Le fleuve Mackenzie
2. Pour finder (asigl.;, «rsadou de bouleau ; barileau, planchettes nn muincés qui remplacent les luïles dans le Nord. Deux allusions à lPextréme maigrour de la vensison du Nord-Ouest canadien, \ | à ms 18 ne “ . Late us TT #1 PAL "Les | Fu AA A l° RS ‘
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LE LAC WINIPEG ET Le ruebve BOCRBON. 20°
encore vierge. Du moins il n’était suivi d'aucune femme.
Nous embarquämes aussi en ce lieu une jeune Sava-
naise, mère dun petit enfant et qui allait rejoindre son mari, William Charles Burke, au fort Youkon,
dans l'Alaska, Celle courageuse Indienne avait à tra-.
vérser par eau ‘quinze cents ligues de désert pour re-
trouver ses amours, Quel courage! Sans que je m'en
doutasse ‘alors, J'étais destiné, après lavoir accompagnée jusqu'au Mackenzie, à ja revoir et à l'apprécier phis fard encore mieux au fort Bonne-E spérance.
Enfin nous avions aussi dans notre brigade üne famille de Tchippeways catholiques dont le chef, Francois Wabisten, surnommé Canard, devait aussi devenir une de mes ouailles, au grand lac des Esclaves.
Mais les rivages diminuent de hauteur, les eaux
: montent et’font onduler les hautes herbes qu'elles
nojent. Bien loin derrière nous les mikiwaps des Savaais se sont enfuis pour faire place à un marécage qui
ns dérohe tes bouches de la Rivière Rouge. Cette
verle savane qui vagit comme Ja mer quand elle est calrhe, cette forêt de massettes ‘aux quenouilles velou-
tées sur lesquelles perche un essaim d'étourneaux
aux-cris -diseordants; ce ciel clair et sans nuages, ces eaux empourprées par le soleil quidéeline et miroïtant entre les herbes, cetterespiration de géant assoupi. que nous percevons à distance et qui nous révèle le voisinage d’un grand lac : voilà un de ces tableaux fonciè-
rement sauvages, tels que j'en avais s révés. tels qu'on
ne les oublie jamais. - - Encore un détour à travers la prairie ‘des hauts sou-
: chéls, puis tout d’un coup :
— Wi nipiy Ja sale eau! s’écrient sauvagés el Métis tout d'une voix. Nous avions atfeint ce lar immense
Lattre nt, 1 ‘
découvert par'nos compatriotes et qui porta tour à tour
les noms de lac des Assinipoils, Winipigon, Népigon,.
Maurepas, et qui s'appelle aujourd’ Pui le Jac Winipeg. Aussilôt, les sept barges sont poussées d’un bras vigoureux sur une grève de sable où elles enfoncent leur
proue aiguë et s’échouent. Il éfait dix heures du soir.
Nous avions fini la journée. Les équipages s’élancent sur le rivage et se dispersent dans les bois pôur couper ou ramasser du bois de chauffage. Nous imitons la foule,
Autour de nous, quel spectacle nouveau et curieux | Le lac dort dans son lit de rochers et de forêts. Sur les trembles et les bouleaux qui bordent le rivage, le soleil qui s’éleint dépose des lambeaux de pourpre et d'or; tandis. que les grèves de la rive opposée tremblotent dans un fallacieux mirage.
Au silence de la solitude a succédé le vacarme d’une horde de sauvages accourue pour nous faire fête. Ge sont des Tchippeways, habitants des bords du lac.
Nos miariniers sont presque aussi bruyants qu'eux. Chacun s'occupe de trocs et de marchés. On échange de vicilles hardes pour de l’huile d'esturgeon où de la graisse de cygne fondue. Puis les barges s’allègent du bagage de chaque homme, les tentes et les moustiquaires se dressent, les feux pétillent en lançant vers le ciel des tourbillons d’étincelles. Dans la forêt, le bruit sec de la hache et les craquements du sapin mort qui tombe font retentir les échos. Trop longtemps inactifs, les enfants qui accompagnent Certaines familles d’engagés sous des cieux plus rapprochés de VOuræ, re-
prennent leurs sauvages ébats. Ils courent après les
vagues ou poursuivent les sansonnets et les grives rouges, de leurs flèches mousses. Le Métis au galbe
semi-européen et à la barbe rare, le Saulteux aux longu es.
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