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L'art de bien traiter les domestiques —Testiques

Ce problème de l’aide à obtenir, devient effrayant.

S'il y a des exceptions, elles n’en font que mieux toucher du doigt qu’il manque un rouage important à la

soutenaient souvent une mère infirme, une sœur veuve, dont elles faisaient instruire les enfants ?

Il est vrai qu’elles n’avaient pas à se pourvoir pour leurs vieux jours et qu’elles fermaiert le plus souvent leurs yeux sous le toit où elles étaient entrées avant leurs jeunes maîtres et où elles contribuaient à conserver maintes traditions.

Autres temps, autres mœurs ; les maîtresses de maison gagneraient à étublier les manières de commander de leurs fe:mes aïeules. Elles y apprendraient plus d’une leçon utile, j'allais dire nécessaire.

Il y a cinquante ans, le service était beaucoup moins compliqué ; les mères, plus actives, ne reléguaient pas leurs enfants dans les lointaines nurseries et n’exigeaient pas qu’on leur fit quatre ou cinq toilettes par jour.

La confiance que l’on témoignait à la bonne, venait surtout de ce qu’on vivait en contact continuel avec elle, de ce qu'après avoir peiné, jour par jour, auprès d’elle, on venait à la considérer comme de la famille.

La besogne était rude, tout se faisait à la maison‘en ces temps lointains : cuisine, pâtisserie, blanchissage, repassage, couture, raccommodage, mais on partageait de si bon cœur qu’elle en était allégée.

Cette familiarité des vieilles servantes choquerait, de nos jours, mais de ce que la vie a changé, il ne faut pas croire qu’elles sont devenues des machines. Sans doute, on a le droit d’exiger qu’elles fassent leur devoir, qu’elles n’enpiètent pas sur les jours de sortie, qu’elles ne laissent rien perdre, qu’elles ne soient pas grossières, qu’elles ne brisent pas tout ce qu’elles tou-

chent ; mais on ne doit pas les empêcher de prendre l'air, on doit les traiter soi-même avec politesse, on doit pardonner un accident qui n’est pas provoqué par une habituelle négligence,

Le fait qu’on les paie cher, trop cher, ne dispense pas de les nourrir suffisamment ; et dans les maisons où l’on garde une unique servante, cette nourriture devrait être la même que celle de la famille.

Les gens qui donnent une ration de viande, de pain et de beurre, qui mesurent le sucre et qui privent de dessert, deviennent tristement célèbres dans le monde où l’on travaille, I! faut réparer les forces que l’on

travailler avec autant d’entrain.

Il faut loger convenablement ses domestiques ; une chambre obscure, sans air, sans feu, peut altérer non seulement leur santé, mais exposer en même temps les enfants avec qui elles sont en continuel contact.

Il faut apprendre à Commander, aussi brièvement que possible. Il est plus facile et plus agréable d’obéir à un ordre précis qu’à üne série d'observations contradictoires Il est important que ce soit toujours la même personne qui donne des ordres, cela évite les récriminations inutiles.

On doit aussi réprimer l'humeur grondeuse, si l’on veut être joyeusement et ponctuellement obéie. Une réprimande faite avec calme, aura infiniment plus de portée qu’une kyrielle de reproches échappés à une patience exaspérée.

Il faudrait aussi savoir faire à propos un petit éloge. La bonne, il s’en trouve encore, qui s’est fatiguée pour

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que vous trouvies, au retour, son travail terminé, mérite que vous ne passiez pas dédaigneuse, sur cet acte de complaisance. Elle sera sensible également à l'intérêt que vous prenez à sa conduite, à son bien-être. Vous serez exposée peut-être à bien traiter des servantes qui ne le méritent pas, mais vous rencontrerez parfois des personnes qui vous rendront tout d’un coup toutes ces peines inutiles. I] y a des Âmes reconnaissan dans tous les milieux.

Pour résumer la question, nous traversons une époque extrêmement difficile, et chaque maîtresse de ma son doit étudier avec grand soin les circonstances dans lesquelles elle se trouve et comment, moitié avec de l'argent et moitié avec de bons traitements, elle peut conserver les serviteurs qu’elle réussit à se procurer.

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Il n’y a pas de bonheur —— 7" P9s de bonheur

Les plus jeunes protesteront contre cette aphorisme ; elles ont de si vives aspirations vers un bonheur complet, qu’il leur semble impossible de ne pas l’atteindre un jour,et qu’une vie qui ne doit pas apporter la réalisation de leurs rèves, leur paraîtrait cruelle et banale. C’est qu’elles veulent croire, malgré les exemples qu’elles ont sous les yeux, que leur sort sera autre et meilleur, Pourtant la plupart de leurs vœux ne seront jamais exaucés, ou ils le seront autrement, déroutant leurs prévisions les plus sages, où ils ne leur apporteront pas la joie dont elles exagéraient à l’avance la profondeur et l'intensité.

Elles voudront être les premières, les plus riches, les Plus belles, les mieux mises, les plus adulées. Quand elles auront passé la moitié de leurs journées à se parer comme des châsses et l’autre à se faire admirer ; lorsqu’elles auront compromis le bien-être de la famille par des dépenses exagérées, leur santé par de continuelles extravagances, leur âme par ce besoin continuel de louanges qui amène la conscience à tant de compromis, elles découvriront qu’il y a des femmes plus jolies, plus

élégantes, plus admirées. Que leurs brillants succès sont voilés par l'envie, que les oripeaux dont elles se couvrent n’ajoutent pas une parcelle à leur esprit, et qu'on ne les évalue que dépouillées de ces ornements superflus, de leur or, de leur position en les jugeant d’autant plus sévèrement qu’on les flatte et qu’on les encense.

Elles croiror* encore que le bonheur consiste dans le culte du moi 1 lesine voudront pas voir les devoirs qui attendent toutes les créatures de Dieu. Elles se croiront le droit de regarder le monde en spectatrices, avec un sorrire railleur sur leurs lèvres sceptiques, et d’accaparer à leur profit tout leur entourage. Elles détourneront les yeux de la misère du pauvre, parce qu’elles n’aiment que les visions de beauté; elles refuseront d'aimer parce que cela fait souffrir; elles s’efforceront de ne pas pleurer, parce que les larmes creusent des rides et enlèvent l'éclat des yeux.

Tous leurs soirs, toutes leurs fatigues tendront à les dispenser de la souffrance sous toutes ses formes, de la douleur physique comme des angoisses r+ «+. . Et les gens et les choses qu’elles auront vou. servir se tourneront contre elles ; l’épreuve fondra à l’improviste et les trouvera impuissantes et désemparées. Habituées à analyser leurs plus petits mécomptes, elles ne pourront tirer profit des grandes épreuves, et comme elles ne seront pas habituées à sortir d’elles-mêmes pour aider les autres, l'ennui s’emparera d'elles, elles vieiliront inutiles et désespérées.

Le plus grand nombre croira et voudra être heureux par l'amour ; mais là encore que de déceptions, que de

me

désillusions parce que leur félicité sera bâtie sur le sable et que le Compagnon de leur vie sera choisi avec le même soin qu’un bibelot de vitrine ou l’étoffe d’une robe de bal.

Quand elles auront donné au hasard leur cœur tendre et fragile, qu’elles auront sacrifié tous leurs rêves ambitieux à cette affection unique, que toute la beauté de La vie se sera concentrée sur un être que leur imagination aura paré de toutes les qualités selles s’apercevront un beau jour qu’on a payé avec parcimonie le don magnifique qu’elles ont offert et qu’une idole se dresse dans le sanctuaire qu’elles croyaient consacré à leur cuite. Quelques-unes s’en apercevront à temps et se dégageront en faisant appel à leur orgueil froissé et à leur dignité ; d’autres ouvriront les yeux trop tard, lorsque leur malheur sera consommé et traîneront jusqu’à la mort cette chaîne dorée qui s’incrustera dans leur chair et dont elles n’auront vu d’abord que l’apparence et l'éclat.

L'anitié, ce sentiment plus parfait et plus pur, ne leur apportera pas toujours la félicité qu’elles souhaitent. S'il y a des amis sûrs, dévoués et fidèles, l'amitié impose tant de sacrifices qu’on s’en tient le plus souvent aux contrefaçons plus ou moins habiles, Des amis selon la formule du monde, ce sont les gens qui vous approchent de plus en plus près pour mieux vous dénigrer, qui apprennent d’abord ce qui vous ennuie et qui se chargent de le publier, qui critiquent tout ce que vous dites, quand ce n’est pas ce que vous faites. Et comment blâmer, après cela, la jeunesse exubé-

rante de ne pas se contenter de cette comédie et de se replier un peu meurtrie de sa confiance brisée.

Même les affections de famille, si douces et si saintes, fournissent leur part d’amertume et de mécontentement. C’est la friction entre les caractères disparates, les malentendus entre les gens qui s'aiment tendrement et se font souffrir par les coups d’épingles journaliers; et lorsque les concessions mutuelles et la bonne volonté de chacun aura fait dispara‘tre les aspérités, la mort ou l'absence viendront creuser des vides qui, dans certains cœurs, au moins, ne pourront plus jamais se combler. |

La première condition pour être heureuse est donc de ne pas croire au bonheur. C’est de constater que ses rêves ne sont que des buiies de savon irisées et multicolores qui brillent un moment au soleil et s’évaporent dans l’asur. Plus on est résigné à tout ce qui arrive: devoirs, peines, travaux, moins l’on a de désirs, plus on est susceptible d’éprouver de la : sie,

Le bonheur, c’est de savourer minute par minute les quelques heures vraiment joyeuses qui traversent sa destinée sans s'inquiéter des chagrins qui les suivront. C'est oublier sa propre détresse pour encourager d’un sourire confiant une autre âme désolée, c’est marcher sereine vers le but, certaine de trouver toujours une occasion de se donner et de se dévouer. C'est aimer, bien que l’on sache que l’on recevra peu ou rien en échange, et c’est, en dépit des épreuves écrasantes et multiples, écouter au fond de son cœur la voix qui proclame “l'excellence de la vie quand elle est bien orientée.

C'est ce bonheur que l’on peut souhaiter à vos filles, c’est le seul dont nous puissions êtres sûres et le seul peut-être qui sera à leur portée. L'horizon a beau être noir, la tempête peut s’amonceler sur leurs têtes, rien n’empêchera celles qui sont décidées à la lutte, d'accomplir jour par jour, heure par heure, les petites actions quotidiennes qui font les vies bien remplies et les cœurs satisfaits ; parce qu’elles sont l’accomplisment du devoir qui revêt tant d’aspects différents, mais qui, pour une âme consciencieuse, n’est que l’expression de la volonté de Dieu.

Le bonheur de croire

Nous avons sous les yeux une reproduction d’un tableau de maître : S. Pierre et S. Jean courant au tombeau du Sauveur le matin de la Résurrection.

Ils ont eu le message que les saintes femmes, fidèles au-delà de la mort, ont mérité de recevoir les premières et dans l’aube grandissante, ils vont, portés par l’ardeur de leur foi, constater le miracle qui est le fondement de la nôtre.

Séparés seulement par quelques heures de la tragédie du Calvaire dont l'horreur a ébranlé leur raison et déchiré leur âme, ils ont cru au témoignage de Marie- Madeleine et ce :’est point une preuve qu’ils vont chercher au sépulcre. L'espoir de rencontrer le Maître les ramène vers l'endroit où ils l'ont vu déposer, pâle et sans vie, caché par l’énorme pierre et gardé par une escouade de soldats.

La joie n’est pas la même sur le visage ravagé du vieil apôtre et sur l’angélique profil de son compagnon. Celui qui sera pourtant la pierre angulaire de l'Eglise et qui prouvera, par sa fragilité, que Dieu se sert d’humbles instruments pour accomplir de grandes choses, a pourtant, poussé par la peur et le respct humain, renié trois fois son Maître. Ses yeux, qui ont déjà tant pleuré depuis qu’il a reconnu sa faute, scrutent l’horizon, et sa

mn

main droite posée sur son cœur semble en comprimer les battements; de la gauche il indique la marche à suivre. Jean est plongé dans l’extase ; les mains jointes, il vole vers celui qui l’a aimé d’un amour de prédilection et qui, dans la dernière Cène, l'a laissé reposer sur sa poitrine.

Ils sont heureux tous deux, bien qu’à des degrés différents, parce qu’ils croient à la parole de celui qui a dit qu’il ressusciterait au troisième jour, et jusqu’à la fin de leur vie, cette conviction leur donnera la force de travailler, de prêcher et de souffrir, d’être bafoués et persécutés, d’être haïs et martyrisés.

La résurrection du Seigneur devrait être encore aujourd’hui la source de notre joie, puisqu'elle explique et glorifie le mystère de la souffrance.

Si nous croyons qu’il a fallu au Christ passer par les tourments de la Passion et du Calvaire pour arriver à la gloire, pourquoi ne croirions-nous pas que des épreuves, des chagrins, des croix que nous rencontrons en ce monde, il doit sortir Pour nous et pour ceux qui nous sont chers, le plus grand des biens, et que notre âme ne doit point être troublée du chemin obscur et difficile

qui conduit à la paix.

"Par le crucifiement de notre être dans les maladies et les souffrances corporelles, la faim, la soif, les privations de toutes sortes, par les angoisses de notre esprit qui s'inquiète de tant de pourquoi mystérieux dont la solution ne nous sera pas donnée en ce monde, par les chagrins de notre cœur qui s’attache et se détache au prix de si douloureux sacrifices, nous devons passer par

’expliquer la grande loi de saintes femmes qui accompagnèrent le Christ le long de la voie douloureuse malgré les mauvais traitements de ses bourreaux, qui le suivirent jusqu’au pied de la croix, qui l’ensevelirent au tombeau et le cherchèrent aux premières lueurs du jour de Pâques, les chrétiennes de nos jours devraient avoir la même constance, la même intrépidité, trouver dans leur foi les mêmes motifs d'espérance et les faire partager aux hommes qui nient parfois leurs aptitudes in , mais qui sont obligés de s’incliner devant leur force morale et leur grandeur d’âme.

Qu’importent les épreuves les plus crucifiantes, les séparations, les convulsions du vieux monde secoué jusque dans ses profondeurs, les horreurs d’une guerre interminable, les départs pour l'au-delà, l'isolement, la détresse :

Le Christ est ressuscité, notre sort est entre ses mains et il nous aime !

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