CHAPITRE
Ce
‘ SUR LA RIVIÈRE pu r'AS OÙ KISISRATIIWAN SIPIY * ne ë
, ÿüwan. — Flore alpestre, — Oichipp®æyy chrétiens, "= TäES et forts Bourbon. — Rivière Paskéyaw. — Le pémican où taureau. — Rivière du Pas. — Découvertes des Français sur Ja
Haute Saskatchewan. — Fondation des forts Li Corne et La :
Jonquière. — Massacre de onze cofupatrioles, àla Butte des Français. .
Notre apparition dans les eaux de la Saskatchewan occasionna un sauve-qui-peut général dans une peu-
plade de Savanais campée sur là rive gauche. Du plus -
loin que ces Indiens nous aperçurent, ils s’enfuirent dans toutes les directions, traînant par les ouïes ou portant sur leur dos nu de gros esturgeons, fruit de leur pêche, qu’ils se hâtaient de soustraire à la rapacité des Métis affamés de poisson.
Quelque promptitude qu’ils missent à nous dérober leurs provisions, ils avaient été vus. À mes yeux, cette panique n'était pas favorable à l'honnêteté des équipages des barges. -
— Ah! les crabes, s'écriaient les Métis indisposés. Voyez donc comme ils charrissent leur saint crépin dans le bois-fort. On va-vous les faire cracher, vos esturgeons, attendez'un petit brin, mes pars.
Te Une peuplude de Savanais. — Le Grand-Rapide où Kisishi-
Ce disant, ils faisai ent forcé de rames poug allein- Ave les loges avant que Gurs-habitonts féminiis les % l'eussent entièrement. dépouillées. Alignés sur le rivage. comme des pingouins et tenant à Ja-fnain de longues:
gaules décortiquées, les hommes de la peuplade nous attendaient.
— Ont-ils envie de nous aliaquer, par hasard, avec leurs lances ? demandai-je à notre gouver nail. ll se mil.
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à rire. .
— Non, Père: c'est des pärches qu'iveulent-nous , - # vend'e pour pärcher dans les rapides. ['faisent idüujours . comme ça à chaque coup qu’on passe On l’est toujours. — 3 ê ———ussuré d'avoir des helles pârches à cté village icitt. “ —— Bon! De la sorte vous n'aurez pas de poisson.
Cest ce qu'on va-voër, Au lieu de vivres n'avoir que des bouts de bois à nous offrir, c'est trop fort! Et nous aul’ qui leur charrissons leurs ammonitions de
, hache‘ et toute le butin ? que leur donne la Compagniel Ah! ben, ils sont trop avaricieux. clé chavages/ machkégons ?. laut leur z'apprend’ un petit brin d politesse. +
Aussitôt,-les barques sont lancées à la côte, et/les Métis, sans avoir égard aux perches qu’on ":
sente, escalalent les talus rapides des hautes grèves et se répandant dans toutes les directions en pourshivant Jes squurs éperdues.
En vain les Savanais protestèrent-ils qu ls étaient dans le dénuement et. n'avaient pas de poisson à véndre; l'instant d’après, les Mélis revenaient en poussant.
“des cris dejoie et de grands éclats de rire, remorquant
4 Munitions-de &hasse. 4 ?, Marchandises sèchrs, harcs, vêtements confecdionnés. e ï. Suvanais ou Swampecs.
. ” SUR LA RIVIÈRE DU PAS ou KuSISEETIAN. -SIPiY. 931
Er les oufes d’ énormes esturgeons, et suivis de la portion féminine de la péuplade que nos gens peu galants. venaient de déposséder. Ces femmes se répandaient en amentations ; mais-on resta sourd à leurs prières.
— Aht les crasseux! a-t’on jamais vu ël” si flous! l'allail pas les cacher vos esturgeons; on vous les aurait. . payés.
# Les bons Métis semblaient croire out bonnement que ce poisson leur élait dû et que les Savanaises les
‘ volaient en le soustrayant à leur rapacité.
— Cest mal, ce que vous faites là, dis- de-à-notre—
7 Bvüvernail, Je ne puis'en supporter la vue. + +"
— Ahl ben, Père, ils en pécheront d'aut’. l’nen age ‘ que pas dans la rivière. Ga leur z'apprendra pour une aul’ foës. Ça leur coûte rien en tout!
— Mais, Michel, si ces sauvages sont avares, il me. semble qüe-ce serait aux Blancs à leur donner l’éxemple de la générosilé et..de l'hospitalité, au lieu de les sur-: passer en rapine. a
Ma voix ne trouva pas d’écho. Il F3 eune dire q que Grouardet moi refusdmes de: goûter de leur prise, äfin de protester jusqu’ au bout contre l'injustice d’un tel procédé.
Les-Saxanais, bien qu’ils soient plus bruns que les
‘Cris, ont le teint. beaucoup plus blanc que celui des Tchippeways. Les Métis attribuent cette particularité au poisson et au gibier ailé qui forment presque exclu-
‘ sivément la nourriture de ces Indiens. Les Dindjié en. disent autant d’une de leurs tribus à teint’blanc. Mais, | en ce cas, ôn devrait attribuer la blanchéur des Européens à la färine dont ils se nourrissent, et lon sent
- combien cette théorie serait absurde. / -:
‘Au pied des cascades du Grand-Rapide, les Savanais.
.‘pêchent l’esturgeon, la. barbue ou chat, et le poisson.
EN
blanc. Le lac leur fournit des traites saumonées, des |
otlonibis el des maskinongés.
Nous remontâmes à la perche la demi-charge du Grand-Rapide, Comme c’était la première fois que je naviguais sur un rapide, je voulus en fürer expérience en demeurant duns la barque. Sur un parcours de six kilomètres, les ondes impétueuses cet bJanchâires se précipitent avec rage entre des rochers-murs qui leur offrent une double barrière trop. étroite pour leur vo- : lume. De grog blocs dorment au milieu des flots qui s’y brisent la tèle. À côté de ces masses qui forment
___écluse et provoquenl’son courroux, l’eau passe avec
une rapidilé vertigineuse. Elle ne peut rien cependant ni contre les rocs qui &’en rient, ni contre nos barques
PE
qui montent sur son dos et la bravent par l'effet com-.
biné des perches ou béquilles.
Au Grand-Rapide, le portage fut complet. On dut transporter par terre cargaison, agrès el jusqu'aux barges elles-mêmes, Elles y furent trainées sur des rouleaux. Nos marins d’eau douce, jusqu'ici .infôtigables rameurs,se montrèrent aussi robustes et allègres portefaix. lis couraient comme des cerfs avec leur charge de cent kilos sur léchine, et bondissaient par - dessus les obstacles que leur opposaient les arbres
renversés, Je vis un Métis, membré comme un taureau, |
faire un pari et porter 350 kilos en une seule charge.
Quant à nous, déjà trop chargés de nos sacs de . voyage, nous parcourûmes à pied les six kilomètres du:’
Grand Portage à travers la forêt et en longeant la fougueuse rivière Saskatchewan, Les essences que J'y vis se composent principalement de sapin de Virginie, de sapin blanc ou'épinette, de mélèze, de pin de Weymouth, de frêne, de thuya, de bouleau et de tremble.