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SES N

118 EN ROUTE POUR LA.MER GLACIALE. D présenter à l’ adñiration- de,son peuple des hommes qui l éclipseraient aüssitét' et qui lui seraient prétérés. . Revenons du Missi- Sipiy. ' ms, Quand Le Cavelier de Ja Salle se fut séparé du récollet Hennepin, en 4680, ce dernier continua seul lentre:

prise de l'exploration du Missi-Sipiy. Mais, au lieu de”

descendre le fleuve à partir dè la rivière de Chicakouk ‘ par laquelle il ÿ arriva, Hennepin, suivi de deux autres Français, que je soupçonne fort être les frères Pépin, le remonta jusqu'aux chutes auxquelles il donna le nom de Saint-Antoine de Padoue) un des patrons de son ordre. Là, il fut capturé par lès Sioux Sonkaskitons ou Osakis, retenu prisonnier avec ses deux compagnons, puis enlin remis en liberté. .

Cetle-exploration de découverte du P. Hennepin est confirmée pleinement par le témoignage du coureur de bois Daniel Greyselon ‘du Luth, auquel l'Américain Spark, qui en a fait à tort un Yankee, a faussement atribué les découvertes du religieux parisien.

Du Luth raconte lui-même que, parti de Montréal le .

2 juillet 4679, il se trouvait au mois de juin de l’année suivante àl’extrémité occidentale du lac Supérieur, ou Fond- du-Lae, lieu où fut établie, depuis quelques années, la

__ ville de Duluth ; ; qu'il y découvrit et dénomma la rivière

Saint-Louis dont il remonta le courant fougueux jusqu’au lac des Sables; que de là il passa dans un autre Cours d’eau qu'il découvrit également et qu’il dit se jeter.

“ans le fleuve Missisipi ‘. Du Luth.ne se doutait pus |

qu’il venuit de découvrir la source mêmé de ce fleuve.

.H's'embarqua sur ce cours d’eau et apprit bientôt -

. l'ouest et duns le sud de l'Amérique septentrionale, Paris. 1886, t. VI. “Expédition de Duluth. :

1.Pierre-Margry. Découvertes et établissements des Français dans :

SUR LE HAUT WISS1- SIPIY. ° HS

des Sioux Sonkaskitons, des Wadbatons de la rivière Sainte-Croix et des Atinitons ou Tétons des prairies, que Louis Hennepin et deux aulres Français avaient été capturés et conduits sur un trajet de 300 lieues jusqu'aux chutes Saint-Antoinè, dont Du Luth se trouvait

“alors distant de-80 lieues vers le nord. Aussitôt, emporté

par son bon cœur, ce coureur de bois, avec quarante autres Français qui composaient sa troupe, se hâta de : descendre le Missi-Sipiy, rejoignit Hennepin et réprocha aux Sioux d’avoir attenté à la liberté des trois Français.

Les Sioux avaient loujours été jusque-là amis et alliés de la France et de ses colons canadiens qui fondèrent, en 1727, une compagnie commerciale tout.exprès pour.. eux. Elle se composait en majeure partie de nobles aventuriers comme.les deux compagnies qui Pavaient précédée, celle de Richelieu et celle du prince de Condé.

Du Luth eut le tort d’obliger Hennepin à le suivre à la rivière des Outougamis, pour être conduit ensuite à Michilinakinak, chez les jésuites, et de là à Montréal il

‘ était d’autant moins autorisé à user de coercition envers

ce récollet libre et inoffensif, que les Si Sioux avaient déjà fait réparation envers-ce- gnissionnaïre en lui chantant deux.calumels de paix, et en luï indiquant la route qu’il aurait à suivre pour regagner.le lae Michigan.

Aussi, Hennepin blära-t-il Du Luth‘devant les jésuites en le‘traitant de chef de parti. Ce furent ces reproches qui poussèrent Du Luth à reprendre sa victime et à la traîner jusqu’à Montréal, non sans s’être fait délivrer'auparavant des certificats et des lettres de recommandation de la paït des jésuites du lac Supérieur ’. a

Dans cette conduite, il est difäcile de ne pas/suspecter

© 4. Pierre Margry.

Du Luth et les jésuites d’avoir cédé à un mouvement de jalousie envers le malheureux Ifennepin; car nul ne pouvait.nier qu'il n’eût remonté le Missi-Sipiy depuis la

rivière des Illinois, jusqu’au saull Saint-Arloine, et qu’il n'eùl, par conséquent, fait la découverte de cette : portion du fleuve Colbert que Du Luth venait de redescendre depuis sa source. | - "Mais ni le coureur de bois ni les jésuites ayant le. monopole des voyages ou des découvertes, la contrainte que le-premier exerça sur le récollel ne peut qu'être taxée d’injustice et d'envie. “

La conduite de Du Luth fut désapprouvée par les: gouverneurs du Canada, quelque soin qu’il prit à se disculper de tout bläme à leurs yeux. *

L'histoire de la Louisiane ne nous offre plus-d’explorateurs du haut Missi-Sipiy jusqu'en septembre 4701, époque à laquelle un Français nommé Lesueur, qui avait obtenu du roi la facullé d’ériger une compagnie pour lexploitation de mines de cuivre qu’il. aurait découvertes dans la vallée du Missi-Sipiy, se rendit à'ce fleuve .par le, Wisconsin, leremonta jusqu'à la rivière Minnesota ou Saint-Pierre — sans doute ainsi dénom- - : mée par Ilennepin qui l’avail vue avant Lesueur — s'engagea ensuite sur Ce cours d'eau pendant 44 lieues jusqu'au confluent de la rivière Terre-Bleue, où il fonda le fort Lhuillier, paï ‘44°34’ de latitude nord. Mais l'année suivañté, ce poste fut abandonné par les Fraw çais, et Lesueur s’en retourna avec deux mille quintaux de ferre bleue“dans son bateau! Puis il repassa en France pour rendre compte au roi de ce bel exploit 1.

* « Spectalum àdmissi risum tenealis, anti. »

.. d. Pierre Margrÿ, Découvertes et établissements des Français, etc., LVL passim et p. 95, .

Les peuplades de la contrée visitée par Lesueur - . étaient des Sioux Octotatas et des” Yawais qu’il appelle Ayavois, avec Porthographe du temps. Les Américains en ont fait les Jowa. Leur pays a formé un des États de l'Union. On appelle aussi‘ces Indiens ÆKiorais.

Ainsi donc, cinq Français contribuèrent, chacun pour . sa part, à la découverte et à l'entière exploration du Missi-Sipiy : Marquette el Jolliet depuis la rivière Wis-

. consin jusqu’à l’Arkanzas; La Salle depuis lArkanzas jusqu’au golfe du Mexique; Louis llennepin depuis la rivière dés Illinois jusqu'aux chutes Saint-Antoine, et Du Luth depuis ces mêmes chutes jusqu’à la source du fleuve. | |

Maïs à part ces cinq vaillants hommes et les autres Français dont j'ai déjà fait mention pour leurs explorations partielles, il faut encore citer M. Boucher de la Perrière qui, en 1727 et pour le compte de la Compagnie des Sioux, s'en alla avec deux Pères jésuites construire un fort ct une mission à 70 lieues en amont de la Wisconsin; ce qui nous reporie au fort Saint- Antoine de Padoue, où il existe par le fait les ruines dène ancienne mission française pour les Sioux Osakis. Les débuts du fort Saint-Antoine ne furent pas brillants. Achevé au mois d'octobre de la même année, ‘il fut envahi par la crue des eaux, au mois d'avril suivant, affamé par le manque de provisions, et évacué la même année ‘. Il a été remplacé par le fort

: américain Snelling, construit en l'honneur du général Josiah Snelling. ! .

M. de Linctot rebati} ce poste plus bas que la rivière : Wisconsin, en 1733, et il y fut bientôt rempläcé par le i. -4. Pierre Margry. Découvertes el établissements des Français, ele., : a t, VI, passim ct p. 571. L | °

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