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On nous dit que les Sioux étaient très surexcilés, et ! que la traversée des prairies de Ja. Minnesota et du Dakota offrait des dangers réels’ Cependant dès que : … nous eûmes quitlé Saint-Antoine, ct sur tout le parcours de 494 kilomètres que nous eûmes à franchir en stage, nous ne rencontrâmes pas un seul de ces ennemis jurés des Zsan-Tonka ou Grands Couteaux. Mais nous apprimes plus tard que nous avions été épiés et vus par eux, et qu'ils nous aurafent fait un mauvais parti s’ilsne | nous avaignt reconnus pôur Français et missionnaires. | | ‘ L'année qui suivit notre voyage, ces Indiens mirent, à feu et d‘säng la contrée que nous avions parcourue ‘entre Saint-Pol et la Rivière-Rouge. Pas un seul colon ne survécut de.tous ceux que nous renconträmes en route. Ce furent ces cruautés qui déterminèrent l'expédition du général Sibley contre les Sioux. Elle n’eut qu'un bien mince résultat. Les prairies roulantes sont tellement accidentées, elles offrent tant de plis de ter- . rain; de bouquets d’arbres et de savanes, qu ’il ne fut —poñitdificile aux cavaliers peaux- -rouges de sy .CRChene…et de ‘faire“beauconp de mal aux soldats de PUÜnion. Après plusieurs escarmouches inutiles, Sibley se borna . à faire quelques prisonniers qui furent conduits à Saint-Pol et pendus. .
Depuis la pacification des. Sioux à la suite de la victoire remportée;par leur chef Red-Cloud, nombre. de cés Indiens’ ont préféré s’exiler el venir demander aux Anglais une hospitalité qu’ils ne trouvaient plus dans leur patrie. Is:sunt aussi paisibles dans les territoires du Nord-Ouest qu'ils étaient turbulents dans les États. Unis. 3 Les vices dé la race rouge et les châtiments que la - Providence inflige à ses crimes en décrétänt son
extinction nc sauraient excuser les Américains de lanimosité et de la mauvaise foi qu’ils ont apportées dans leurs rapports avee les Red-Skins. Ils sont loin d’avoir mieux fait que les Espagnols du Sud. Ceux-ci ont procréé des métis. Les Yankees ont en horreur de telles alliances.
Il'est vrai que des efforts ont été tentés pour améliorer le sort de l’Indien. On l’encourage à se construire des
maisons, à cultiver la terre; on lui distribue des instru-
mentsdelabour, des animaux detrait, des bêtes à cornes. Rich ne réussit de manière à récompenser celte philanthropique initiative. Notre civilisalion raffinée ne peut s’assimiler ni bonifier ces élémentstrop primitifs, trop bruts, trop hétérogènes. Il leur aurait fallu passer par une sorte de moyen âge, par un milieu rude et grossier
«COMME eux, par une gouverne seigneuriale qui eût en
même temps intérêt à les faire travailler et à ménager leurs forces et leur vie. Les moines et les nobles furent des tuteurs et des instructeurs pour les barbares que vomit en Europe le ve siècle. S'ils eussent trouvé en Occident la civilisation du xix® siècle, jamais Teutons, Goths, Vandales.ni Huns ne fussent parvenus à former souche ni à s'implanter dans les contrées qu’ils ont habitées et peuplées depuis l'invasion. Aussi qu’arrive-t-il en Amérique? Le contact des Blancs, loin de relever les Indiens de leur abjection séculaire, ne leur apporte “qu'un surcroît de maux, au moral comme au physique. Si l'on ne jugeait des choses que par les apparences, on pourrait soutenir que la condition des Peaux-Rouges s’est beaucoup'amélioïée depuis la colonisalion de leurs déserts. 11s ont, dit-on, des vêtements plus chauds et plus sains, du linge, des ustensiles, des haches, des
batte-feu, des armes et jusqu’à des carabines à répéti-: