de poche, celui qui sert aux déboursés imprévus. C’est celui qui coule plus vite, et qui est plus difficile à administrer. On se crée des besoins qui sont loin d’être urgents et qu'on pourrait apprendre à retrancher. Les menus plaisirs n’en seront que plus appréciés, lorsqu'ils auront été mérités par un jour d'attente ou par le sacrifice d’une autre fantaisie.
Faudrait-il, pour cela, que votre fille devienne avare ? Au contraire, en apprenant à épargner, elle connaîtra la joie de donner. prodigues en ont rarement assez POUr eux-mêmes ; ceux qui économisent. n'entassent pas pour le seul plaisir d'entendre le tintement des pièces d'argent. Ils savent, lorsque leur cœur est Compatissant, délier les cordons de leur bourse. Des joies qu'ils se refusent, germe une floraison nouvelle qui va égayer les souffrants, les pauvres, les isolés.
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A l'approche des fêtes, surtout, ils vont chercher dans les tire-lires bruyantes, les gros sous amassés jour par jour; puis, dans les magasins éblouissants de parure, ils achètent la part de ceux qui n'ont point d'argent, qui ont droit tout de même à un peu d’allégresse. Ils vont ensuite dans les mansardes sans feu, dans les taudis abandonnés, distribuer leur moisson : chauds vêtements, bois et charbon, provisions, sans oublier que les petitsne connaissent pas encore les inégalités de fortune et que les yeux natfs, les petits nez roses ont, depuis un mois, exploré toutes les vitrines.