LE LAC WINIPEG ET LE FLEUVE BOURBON
7 autre Métis nommé Baptiste Boucher, mangeux d'lard à comme nous et que le besoin forçait à voyager. Notre : brigade comptait sept barques, toutes montées par des
Métis français avec un très pelit alliage de Savanais a
‘de Tchippeways chrétiens, ‘ ou ——GBn formidable : « Aok ! Aoh} Pousse an large! » sorti
des poumons de Lespérance, me fit comprendre que le
vieux guide, quelque blanc qu'il fût, n'en était pas moins un diable-à-quatre encore vert et plein d’é énergie. Un chi sauvage : € Wi/ Wi! » poussé par les équipages réunis, répondit à ce commandement, et les sept barges prirent leur éjan sur la Miskwa- Kamaw Sipiy. A vingt-cinq ans d'intervalle il me semble encore | voir la piteuse mine que-Grouard et moi faisions sur
notre chäloupe bondéé de houcäuts de sucre, de barils
de poudre, de ballots de draps et de caisses de tabac
nôir; sans autre abri qu'ün chapeau de feutre mou; sans autre siège que le premier colis veriu.
Au fort de Pierre, je complélai nos provisions de
à route. Notre garde-manger complet se compgsait de
:- 495 kilos de farine, deux sacs de bisguit de mer, un
pémican de 95 kilos, 4 jamhons fumés:et cuits, 6 gros
pains de campagne, un grand sac de langues de bison et
de viande boucanée, une petite caisse d'œufs, un petit
sac d'oignons, 3 livres de thé Kongou, .un petit baril de . . sirop d'érable; puis du sucre, du café moulu, du sel, du
poivre ef du beurre. :
: Deux couvertures roulées dans une bâche huilée, une hachette et.un coffre à vêtements corplétaient notre bagage.
‘Je ne m'étais pas attendu à voyager dans un si grand appareil. J'avais même protesté de tout mon pouvoir, . Cela rappelait si peu saint Paul et son bâton! Pour
toute réponse, le bon évêque qui nous avail fait fa con- . duite, Mgr T'aché, m'avait souri d’un air paterne quoique nor sans uné pointe d’aimable ironie et m'avait dit :
— Prenez toujours, mon cher. Vous êtes encore trop mangeux d'lard pour vous entirer d'une manière aussi apostolique. Vous allez être si abandonnés ! saint Paul ne voyägeait pas chez des sauvages. Les jours durs et Ja misère viendront pour vous plus tôt que vous n£
pens
Et avec ce cotiseil prudent.il nous Aa donné sa bénédiction en versant des larmes, . °
Par ianière dé boniment et pour faire diversion, Je. vieux lespérance avail ajouté: ,
— Ah! ben, je vous dis que vous êles agréyés comme|des gouvärneurs. C'est pas de valeur de voyager avés de bonnes vives de même. Mais espérez un . petit brin que vous séyiez à la grande rivière d'en bäs *;
: vous en mangerez y dutondre et du bardeau ?1 Tapez,
tapez su? f’ jambon pendant que vous y êtes. C'est peut ..
ét” ben le dârnier que vous mangerez d'vot’ vie.
Entre le fort de Pierre et Je Jac Winipeg se trouveun établissement de Savanais protestants, Indiens qui, de! nos jours, portent ie nom cris de Machkégons. Nousnous ÿ arrèlâmes quelques instants pour prendre à bord . dé lune des barques un Métis écossais-tehippeway qui venait de contracter; pour quatre ans un engagement lle iissionnaire.dans le district de Mackenzie. Le révérend M M, était un homme de trente-cinq ans, aux yeu jaunes et au teint de café au Jait, tout de gris habillé et