‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 56 sur 105 · SUR LA RIVIÈRE DU PAS OÙ KISISKATITWAN-SIPIY · texte numérisé non relu

SUR LA RIVIÈRE DU PAS OÙ KISISKATITWAN-SIPIY

nous avait donc apprêté ün réchaud de pémican que que j’essayai, vaiñement de manger. Le pémican (pimikkdn) est, comma on le sait, un mélange à parts égales de viande sèche bilée ‘et de suif fondu, renfermé dans

‘un'sac de cuir et soigneusement tassé. Les Métis le

désignent plus communément : sous le nom de faurenu. Quand on prononce devant eux ce mot, qui est si malsontoujours du pémican. Quant au quadrupède de même nom, c’est pour eux un faureau de vache. Les Métis n’ont qu'un seul mot français pour désigner chaque chose ou chaque action. Mais ce mot, leur viént toujours sur les lèvres sans.qu’ils aïént besoin de le chercher,

‘comme nous le faisons souvent.

C’est là une faculté propre aux sauvages.

Ainsi véler pour leë Métis signifie mettre bas, toutes les fois qu’il ne s'agit ni d’une lice ni d’une jument; parce que, dans ce cas, ils emploient les verbes chienner et’poulicher. Mais pour tout autre animal ils se servent” du mot vêlér, Ainsi ils diront: ma moutonne, ma chatte, ont vêlé. On m’a même assuré avoir ‘entend dire à une Canadienne que sa poule venait de vêler!

Donc, un réchaud de taureau c’est du pémican concassé, émietté, mélangé avec un peu de farine et d’eau,

-et frit dans la poêle. On y ajoute du sucre, dé la

mélasse ou des baies sauvages, au choix. C'estun ets substantiel et très nourrissant, mais des plus mälsains

et des plus indigestes. Quand on n’a pas d’autrés pro- : ‘

visions que du taureau, mieux vaut le manger cru que de le faire frire, ou bien le faire bouillir avec de las

farine d'orge. C’est ce que l’on appelle du rababou.

. Sur le soir, le vent fraîchitet se changes D uñ Ouragan qui nôus permit de courir grand largué, sous deux

fo

ris. Le lac Vascux. de bieu qu'il était avail pris une belle couleur d'encre. lise creusait el se secouail comme s'il eùL voulu nous donner un échantillon de son pouvoir, au cas où il Jui aurait plu de se meltre en colère. Nous le lraversimes avec une vitcsse plus grande que celle d'un bateau à vapeur.

— La rivière Du Pas! s’écrièrent les Métis, comme nous renirions dans le courant bordé de grands arbres. {Ce n'était pourtant pas la rivière Paskéyaw. — Et la Saskalchewan où donc est-elle? demandai-je à l’un de nos gens. Le ntinistre nous a dit avant-hier que nous allions la remonter. :

—Y a pas de rivière qui s’appelle de mème, Ça v’esl la-rivière Du Pas. On connait que ça, nous autres. Yelle fat la réponse des Métis. Et de fait, à cette époque, il n'y avait. que les Anglais, dans le Nord- Ouest, qui parlassent des déux rivières Saskatchewan, celle du Nord”’et celle du Sud. Pour les Métis et les Canadiens issus de notre sang, le premier de ces.deux cours d’eau c'était la rivière Du Pas; le second, la Fourche des Gros-Ventres.…. - . - --- | {Lorsque le chévalier de La Vérandrye découvrit la | Saskatchewan du Nord, en 1741, il lui donna le nom de sa mère Marie-Anne Dandonneau du Sablé de l’Isle-du- : Pas, Ge du marquis Ge ce ncm. Cette rivière doit donc porter ce nom d’aulant plus légitimement que le mot Saskatchewan est un tronçon de mot cris dépourvu de toute signification, à l'instar de tous ceux que fabriquent de plus en plus les Améritains. Cest Risishatjirean LA #7 qu'il faudrait l'écrire, c'est-à-dire le Rapidei. . ‘ Depuis sa source au pied du mont Hooker, dans les

j. À. Lacombe.

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