SUR LA RIVIÈRE DU PAS OÙ KISISRATIIWAN-SIPIY
Montagnes Rocheuses, la rivière Du Pas ne compte pas moins de 1,803kilomètres jusqu’au lac Winipeg. Elle en a 563 de ce lac à la baie d’Iludson, sous les noms de fleuve Bourbon, Katchawan ou Nelson. En toul, elle mesure 446 lieucs françaises de cours, au minimum.
* La contrée que la rivière Du Pas parcourt, entre les
lacs Cumberland et Winipeg, est plate, marécagouée-et---- Ttompoôsée de sédiments agglomérés par ‘elle. Dans quelques années, le lac Vaseux sera lui-même comblé et il n'y restera qu'un seul chenal central. Les barges en talonnent le fond, en y soulevant des nuages de boue noire, Ce sol gras, périodiquement inondé tous les printemps, nourrit une végétation vierge très puissante qui me rappelle celle du Missi-Sipiy. La forêt y est compacte et sombre. lille y est submergée jusqu’au milieu des troncs. Impossible d'y pénétrer. Elle y étale sur chaque rive cinq ou six étages de verdure diversement nuancés, et si régüliers dans leurs alignements Se horizontaux, qu’on les dirait taillés aux ciseaux.’ #7
Le soir venu, nous campèmes sur l'ile du Festin;-et- ié- ns
lendemain nous afterrimes au village savanais etprotes-
. tant Du Pas où nous passämesla journée etmême lanuit.
-Ce village a remplacé l’ancien fort français de même agm qui avait été construit én. cé lieu, en 1744, par le * chevalier de La Vérandrye. Îl'ést à 108 kilomètres du . lac Bourbon, à 145 du lac Winipeg et-& 80 du fort
‘ ‘Cumberland, entre les deux affluents Puské yaio-S ipi y ou
de lEmbranchement, et Oskutask-Sipiy ou des Carottes.
Au pied de là butte Paskéyalinds ‘, un chenal étroit iSipanok) se sépare de la Saskatchewan ourivière Du Pas pour se jeter dans la rivière Carotte, qui elle-même est
Li. De Paskéyar, embranchemént, et Espatinäs, butte, en cris.
À La PRET ou =
un affluent de ladite rivière, un peu en amont de la Paskéyaw, L'union de ces deux cours d’eau forme donc une grande tle sédimentouse connue sous le nom d’ile des Pins, bien que l'on n’y voie que des sapins blancs, Toute cette région est sujette à des fluctuations incessantes qui en changent et modifient l'aspect. En 1875, un autre chenal s’ouvrit dans la Saskatchewan, au lieu dit la Pointe aux Maringouins;sur la rive “gauche, et fit
-brusqüément irruption à ‘travers les forêts pour déver-
ser le trop plein des eau* de cette rivière dans le lit de la rivière Maligne. Ce nouveau chenal a ‘pris le nom de la T'ranchée. Le résultat en a été que la rivière Maligne, dont les eaux étaient toujours basses, est devenue navigable aux bateaux à vapeur; tandis que la portion de la Saskatchewan comprise entre la Tranchée et la rivière Carotté est menacée de se dessécher entièrement. Naturellement, le canal naturel Sipanok a dû s’en réssentir. C'est à un phénomène semblable que la rivière Paskéyaw doit son nom.
Du temps de La Vérandrye, les Pères de la Compagnie de Jésus avaient établi une mission au fort Du Pas. Après le traité de-Paris, en 1763, ils évacuèrent leur établissement'et se retirèrent à Ja suite des Français, en ayant.soin d’enfouir sous terre lee matériel du culte renfermé dans des coffres. On-n'a pas retrouvé ce trésor. Longtemps après, des prêtres canadiéns entreprirent de relever antique mission Du Pas. Maïs l'un d’entre eux, M. Darveau, ayant été tué par son guide | tchippeway, la mission fut abandonnée et passa aux anglicans, en 4840.
Le chevalier de-La Vérandrye et son cadet Pierre de Varennes ne &e bornèrent pas à forider les forts Bourbon et Du l'as. Eatre 1H et 4748, is remontèrent la Sas-
katchewan jusqu: ‘à sa jonction avec la Fourche des Gros-Ventres, et'construisirent à Nipécin, le Lieu dus sommeil (ou Népawin,la Grande vue), le fort La Corne en l'honneur du lieutenant colonial de ce nom. Ge poste est situé à 108 lieues du Pas ct 167 du lac Winipeg. Il
paraît que les PP. Jésuites s’y étaient également tr ans- s-,
portés; mais ils ne s’y. établirent pas.
Les frères Lé. Vérandrye-avaient. conçu le projet de remonter la rivière Du Pas jusqu’à sa source, de tra: verser les Montagnes Rocheuses, et de se rendre au
Pacifique par leur versant oëcidental, ainsi qué- le réali- Lan
sèrent plus tard Lewis'et Clarke, Palliser et lord” Milton, . Le changement de gouverneur ne leur en donna pas lé”
temps. Nous avons vu comment l'amiral de La Jénquière les destitua, en 1750, pour ‘leur substituer Le Gardeur de Saint-Pierre.
Celui-ci ne fit absolument rien dans le Nord- Ouest. Il s'établit paisibtement au fort La “Réine, comme nous. l'avons vu, au Portage de. la Prairie, avec-le P, de la Morennerie, et envoya, le 29 mai 1751, son. neveu, le lieutenant baron de Niverville, au fort Ba Pas avec l'ordré de mettre à exécution le projet des frères La. Vérandrye.
« Le baron de Niverville, rapporte Le Gérdeur dans
une lettre qu’il adressa à son protecteur, fit partir
dix hommes en deux canots, lesquels remontèrent la rivière de Paskoya jusqu’à la montagne de Roche, ‘où ils firent un fort que je nommai La Jonquière, ‘et un amas. considérable de vivres, en attendant M. de
Niverville qui devait partir un mois après eux ; ce qu’il.
ne put faire à cause d’une grande maladie qu’il eut. J’appris par les hommes revenus de son fort, qu il Y
avait peu à espérer qu ’il relevàt de cette maludie ; ce à- | 14
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mn
quoi j’ajoutai foi, ses forces ne Jui ayant pes Bernie de m'écrire un seul mot!.
Dans celte lellre, fa Saskateheyan ei rc pe.
est de nouveau “confondue avé "la rivière Paskéyaw. Ceci me porte à croire que cè derniër cours d’eau aufail été, à cette époque, une branche el peut-être la princicipale artère de la Saskatchewan qui, par suite de Pobluration de ce chenal à son-entrée supérieure, aura recülé son lit vers-la riviére Carotte en déterminant la saignée Sipanok::de même que, de nos jours, ce dernier chenal s'est comtifé- “êl que la Tranchée en s'ouvrant à requlé d'aulant vers le nord le lit de Ja rivière Du Pas, au fur el à mesure qu'elle envase les bas-fonds méri-
“‘dionaux. T n'y a rien là que de très probable.
ans.
Quant au fort Ja Jonquière, il devint Af{o Housr, poste. anglais silué à 42 lieues seulement des sources de Ja Saskatchewan. I a élf abandonné il y a dix
Le Uardeur ‘de Saint-Pierre ayant résigné sa place entre les mains du chevalier de La Uorne, l'année suivante, il ne fut plus question d'aucune entreprise de
” découvertes faite par des Français dans ce pays. N'est
probable que M. de Niverville mourut au Pas, puisqu'il n’en est plus parlé. Cependant je désirerais vivement éclaircir le fait du massacrede onze Krançais sur labutte de ce hom (Wémistakonsin Espatinds) par les Tadiens Brocheté. Ces malheureux appartenaient-ils à l'expédition qui construisit le fort LaJonquière, ou bien était-ce M. de-Niverville lui-même el ses gens lorsqu'ils allèrent rejoindre les premiers, conformément à leur con
L. Pierr Grey, Découvertes cl établissements des Français en Amérique Paris. 4886, £, ve p. 642, \
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SUN LA RIVIÈRE DC PAS OU KISISKATIIWAN- SINY. 24 lion? Je ne serais nullement éonné que tel fât le cas. Voilà ce qu'il faudrait élucider.
; Les Brovhels ainsi que les Cris du lac la Grenouille,
- sont restés la Lerrear de ces parages, par leur añimosité
contre les voyageurs dont ils rançonnent les caravanes.
Le 22 juin au matin, nous quittions le Pas avec un vent favorable qui nous fit atteindre le fort Cumberland à 6 heures du soir, après avoir franchi 220 lieues depuis Saïnt- Boniface’
Le fort Cumbérland s’élève sur File des Pins. ! fut construit en-1774, par Samuel Iearne, à son retour de l'expédition de la Coppermine, pour le compte de la” Compagnie de la Baie d'Hudson, Celle mème année le capitaine Cook découvrait FAlaska.
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