‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 16 sur 105 · CHAPITRE. VIL à · texte numérisé non relu

CHAPITRE. VIL à

Un slage-coarh. — Le: Sault Saint-Antoine. — À propos des Diables-Rouges. — Politique américaine ct popularité des Francais visä-vis des Peaux-Rouges. — Marseille. — Spéculatcurs en villes. — L'enfance chèz les Américains. — Saint- Cloud. — Faunc des prairies. — Boautès des prairies rou- Jantes. — Sauk Center, Chippeway et Pomme-de-Terre. — Un repas homérique. — L'égalité devant la loi. — Les prairies plates.

N Le 14 mai 1862, un stage-coach attelé de quatre forts chevaux m’emportait de Saint-Pol vers Georgestown; sur la rivière Rouge du Nord.

, A celte époque, les cinq voies de chemin de fer quidesservent Saint-Pol n'étaient encore qu'à l’état de . projet. La seule qui fût avancée était la Wisconsin- Central que retardait alors. fa guerre de la Sécession. On en était donc réduit aux stages. °.

‘On appelle de ce nom, dans les États du Nord, des diligences incommodes qui ne sont que des camions: surmontés d'une capote.en toile blanche, à fravers laquelle pasëent le vent, le froid, la pluie et la nèïfe……,. Oh ! que j'y äi souffert pendant les sept jours et demi 4 que j'y suis demeuré assis. -.

| Nous eùmes pour compagnon d’infortune un reporter

du Globe, de Toronto, nommé Wallis, atlaché à titre d’historiographe à une expédition de trois cents orpailleurs ontariens qui se dirigeaient vers les mines du Fraser, dont on commençait à parler. En remontant la

.Saskatchewan, ils devaient aussi étudier les sables auri-

fères de ce cours d'eau.

A Saint-Antoine, où nous entrâmes au bout de deux heures de course, on voyait, il y a peu d’années, les chutes qui valurent à cette localité le nom de Sault

Saint-Antoine. Des bâtardeaux ef de nombreux moulins :

les ont gâtées et modifiées.

En face du Sault Saint-Antoine est Minnéapolis ou la Ciié de l'Eau qui rit. Cette ville, aussi récente que Sioux-City, doit son nom à la cataracte de Minné-hakha, l'Eau qui rit. Encadrée par de belles. forêts formant dôme au-dessus de ses eaux limpides, cette chute, qui mesure cinquante pieds de haut, ressemble à un voile de moire d'argent qui miroite au soleil en y prenant

des teintes irisées. De perpétuels arcs-en-ciel se sus- :

pendent à ses eaux comme des sylphes aériens.

A Saint-Antoine, je vis plusieurs Indiens Palota qui s'y rendent annuellement en bandes pour y toucher leur quote-part du prix de leurs terres ; car le gouvernement a préféré leur acheter léur pays que d’exposer les colons isolés à être égorgés par ces malhiëureux dépossédés. :

Ces Sioux sont de beaux hommes aux traitéteuro:,

péens, dont les belles proportions fourniraient, des mo- |

. dèles à la statuaire. IIS ornent leur chevelure, “hérissée

© sur Pocciput, de plumes d’aïgle et de crins de cheval.

Une chlamyde, des mitasses, un pagne, deë brodequins et des mitaines de peau assouplie et blanchie avec de

la craie font tous les frais de leur costume de gala. Ils

venu, comme s'il s'agissait d’un loufi }|

se drapent dans une couverture qui n'abandonne jamais leurs épaules. II faut ce costume aux Peaux-Rouges pour qu'ils soient passables. Revètus de nos vêtements européens ils sont laids et ridicules.

Le cabinct de Washington a acheté à bas prix aux Sioux et autres Indiens des prairies les vastes plaines qui furent leur patrie première, en leur abandonnant seulement des Réserves sur lesquelles ils sont tenus de demeurer el d’où ils. ne peuvent s’éléigner sans un laissez-passer signé de leur agent. Or prélend même que tout Indien qui est trouvé-loin “de sg réserve sans ètre muni de ce pernris peut être tué: pañ Ie premier Blanc. d'u chien enragé. Celte Mesare est sévère. Nos anciens compatriotes n'avaient pas CÉÉDéS Qi de toutes:cés: sprohibitigns pour se faire estimer. cj aimer des Peaux-Rouges. Aux États-

. Unis, ‘elles soïit Augées indispensäbles. Mais je crois n

que la printipale raison en est dans l’horreur insurmontable que lé sauvage inspire à l’Anglo-Saxon. Cette horreur il la transporte mème au métis. Tel, Pat l’Irlandais ne peut s'entendre avec John Chinaman sur aucun chapitre, ni vivre en bonne harmonie avec lui.

Grâce-à ces traités conclus. entre le gouvernement américain el les Sioux, ceux-ci n’ont pas inquiété les voyageurs depuis nombréd’années. Mais le feu couvait sous la cendre par la faute des agents des Indiens que le -Bouvernement placé-sur chaque Réserve. Ces fonctionnaires ont, dit-on, deux moyens de parvenir promptefhent à la fortune ‘ou bien ils exagèrent Je nombre. . d’Indiens qui vivert: sur: leur Réserve, afin de s’approprier le ‘surplus dél'allocation bisannuelle qui leur est faite ; du bien ils détournent sans vergogne une partie dé fonds destinés à la population réelle.

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Jeune Sioux DAKOTAH, FILS DE CHEF.

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