‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 41 sur 105 · Vécouverles, ele. &, VI, p, 587 el suivante · texte numérisé non relu

Vécouverles, ele. &, VI, p, 587 el suivante

‘Au mois de mars 1728, sur les instances des Cristie neaux ££ dre Assiniboines du lac Winipeg (qu'il appelle : tantôt Népigon et tantôt Winipégon;, il envoie son fils

- aîné, le chevalier de La Vérandrye, construire le fort Maurepas, à l'embouchure de Ja rivière de méme nor ou Winipeg. C'est aujourd bui le fort anglais Alexander,

Parti pour le Canada. en 1735, Gauthier de Varennes s'en revint la mème année avec le P. Arneau. jé suite. el passa l'hiver au fort Saint-Charles, dans le. plus grand dénuement, .

Pendant Fhiver suivant. son neveu Dufrost de Jemmeraÿe meurt dé faim au fort, Maurepas. Affamé Jui-mérne. il envoie un de ses fils avec le PF. Arneau Ÿ et vingt Français chercher du secours au. poste de Ta Kaministikwéÿa, sur le Jac Supérieur. À peine avaient-ils fait sept lieues de chemin, qu'ils se virent altaqués sur une Île du las des Bois par une L bande de Sioux, ét furent massacrés jusqu'au dernier ‘.

«+ Un parti de voyageurs français, qui arriva sur ces entrefaites au secours du fort Saint-Charles, trouva les corps de nos eompatriétes quelques jours après: Les têtes en étaient empilées sur les fourrures de castor qu'ils portaient tous en guise de couvertures. Le jeune La Vérandrye était étendu sur le ventre, le dos haché. dé coups de couteau, décapité, une béche enfoncée dans les reins et Je tronc hérissé de pbquants de poreépic.

+ Le père Arneau, non décapité, avait une effroyable blessure dans l'abdomen, dont les entrailles avaient été. arrachées et répandues, sur le‘ sol, La main gauche était coupée 2.»

4. Découvertes, ete, £. VI, et le Manitoba de 1885. 2. Docuraent de fe factorerie d’York, ansien fort Bourbon,

* “CHER D'ŒITx RÉTROSPECTIF SUR UX PASSÉ GLORIEUX. 193

Cette relation manuscrite donne bien le nom d'Arneau à ce missionnaire. et non pas celui d'Auneau. Cette divergeance est facile à expliquer, La consonne R, telle qn'on l'éerivait en bätarde des xv1r et xvur siècles, 4 pne forme qu'il est frés facile de prendre pour un V, letire .qui était tantôt consonne et tantôt voyelle

. rdiphtongue corame UE. Quelques Canadiens. peu faïts

‘aux écritures onciales, auront commis cette confusion, et de Arneau auront fait Aupeau:

“Les archives de la factorerie d'York possédent « un journal relié en véjin dont le contenu est ilisible. avec le mot Arneau gravé sur la reliure; plus un bréviaire fraprimé à Rouen en 1704 avec Je méme nom Arneau écrit sur le premier feuillet, et au-dessous les mots qui suivent : ,

«+ Les navires peuvent hyverner 4... mâme. Rouen, 1705 ef Paris 1698... Peine. tristesse, douleur, — Comp. de Jésus 1706%-— Sur la côte se seplientrignale du lac

Supérieur 1129. — Tous Jes sauvages m’aiment et ont beaucoup de confiance en, moi... — L'hyver 1728 trés Dre et des plus rigoureux... — P. F/ Arneau. Rouen :

Accablé de chagrin et de peine. Varennes de La Vé-

randrye partit le 6 juin 4737 pour le Canada, et ne .

“pevint an lac des Bois que le 2 septembre 1738. TT Aussitôt aissant deux de ses fils, il repartit avec six <anots équipés pour explorer Ja rivière des Assinÿboines, suivant le désir de M. de Maurepas. Nous connaissons fe résultat de ce voyage, dont j'ai déjà parlé à propos de Ja rivière Assiniboine ou Saïnt-Charles. La suite de mon voyage nous fera connaitre, én temps

5 4 m2 de Ja factorerie d'York.,

ho

et lieu. et par ordre. les autres découvertes «les fils de

La Vérandrye.

. Le traité de Paris. conclu en 1763, ayant. fait passer au pouvoir de l'Angleterre notre belle colonie de la Nouvelle-Franras et à YE spagne Ja Louisiane, Îles explorations des F1 ançais durent cesser en Amérique. Les pay» d'En-Haut, devenus Nouvelle-Bretagne, offri-

rent un champ nouveau aux‘entreprises des Anglais.

Je les raconterai au fur et à mesure que mon sujel le demandera. | oo

En 1788, il se forma à Montréal une nouvelle société des commanditaires de l'ancienne Compagnie française combinés avec l'élément écossais et puritain, allié de la France. Elle prit le nom°de Compagnie du Nord- Ouest. et députa dans les pays d'En-[laut des explora-

teurs qui marchèrent sur les brisées les Français.

De,son côté, la Compagnie de la Baie d'Hudson ne demeura pas inactive. Elle envoya Samuel Hearne faire des. découvertes dans le nord du continent. Mais ses eflorts furent moins heureux el moins nombreux que ceux de la Compagnie du Nord-(luest, .

.Ces découvertes effectuées, trente années s’écou- [lèrent sans quéles deux compagnies rivales pensassent à autre chosé qu’à réaliser les plus gros et les plus

/prompts bénéfices, au détriment de chacune d’elles, : par le commerce des pelleteries. Elles employaient ‘leurs loisirs à des querelles sanglantes et à des empié- ‘tements mutuels auxquels fes Indiens prenaient sou-

vent part; elles bâtissaient fort Contre fort et comptoir contre comptoir.

Le monde civilisé ignora cet état de choses scandaleux jusqu’à la première èxpédition par terre du capitaine de vaisseau sir John Franklin, en 1820, pour

, ‘ ‘ s . e COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF SUR UN PASSÉ GLORIEUX. 19%

la découverte du fameux passage du nord-ouest. Il envoya au gouvernement anglais un rapport si altristant de ce qui se passait dans les contrées de la Nouvelle-Bretagne, qui par leur éloignement étaient soustraites à tout contrôle, que lla-Couronne obligea les

deux compagnies rivales à mettre en commun leurs.

intérêts. L'union s’en fit le 26 mai 1821..Le personnel de la Compagnie du Nord-Ouest fut conservé comme “étant le plus apte à la vie et aux aventures de ce pays; parce qu’il comprenait les trois éléments écossais, franco-canadien et métis-français. Mais on maintlint la la raison commerciale anglaise d’Honorable Compag gnie de ja Baie d'Hudson. :

Cette compagnie mixte obtint, pour un bail de vingtun ans, du gouvernement anglais, la Concession de toute la Nouvelle- Bretagne Fe exclusion du Canada civilisé, avec les privilèges que comportaient les chartes de 1627 et de 1667,

Ce bail fut renouglé en 1838, avant son expiration,

ce qui-maintint-les<lroits-et- privilèges-de a Conrpügnie 7

d'Hudson jusqu’en 1863. Mais à cette époque il ne fut

- pas repris, et le paysiredevint libre, En mème temps la

Compagnie changea” de maitres et passa entre Îles mains de la Société Internationale financière, avec un profit ñet, pour les actionnaires de la baie d’Iudson, “de 900 ‘/ Cest-àdire ques l'ancienne société, qui

jouissait d’un capital de 12,500,000 francs, retira du .

. Nord-Ouest près de 28,000,000.

En 1865, la Société Internationale financière remit le Nord-Ouest sur le marché, en en élevant la valeur à

un capital nominal de 48,000,000 de francs, et elle en.

opéra la réalisation avec un profit nêt de 12,500, 000" -francs, en deux ans.

mt

sl Q € | ‘

| fn .

La troisième société qui fit cet achat se trouva donc dans un état: précaire; puisque, après'avoir déboursé

È F9 .000.000 sterling, il lui devenait nécessaire de réaliser

des profits nets quaire fois plus considérables que ceux obtenus par les deux compagnies qui l'avaient précédée, afin de rentrer dans ses débours et de fournir à ses actionnaires des dividendes satisfaisants.

Que fit alors cette troisième Compagnie.de la Baie d’Hudson?Elle revendit, en 4867, à la Couronne d’Angleterrd des droits de propriété du sol, de juridiction et de monopole commercial qui étaient éteints depuis quatre ans, et reçut néanmoins du ‘gouvernement la bagatelie de 37,500,000 francs à titre d’indemnités. En outre, elle en obtint la jouissance de 45 hectares, 50 ares de terre arable autour de chacun de ses postes

nu Te commerciaux qui se trouvaient dans la zone fertile des

“territoires du Nord-Ouest.

Par cette vente, tous les territoires du Nord-Ouest redevinrent libres de fait. De droit, ils l’étaient depuis,1863. Ils furent aussitôt ouverts au commerce et devinrent partie intégrante du Domaine Canadien, qui reçut un vice-roi ou gouverneur général, et s’administra lui-même, quoïque pour le compte de la Couronne.

Il se. fonda alors plusieurs autres compagnies de

négociants cn: fourrures, qui élevèrent des forts où.

bon lèur sembla, sans que la Compagnie d’Iudson eût le droit de s’en méler, mais aussi sans qu’elle perdit Celui de fonctionner, ni qu’elle fût obligée d’évacuer le pays. |

Ce fut de la part de cette puissante société financière une combinaison plus qn'habile.

Le gouvernement anglais est prudent. Il est pro-

bable qu’en faisant une aussi large concession aux :

prétentions exagérées de ces négociants, il voulut prévenir à jamais pour l'avenir toute espèce de récriminations et détruire jusqu’à l'ombre dés: droits. que possédaient les anciens possesseurs de chartes royales.

Le droit qui est établi sur l'autorité royale a tant de.

prestige aux yeux des Anglais. . #°

C'était de la sagesse el de la munificence; mais il y -eut en apparence des lésés, et, comme c’est toujours le cas, ceux qui souffrirent de cette combinaison furent les petits et les humbles. Je veux parler des Métis français et-écossais de la colonie d’ Assiuiboya ou de la Rivière Rouge:

Cette petite république avait été fondée en 1811 par un laird écossais, membre du comité de la Baie d'Hudson, nommé.Thomas Dundas, earl of Selkirk: 11 “avait acheté de sa compagnie une concession de 186,644 kilomètres carrés (200, 000 milles) en superficie. Les limites de cette colonie, qui prit le nom d'Assini-

boya ou de Red-River Scttlement, étaient la frontière’, américaine, au sud, le 59° 30’ 2”, de latitude, au nord. |

Le Canada français, l'Écosse, la France et la Suisse fournirent les éléments de cette intéressante commu-

nauté, qui serra ses rangs dans un intérêt commun,

+ en déposant tout fanatisme religieux, toutes rancunes de race; et qui, par ses alliances avec la population peau-rouge, qu'elle trouva attachée au sol, se donna

. une alliée puissante et procréa la nation des Métis. ‘

Il y eut à l’origine d’Assiniboya, en 1814, cent seize familles écossaises presbytériennes, quatre-vingt-dquze familles canadiennes françaises catholiques, plus cent

quatre soldats français des régiments de Meudon et de’

Vatteville, qui venaient d’être.licenciés après la guerre de Indépendance, ‘et que lord Selkirk enrôla à Mont-

réal, en 1815. On aime à voir ce libéralisme désintéressé du noble laird, ' te

En 1821, deux cents Suisses français ct vaudois arri.. vèrent à Assiniboya, de Genève, Vaud et Neufchätel, Us s’établirent sur la Seine, avec les Meudons et des Métis français “catholiques venus de Pembina, dans les États#@nis.

Les Écossais élablirent les paroisses de Kildonan. Saint-John, Saint-Pol et Saint-Andrew. Les Français fondèrent celles de Saint-Boniface, Saint-François Xavier, Saint-Charles, Saint-Norberl et Sainte-Agathe.

Quatre ans après l’arrivée des Suisses, un soldat de Meudon alla s'établir sur les bords du Missi- -Sipiy, au lieu où s’éleva depuis Ja ville de. Saint-Pol, câpitale “de la Minnésota, et y jeta les fondements de ceite ville. 7.

Cette même année, 1825, les Meudons et les Suisses, en proie à [a famine, abandonpnèrent la Rivière-Rouge, au nombre de deux-cent quarante- trois hommes, pour aller se fixer les premièrs dans le voisinage de Saint-

- Pol, sur la rive droite-de la rivière Saint- Pierre ou

Minnésota, à son confluent avec le Missi-Sipiy et tout - en face du fort Saint-Antoine, devenu fort Snelling.

Is y fondèrent le village de Mendotta, que j’eus la satisfaction d’évangéliser en avrit 4876. Ses excellents habitants, descendants de nos compatriotes, me virent avec tant de plaisir et firent Lant d’instances pour me retenir parmi eux, qu'ils m'arrachèrent des larmes d’attendrissement. . .

Les Suisses descendirent jusqu’à Saint- Louis du! Missouri.

Au point de vue commercial, la colgnie d’Assiniboya constituait un des districts pelletiers de Ja Compagnie

Ve \ —

de la Baie d’Hudson : celui de Red-River. Son gouverneur était celui de cétte même société, cl résidait au fort Garry; parce que, après la mort de lord Selkirk, qui arriva à Pau, en France, ses héritiers avaient revendii la seigneurie d’Assiniboya à la Compagnie d'Hudson.

Les pauvres colons" d’Assiniboya n'étaient done plus que des tenanciers et des fermiers de la Compagnie, eux qui étaient accourus à la Rivière-Rouge dans l'espoir de devenir propriétaires libres sous un profec-

teur noble et magnifique.

Les Métis reprochaient à la Compagnie d'Hudson, en 1867, de les avoir sacrifiés impiloyahlement à ses in-, térèls mereantiles en leur refusant jusque-là toute espèce de droit au commerce, au point que des Métis avaient été emprisonnés au fort Garry pour s’y être livrés!

Outre son gouverneur, la colonie de la Rivière-Rouge possédait encore un conseil colonial choisi pärmi les colons les plus influents, un évêque catholique et un

évèque anglican, un clergé pour chacune de ces déno- -

minations , un juge en chef aidé de plusieurs juges de paix (Justices), un tribunal dont les sessions étaient trimestrielles et dont les membres êt taient rétribués par la Compagnie d'Hudson, -

‘- Les revenus publics y avaient leur source dans les'

draiis d'entrée, qui élaient de 4 °/, sur les prix d'achat. Tout s’y vendait à des prix exorbitants, dont quelquesuns n'étaient pas moindres de 50 à. 200 °/, sur le prix, de revient en Angleterre.

D'un autre côté, il ne sortait rien“de la colonie, bien que l'exportation fasse la richesse d’un pays. Tout y entrait. Pär là on peut juger de la difficulté que les Métis avaient à vivre et de leur extrème pauvreté. Geci explique pourquoi nos compatriotes préféraient la vie

200 EN ROUTE POUR LA MER GLACIALE, } nomade, et allaient chercher une subsistance abondante: et. facile au milieu des grands troupeaux de bisons que nourrissaient les vastes prairies de l’ouest.

Les seules ressources des habitants d'Assiniboya étaient Ja chasse, Ja pêche, le commerce des pelleteries, les voyages par entreprise, pour le compte de ‘la Com-

. pagnie de fa Baie d'Hudson ou des missionnaires, et quelques petites industries privées.

Il est facile de comprendre maintenant comment, après la cession du territoire du Nord-Oiiest à la couronne, ou plutôt au Domaine (‘anadien, les colons d'Assiniboya s’attendaient, eux aussi, dans leur simplicité de demi-nomades, à recevoir une indemnité proportionnée aux sacrifices qu'ils s'imposaient,.ou tout au moins à ètre consultés avant que les terres sur lesquelles

& ils avaient vu le jour fussent vendues an Canada, avec

leurs tenanciers, sans qu’il leur en revint une obole.

Jusque là ils ne s'étaient pas rendu un compte « exact de leur position vis-à-vis de la Compagnie d’Hudson, dont ils n'étaient plus que les fermiers. Cette expropriation forcée souleva leur indignation et exalta.les. griefs déjà assez grands qu’ils nourrissaient contre la Compagnie, Elle détermina la colonie d’Assiniboya à s’ériger en république libre et à se donner un président, dans ja personne du Métis français Louis Riel, homme instruit qui avait fait.son droit et qui devint plus tard un des membres inflnents du parlement ca- “nadien. ! s

Si nos braves Métis avaient pu seulement prévoir qu’ils avaient tout à gagner à devenir sujeis canadiens; s'il leur avait été donné de savoir que cette puissante compagnie qu'ils haïssaient devait descendre au rang d’une simple association de marchands; que le gouver-

CRE Te

ee , LL Lo . . e nement du Dominion qu'ils repoussaient devait faire de leur petite colonie une riche province; que toutes leurs terres leur seraient rendues gratuitement, et qu’on

| élèverait la propriété familiale gratuite à à 6% hectares carrés, avec faculté d’en acquérir ‘encore autant à

raison de 12 francs 50 seulement les 40 ares, ah! &grtes ils aüraient açeueilli avec. joie et ‘allégresse les agents . du couvernelhent canadien, lorsqu'ils vinrent prendre possession du fort Garry.

Malheureusement, leur premier pasteur, Mgr Taché, * qui aurait pu les éclairer et les conseiller, était en Europe. Deux ou trois prêtres influents, mais enthousiastes et mal renseignés, firent eux-mêmes et laissèrent commettre aux Métis de telles fautes politiques, qu'ils faillirent brouiller les affaires et déterminer une guerre civile dans ces déserts jusqu'alors si paisibles. Il fallut que l’évêque fût renvoyé promptement par le Souverain PBontife dans son diocèse bouleversé, pour que le calme s’y rétablit et que la position des Métis . s’élucidât tout à fait. " i La colonie franco-écossaise d'Assiniboya n'existe plus, bien que ce nom, cher à nos souvenirs, ait été conservé ét donné à une nouvelle et jeune province canadienne de ces parages. Le temps a marché; mais on n’a aucun reproche à adresser au gouvernement canadien, qui est le modèle des bons gouvernements. Là où s'étendait, en 1862, une plaine immense, sans autres horizons que les hauteurs lointaines de Silver- Heights, s’alignent maintenant les rues et les avenues d’une grande et belle cité de 50.à 60,000 âmes, qui a englouti l'élément métis au point de ne l'y rendre pas

plus discernible que dans le reste du Canada. Ce génie, que l’on nomme le progrès du siècle, a opéré là, comme .

. a 202 EN ROUTE POUR LA MER GLACIALE,

illeurs en Amérique, des prodiges auxquels nous ne

sommes point accoutumés de ce côté-ci de l’Allantique. CT ne m ’appartiént point de les regretter, puisque cette œuvre es voulie par la divine Providence. Mais je ne veux pas promener plus longtemps ma peñsée et ma plume sur un sujet'qui, pour moi. vieux sauvage, est dépourvu d'intérêt, parce qu’il me replonge dans cette ancienne civilisation que j'avais cru quitter pour toujours, à mon départ de France, et de laquelle j'ai voulu retirer le lecteur,-pendant quelques heures, afin de lui faire savourer les joies et les parfums du désert. Retournons-y.

Page 1