‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 46 sur 105 · LE LAC WINIPEG ER LE FLEUVE BOURBON · texte numérisé non relu

LE LAC WINIPEG ER LE FLEUVE BOURBON

fabriqué un tentelet avec des rames et des prélarts. Si nous y fmés à Paprède Feau du ciel, par cdntre, Ti nous y fümes visités par des myriades de cousins ou muringouins qui ne nous permirent plus de fermer l'œil. Ces petits vampires altérés de sang s’acharnaicnt après nous avec obStination. [ls nous attaquaient sur tous les points à la fois, pénétrant sous nos vêtements, ‘ -.* se glissant dans notre barbe, dans nos cheveux quenous . “portions longs ct flottants, à la métis, nous harcelant, : ‘. nous affolant, süns nous laisser ni trêve ni répit. C’était . le pes combat: ‘quê. age leur donnion$ de no{re

vissions le moindre grain de Hein .

Sans les maringouins, le Nord- Ouest serait un paradis: ce mais ces insectes, qui en sont la plaie universelle et DE lérable, en rendent le séjour odieux depuis le mois e juin jusqu’au mois de septembre. Il n’est plage si dé- ” | serte, montagnes si arides, forèts si épaisses, où les : maringouins ne pullulent et ne vous rendent la vie misé-" -‘rable. Les grands lacs.et-les grands fleuves sont les seuls lieux où l’on ‘soit à l'abri de leurs poursuites. À “terre comme, dans, l'intérieur des maisQns, il n'y & qu'un seul moyen de se préserver de cette abomingble engéance, c’est de s’entourer de fumée, aux dépens du . 7'Ainge ou'de la fourniture. La nuit, il n’en eët qu'un qui .: puisse vous permettre de dormir, c’est de coucher . dans une moustiquaire. Or, nous en étions dépourvus. | Nous ‘demeurons dégradés sous la pluie jusqu’à neuf heures du matin, puis nobs reprenons nolre navigetion lacustre à ne vois point.porté sur les cartes. ‘Le lac y. est plein

éfgrosses roches arrondies et polies par les glaces.

244 , EN: nov, POUR mn uen GLACIALE.

On dirait une troupe ‘de baleines, si elles en avaient la couleur, Mais elles sont de porphyre rouge. Celles... qui fie doivent pas ce brillant:coloris à la pierre, l'em- ‘pruntent à ‘une espèce rle lichen, dont les frondes sont du plus vif étarlate ou d'un jaune de safran. Sur les plus gros de ces rochefs de fusion, que couronnent de ‘eaux béüifuets d'arbres, sont parvenus à prendre raëine des lycopodes,4les mousses finement décau- . » pées, les éventails de la fougère mâle, ct les fouilles ” ‘trilobées et radicales de la salsepareillé. Ces végétaux ën font comme des corbeilles de fleurs qui reposeraient sur les eaux, et autour desquelles des nuées de martinets bleus ét de mouettes d'ivoire tourbilfonnent comme autant de papillons.

Pendant que je rassasie ma vue de cette nature sau- . vage, à Ja fois fraiclie et, aride, nos Métis, qui suent sang et eau sous leurs. pesants avirons, ne cessent ‘dinvoquer une divinité qui n’a pas trouvé place dans le Panthéon des Ahciené.

— Souffle, la” yieille! souffle! crie-t-on dans chaqne barque. ù Ce disant, tel Jance à l'eau un vieux soulier, un larabeau qu il déchire à sa chemise; tel autré coupe un morteëu*d'une carotte de tabac et le laisse pieusement tomber dans l'eau, Ces offrandes se font avec

. Je plus grand sérieux De et tie US — Qu’ est-ce dance que cde vieille que vous priez de

-souffler ? demändai-je à Boucher," qui était placé de-

Vant moi. Est. -Ce sainte Anne? : . * LÉ Métis regarda son beau-frère, Dumas, et tous deux se mirent à rire. >

, — Oh! non, Père, c'est pas sainte Anne, C'est la° -ÿieille Gibotte.

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