‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 4 sur 105 · Pâtissiers-confiseurs, = F · texte numérisé non relu

Pâtissiers-confiseurs, = F

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d'aliments, ce sont des musées, c’est un jardin des plantes, un jardin zoologique, des cercles littéraires. des sociétés scientifiques, des théâtres, des bibliothèques publiques, etc.

Je trouvai Montréal en retard de 4 heures 45 minutes sur Paris; e’est-à-dire que lorsqu'il est midi à Paris, il n’est que 7 heures 15 minutes du matin dans la capitale commerciale du Canada français.

Montréal date du 46 janvier 1642. Nommée Ville- Marie par son fogäteur, le gentilhomme champenais Paul de Maisonneüve, ellé occupe l’emplacement d’un ancien village fortifié des. Onendats- ou u-Hurons, ‘Horhe=. laga.

“- Bien que sa Jatitade soit Ja mème que celle de Tarin, déTulle et de-Venise, la température de Montréal ne saurait être comparée à celle de ces cités européennes placées sous le 45° parallèle. De fait, elle est beaucoup plus basse en Amérique qu’en Europe, sans que l’on

s’en ddüte généralement. L'Amérique est un pays froid.

- “A Ja date‘ où je résidai à Montréal: poûr la première fois, le iles que jé viens de nommer élaient depuis

2 Joirgtetiqis resplendissantes des dons de Klure, alors |

que célte-dernière el ses environs étaient encore enfouis sous les frimas de lhiver. En 1862, on y mesura des bancs de neige de douze pieds d'épaisseur. En 1882, j'y vis les haies êt les clôtures qui séparent les propriétés disparaitre littéralement sous l'épaisse couche de neige qui couvrait la terre. | J'assistai un. jour à une de ces réunions demi-littéraires,.. demi-muüsicales, que l'on nomme ici lectures. Les” Canadiens en ont peut-être emprunté ia mode aux Su soirées des begux esprits du siècle dernier, à cette diffé- | reñte’ près qué le philosophisme et la galanterie d'alors

Mer GLACIALE. | NU 3 , eu “ii L

en sont toujours bannis. J'aime à croire cependant qu'elles ont conservé l'esprit gaulois et l'exquise poliiesse de celte époque. .

| Deux ou trois dilettanti y firent de la musique sur une estrade. Il y avait à un piano, un violon et une flûte : c'était plus que modeste; c’était maigre. Ils furent pourtant applaudis avec enthousiasme, à grands coups -‘#fde cannes et de talons sur le plancher’, e* . Lorsque ces virtuoses, une demoiselle et deux mes- ." sieurs, eurent achevé leurs morceaux un a peu surannés

… sur la formation, des: nébüfééses le second’ sur l'avenir politique et’ “colonial d’Assiniboya, l’ancien établissement de la Rivière Rouge.

Les coups de. ‘éanne redoublèrent, les talons trépignèrent, loués ‘fes bouches se réunirent dans un bâillement immense, chacun paya. trente sols, et nous sortimes en nous félicant mutuellement de l'extrême plaisir que nous avions goûté dans cetle saciélé de gens comme il faut.

O heureux Canadiens, qui ne connaissez ni le bal Bullier, nï' les Folies-Bergère, ni les Concerts Parisiens, pour he parier que des plus" modestes cré éations du genre!

— Vrai! me cria un gentleman, en m'abordant à la sortie, vraif avouez, monsieur, qu'il n'y a qu’au Canada que lon s'amusé aussi dignement. Si vous êtes homme ‘de tact et de goùt, comme je n'en doute pas, si vous possédez quelques connaissances scientifiques ou musicales, si vous avez fréquenté le monde,

* vous ne pourrez nier que nulle part ailleurs on ne se

divertit avec plus de noblesse et à meilleur marché.

D. Lee LA NOUVELLE FRANCE. 9

Trente sols, une pareille séance! Mais c'est pour rien, nul Trouvez-moi, par exemple, — si. vous le pouvez, — à 7 Paris, à Londres, # New-York; n'importe où, une société mieux choisie, plus..polie et plus morale. Où entendrez-vous d'aussi ‘bonne musique exécutée par d’aussi brillants-at HStes? Nous possédions l’A{bani, monsieur,

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Anglaise. + #= Jialienne?. Anglaise? Non pas, monsieur, non us pas: #f Alban. ësl' un nom de guerre: EUe Et CHaATe, notre étoile; tout ce qu’il: y à de plus cañayien. Une pure création française, monsieur. Son véritable nom est Lajeunesse. Éternelle jeunesse de l'art! Et diré qu’à Paris ils n'ont pas su l'apprécier! Mais ils la croyaient Anglaise où Italienne, comme vous; cela explique tout. Oh! ce public parisien! !.… ILn’y avait pas à hésiter, plus à discuter. 11 me falait approuver, louer, exalter, à moins de vouloir encourir la juste indig gnation de mon interlocuteur et les sarcasmes de mes voisins. Sur le chapitre des insti- -+tutions et des personnalités canadiennes, le pairiotisme ‘ de nos compatri tes d’outremer est sourd, aveugle,. — mais non pas muét, j’en réponds. Personne n'a plus de préjugés nalionauk, nul n’est -plus intolérant sur le chapitre de la supétiorité qu'un Canadien français. En Canada, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est là une| rengaine, mais qui est ici parfai- ee tement à sa place. « Gardez-vous donc d'établir des comparaisons devant ‘des Canadiens entre le Canada et la mère- patrie. ” Méfiez-vous surtout #s\finassiers -qui cherchent à per- :

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cer votre sentiment en affectant, péndant quelques instants, (}? abonder dans votre sens. Approuvez, approu- VEZ, VOUS dis-je. Je faillis, un jour, me faire jeter à bas d’une voiture de place, parce que je trouvais que payer une piaslre- {ÿ- francs) pour une course, c'était {rois fois plus cher qu’à Paris. ù

Les Canadiens ont une foule de qualités que nous ne connaissons plus et que nôus n'apprécions pas davanage, parce que nous avons progressé en sens inverse de ce que devait être le véritable progrès, si nous étions demeuré chrétiens. l’ar contre, ils ont, comme

tout le monde, quelques petits défauts qu'ils avouent * | volontiers; à l’occasion, en vous faisant remarquer tou’ tefois, monsieur, qu'ils les tiennent de leurs aimables et toujours bien-aimés ancètres, les Français de France. De sorte. que, en dernière analyse et avec -beaucoup*’ * d'esprit, ils nous donnent tous leurs défauts sans nous : reconnaitre une seule de leurs bonnes qualités.

Les blâmerai-je de ce travers? Je ne lose pas:

Avouons que les Canadiens ont bien le droit de se venger quelque peu du‘long oubli de la mère-patfie, a que leur vengeance est bien inoffensive,

Toutefois, attendu que la première chose que l'on remarque chez ses voisins c’est leurs défauts; attendu que l'on ne fait attenlion à leurs vertus que lorsqu’on les à pratiqués assez longtemps-pour en concevoir de lestime, j'avoue qu’il en coùle un peu à Pamour-propre ‘d’un touriste français de se voir trdité en homme inférieur ei endoctriné par des compäfriotes que le malbeur de la guerre, Foccupation éträngère et la cessa: tion de presque tous les rapports ‘avec la mère- -patrie ont laissés évidemment en arrière de nous, sous plus: d’un rapport. Chez eux, nos défauts se sont outrés de

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. cetie fleur de jeunesse et demeurer

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LA NOUVELLE FRANCE, H ceux de lenfant ct de l’Indien. À peine en secouent-ils

“les langes. Leur littérature elle-même s'en ressent - encore, quelque immense progrès qu’elle ait fait depuis

vingt ans. Le Français ignore la jartance et la for-

fanterie, du moment qu’il n’est plus sur les bancs du:

collège, 11 n’y a dé hâbleurs que le paysan lettré et Pouvrier qui fait de la polilique. En général, Jacques Bonhomme pevousassomme pas du panégyrique de ses perfections. ainsi que le fait à {ous propos le Canadien Baptiste.

. Mais, je le répète, c'est là le défaut des âmes qui sont

restées jeunes, qui se sentent estimables et qui n’ont”

point été déflorées. À côté de cette vanlardise puérile, on.aime à respirer ce parfum d’antique politesse fran-

. çaise que.notre pays. ne connait plus, gelle aménité des

rapports sociaux, cet enjouement innocent et de bonne

compagnie, ce respect de: l'autorité établie, cette foi

vive, cette absence complète de respect humain et de fausse honte, cette jeunesse, enfin, des Français d’autréfois que n'avaient pas vieillis et abâtardis des doctrines perverses et désolantes.

Puissent les Canadiens conserver long emps encore ureut sous Île

plus paternel, le plus justeet le pl vernemenfs | ;

libéral des gou- à

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