‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 52 sur 105 · LE' LAC WINIPEG ET LE FLEUVE BOURDON · texte numérisé non relu

LE' LAC WINIPEG ET LE FLEUVE BOURDON

Les autres serviteurs de la Compagnie de la baie d’Iludson sont : les interprètes, qui reçoivent de 750 à 1,000 francs; les guides, 4,000 francs; les timoniers, 700 francs; les serviteurs et voyageurs, de 400 à 600

francs. Dans tous ces salaires, la nourriture, le loge-

ment et les déplacements ne sont pas compris.

On appelle retours (relurns), les quantités de pelleterics et autres marchandises indigènes que produit annuellement chaque fort de traite ou chaque district. À ce terme correspond celui de outfit, qui. caractérise le lot de marchandises anglaises qui est alloué annuellement à chaque fort ou à chaque district pelletier.

La Compagnie de la baie d’Iludson opère avec un ‘

capital de 12,500,000 francs seulèment. De nos jours, cette somme constituerait chez nous un budget assez mince. Les actions en sont réparties irrégulièrernent entre plus de trois cents membres, Les dividendes se

prélèvent sur les profits nets; les dépenses, salaires et

intérêts de cinq pour cent des sommes en circulation, sur les profits bruts.

. Les profits nets sont divisés en dir parties égales dont les six dixièmes sont alloués aux 300 actionnaires, et les quatre dixièmes restant subdivisés en quatre-vingtcinq parts de 7,500 francs chacune qui sont réparties parmi les facteurs en chef, les facteurs et les traiteurs en chef de Ia manière que ÿ ai dite plus haut. Ces parts continuent à leur être payées “entières l’année quissuit leur retraite, et à moitié les six annéês suivantes.

L’étalon monnaie, pour la traite des fourrures, est le castor en pelu ou peau de castor avec poil (rade beater), . dont le prix est évalué à 2 schellings soit 2 fr. 50. Les viandes et autres provisions s'évaluent d’après le castor

dépoüillé qui est dit alors castor en viande. Son prix est [EM

er

ea

d’un schelling @ Fr. 95). Depuis que te commerce est libre, que l'argent cireule de partout dans le Nord-Ouest et que la concurrence a modifié les prix des. fourrures, les tarifs ont changé trop souvent pour qu il. soit. expédient d'en fournir la nomenclature.

La peau du castor esi cependant encore appelée pelu par les Mélis du grand Nord ct, pour eux, ce mol est synonyme d'argent comme il désigne aussi les fourrures précieuses. Faire du pelwsignifie aussi bien réaliser du numéraire que travailler à la recherche ou à la traite des pelletcries.

Nous allionsrepartirde Norway: les bons Mis, réunis autour d'un grinéeur de violon, dansaient' la gigue chère aux malelots français, lorsque leurdivertissement . fat interrompu par des eris et des menaces qui parlaient du blockhaus. C'élaitun forgeronanglaisnommé Edward Bedson, engagé pour le Mackenzie, qui était l'objet de cet émoi. - — Non, gr, criail-il sous le nez de M. Sinclair, rouge

ei piété conÿme un coq; non, vous n’avez pas le droit

de nv’obliger à touer une barque ni à porter des colis. Le cas a été prévu. par mon contrat d’ engagement. Lam not a green hand, sir. © 5 — Votre contrat! votre contrat!.… ripostait le-vieux gentleman, il s’agit bien ici de votre contrat! Si vous ne voulez ni ramer ni louer votre barque, vous serez mis aux fers el vous aurez l'agrément de vôus en allerenchainé comme un rebelle. À moins que vous ne préfériez faire connaissance avec la geôle du.fort Garry. — Est-il possible que vous compréniez ainsi la jus-' ticé? reprenait l’ouvrier. N’avez-vous pas pris connaissance de mon engagement? Je me suis mis au service pour deux ansà titre de forgeron- mécanicien, mais à

“les facteurs du Nord- Ouest r ne se ‘croient nullement tenus

. récemment arrivé du gränd lac des Esclaves. Tous les” : :

“des” portages' Mais il.ne put le faire consentir à ”

So SAT ns ‘ oo # à :

LE LAC WINIPEG ET LE. FLEUVE BOURBON. 227 condition. que Pon ne pourra. exiger de moi le service d’un marinier, d’un portefaix, ni d'un voyageur. ‘enfin | aucun quvrage qui ne serait pas de mon ressort. Eéi-ce , . vrai ou non?

— Of rourse, il is, .s’écriait le petit boiteux de sa Voix. stridente. On en dit autant là-bas à lons ceux qui

‘ prenfent du service. Mais pourquoi avez-vous la sottise ‘ ‘d’ajouter foi à tout ce qu'on vous promet, en Angle. . terre ? lei, c'est une autre histoire. IL faut faire comine

tout le monde, sans quoi.

“Hn ‘acheva pas, mais il: donna assez à entendre que

d'accomplir ce que d’autres ont promis pour eux, à

Londres ou à La Chine. lis prennent seulement l'esprit . de ces contrats. de

En faisant cel aveu, M. Sinclair venait de se mettre le doigt dans l’œil. Aussi Bedson, un ouvrier accompli et qui n'avait pas froid aux yeux, en. profita-t-il pour presser le vieux beurgeois, dont ik obtint, finalement, Vexemption des touées * et

le dispensér de ramer ni. - de porter son propre.

bagage. . ste — Ce jeune homme à pourtant raison, mé dit er

français M. Anthony Mackenzie, un facteur métis

contrats des forgerons et des charpentiers qui.s'enga-. . gent pour le Nord-Ouest stipulent expressément qu'ils LU ne seront employés qu'à des travaux qui ressortissent de leur état. Arrivés sur les lieux, c'est tout autre È chose. Mais il ne faut. pas croire, monsieur, qu'ils di soient plus mal partugés. -qué les ‘autres. Les commis ° . eux- mêmes ne font pas exception, Nous passons {ous . , :

: pommes. de terre;-un-pays où l’on souffre de mille ma- |

.228 EN. ROUTE POUR LA MER GUACIALE. se.

par les mêmes fourches caudines. Pauvres Ang getcr dlard, tel est voire lot,

« En somme, il n’est point de serviteur de la Compagaie qui ne soit trompé. C'est un pur racollage que nos .tontrais d'engagement. On fait entrevoir à la jeunesse naïve un pays de Cocagne, des loisirs, une honnête aisance, une vicabondante; des plaisirssans cesse renaissants ‘chasse, pêche, équitation, etc. En un mof une vie de sybarite dans laquelle elle s’enrichira au milieu de l'oisivelé. Vous arrivez, ce n’est plus cela. Vous trouvez un pays stérile ét sauvage où vous n'avez pour toute nourriture que du pémican, de la viande sèche et des

nières; où l’on vous impose des corvées de nègre.et de mulet, où l’honorable Compagnie ‘vous écorche autant qu’elle peut, sauf à vous renvoyer dans vos montagnes d'Écosse ou sur vos rochers des Orcades pour peu que vous regimbiez, Ah! croyez-moi, c’est une triste vie que celle de serviteur de la Compagnie d’ Hudson’ 5 Bay.

Ce témoignage, j je n’ai pas vu un seul facteur, un seul commis, .un seul serviteur qui ne me l'aient confirmé en tous points. -

Le 14 juin nous quittâmes Norway-llouse pôur aller camper à l'embouchure de la Saskatchewan.

ad

Page 1