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L'ATHADASCA. "297
nécessaire aux Anglais de les aller trouver, te qui détermina lai fondation du fort Wedderburne par ces derniers.
En 4779, les Canadiens apportèrent la petite vérole sur les lacs Isle à la -Crosse et Athabasca, comme ils U à l'avaient amenée à la Rivière Rouge. Cette horrible maladie, jusqu ’alors inconnue aux Peaux-Rouges de ces régions, fit d’affreux ravages parmi les Dèné et les Ililliné. Les Cris, déjà acculés vers la partie méridionale du lac Athabasca par latlitude "martiale des Tchippewayans, en furent plus que décimés. Devenus ‘moins nombreux que.leurs anciens ennemis, ils firent la paix avec eux elen laissèrent le nom à la rivière des Castors sur laquelle elle fut conclue. Peu à peu ces
. Indiens ont abandonné Athabasca. En 4777, il y avait douze cents Cris autour du lac. En 1862, j’en vis encore trois cents. En 1879, il n’y en avait plus que 251 dans es deux districts réunis d’Athabasca et de la rivière la Paix; mais plus un seul au bord. du lac.
Les Tchippewayans comptaient 900 habitants au : fort d’Athabasca, en 1862. De nos jours, ils ne sont plus que 400. Mais un second fort construit sur le __
——nême lac, le fort Fond-du-Lac, reçoit la visite de
| 300 Mangeurs de cariboux des steppes de PEst.
© M. Jules Vinson, Péminent linguiste, appelle les Dènè d’Athabasca Athapaches. Cette dénomination n'a aucune raison d’être. Les -Athapachès sont : inconnus dans le Nord-Ouest.
L'établissement de prètres françaié que Fon voit au lac Athabasca, à un kilomètre du fort Chippewayan, date de 1847. Ses quatre premiers missionnaires sont tous devenus évêques. Il est des lieux fatidiques.
Toute la population du-lac Athabasca est catholique . dévouée.
Depuis que le gouvernement d'Ottawa s’est taillé quatre nouvelles provinces dans les territoires du Nord- Ouest, Athabasca a eu l’honneur-de donner son nom à l'une d'elles; mais l’infortuné lac peut s’appliquer le vers si connu du poète: Sie vos nou vobis, etc. En effet, la
L#fouvelle province d’Athabasca ne comprend ni le lac ni rivière de ce nom! Elle se compose des anciens disricls Ls pelletiers du Petit lac de J'Esclave et de Ja rivière
la Paix. Îl eût été si simple pourtant d’appeler cette
“province Peace River, ou Jasper, où Dunregun. Que
. diraient les Anglais si nous appelions Seine le départe- ‘ment de l'Oise, par la seule raison que la Seing n’y - passe point ? Nos bons voisins on de ces trails de bizarrerie qui déroutent lout conjectures.
Je me demande maintenantWomment ils nommeront la future province qui comprendra le lac et la rivière Athabasca, à moins que ce ne sdit Hearne, Frobisher où Tehippewayan. oo
On se préoccupe beaucoup de la colonisation du Nord-Quest, et c’est avec raison. En 1867, si l’on s’en était Lenu aux appréciations qui représentaient les prai-
----ries-del'Oue$t comme un désert absolument impropre à
la culture, le/Canadian Pacific Railroad ne traverserait pas le contiient, à l'heure qu'ilest:-90;000 émigrants ne Drondratniqes annuellement la route des nouvelles provinces d’Assiniboya, Alberta et Saskatchewan; et un syndicat ne se proposerait pas d'ouvrir cette voie au commerce avec la Chine et le Japon, c’est-à-dire à réaliser enfin les efforts vainementtentés pendant trois siècles par les explorateurs français et anglais. Ce cgm- .merce va enrichir le Canada et en faire une, des pe. mières-puissances du monde.
Relativement à la province d’ Athabasca’ (c’ est-à- :
. L'ATHABASCA. . . 299 j pe :
E Peace-fiver), je me garderai bien de partager let des privilèges de l'ancienne Compagnie de la
& d'Hudson. I est vrai que, par la route fluviale & j'ai suivie pour me Kcansporter jusqu’à Athabasca,
je / n’ai guère vu. que dés roches de fusion ou de la
qe pure, malière impropre à produire autre chose que du verre. Ces terrains primaires ou dus au métamorphisme se perpétuent au delà. du lac, vers le Nord- Ouest, jusqu’à l'extrémité des portages de la rivière des Rochers. Mais je suisconvaineu que, immédiatement à côté de cette zone de. roches cristallines, sont des terres éminemment propres à la culture. La vaste prairie qu'arrose la rivière la Paix offre, dit-on, une terre de premier choix. ‘
Le lac Athabasca lui-même apporte avec lui la preuve de cette “appréciation, en ce que toutes les dépressions du granit ‘qui ont pu retenir des terres de sédiment sont excellentes et trouvent, dans l’abri et la ” réfraction des rochers, une chaleur qui rend la végéta-
lion plus prompte et plus vigoureuse,qu'ailleurs. Je :
prends pour exemple la mission catholique du fort Chippewayan. Elle est parvenue à défricher el à mettre -en culture 28 hectares de terre àrable après les avoir
dépouillés et purgés de leur vigoureuse végétation -
vierge. Dans ce champ exigu, elle récolte ännuellement ‘de 80 à 100 minots de blé, ct de 30 à 50 minots d’arge qui, à l'Exposition du Centenial, de Philadelphie, er 1876, oblinrent une médaille d’argent du groupe IV,
dont le diplôme occupe une place honorable dans le
, parloir de la mission. :
Les'pommes de terre rapportent annuellement à la mêmé mission de 500 à 550 bushels, soit 492° hecloli-
tres. En oùtre on y récolte toute espèce de légumes el plusieurs variétés de fleurs d'Europe.
- Depuis que M. Roderick Mac-Farlane, l'ancien bour-
geois des Esquimaux, est chef du district Athabasca, le
fort Chippewayan aété entièrement et magnifiquement
reconstruit. Ce posle commercial est, sans contredit,
le plus beau, le plus élégant et le mieux installé de
"tous ceux que j'ai vus dans le Nord-Ouest. Aperçu du
lac, son apparence est celle d’un joli village des pays civilisés. L’œil, déjà habitué à Ja désolation et à la sauvagerie du désert, quelque pittoresque qu’il puisse
- être, est délicieusement surpris d’apercevoir les gra-
cieux et nombreux ‘bâtiments du fort, auxquels fait escorte une respectable rangée de blanches maisons, : identiques de forme, de dimensions et de disposition.
L’alignement se termine par une chapelle #t. un par-
sonage anglicans. Pl En 1879, pendant un séjour de trois muis que je fis
- au lac Athabasca, j'étudiai avec soin la question de la
—— —Colonisation future de cette contrée qui formera bientôt
une; province nouvelle. Je parcourus les deltas des rivières la Biche et la Paix, et composai un rapport circonstancié de mes appréciations, sur la demande de
-la Société de géographie de Londres. Cette société dai-
gne publièr mon travail, en 4883, année où elle récompensa mes explorations géographiques et mes études cthnographiques, en me décernant le prix de Back, qu'aucun Français n'avait encore + obtenu depuis sir Francis Garnier.
Je ne peux répéter ici ce que j'ai mentionné dans ce : mémoire; mais ce que je ne puis m empêcher de consiater, c’est que la partie occidentale du lac Athabasca tend à se combler entièrement. C’est au point que, en
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1879; j'ai cireulé de partout à pjed, en chassant l’outarde et l’oie sauvage, dans de vertes et immenses prairies que j'avais travefsées en bürque: en 1862; en 1874, en 1873 et mème en 1876 ! L’archipel gracieux d'tlots gra nitiques, qui m'apparaissait alors comme une flotte en panne dans, une rade, avait été transformé parla séche-. resse en forts détachés, du haut desquels on dominait dt va vertes pelouses et des plaines délicieuses, dans lesquelles serpentaient d'étroits canaux naturels, derniers vestiges
- fé anciens courants sous-lacustres.
Ces prairies récentes n’atiendaicnt plus que ies soins
. du Jaboureur.
Les alentours du lac Mamawi depuis longtemps essorés, le long portage des Rats musqués, et celui non moins long des Canards, m’avaient présenté les mêmes flots boisés, changés Sos en buttes rocailleuses, éparses dans des plaines de sédiment. Dans dix ans, personne ne voudra croire à l’assertion que je consigne
"ici, lorsque toutes ces boues ravies à l'élément aqueux. affermies.et couvertes d’une rapide ct dense végétation
. de saules, d’aunes et de peupliers, constitueront de nouvelles et jeunes forèts.
De quelle richéssé ne doit pas être un sol tout d'engrais, formé par les apports sédimentaires, de deux vastes rivières, et dans lequel il. ne se rencontre pas seulement un caillou de la grosseur d’une noisette ? Quels heureux propriétaires ne seront pas ceux qui
s’établiront sur ce sol fécond qu'il suffirä de gratter pour qu’il rapporte au centuple?
.. Un examen tant soit peu intelligent de toute cette zone constate donc que l'estuaire commun des rivières’ e Athäbasca et la Paix s’est comblé à quatre différentes | époquès;'en aVançant toujours davantage vers-le nord-
csl: ce qui ne peut avoir lieu que par la dimiñutiom sensible Ju volume de leurs caux. Ce Lravail des rivières, qui a depuis longtemps cessé, en Europe, est, en oran en pleine activité. Le dernier esluaire, à la formalion duquel j'ai assisté, en 1879, ci dont j'ai eu ‘lPavantage de profiter pour mes évolutions cynégéliques, cest demeuré émergé et élanche. M:-Mac-Farlane m'écrivait, près de lrois-ans après, que ce desséchement qui lui paraissait étrange mais qui n’est, après tout, que Lrès naturel, élait une vraie calumité pour les Indiens du Jac Athabasca, qui jadis faisaient leurs pêches les plus abondantes dans les mêmes lieux où lon pourrait aujourd’hui culliver des choux et du blé à discrétion.
… Mes fréquentes excursions dans 1cs deltas de la rivière la Paix, en 1879, me révélèrent le même phénomène sur une échelle immense. Ce fut avec un éton- . nement mêlé de plaisir queje parcourus ce gigantesque ‘ della plus: grañd que notre Camargue, coupé ‘de ruisseaux, diapré d'étangs et de lagunes laissés par la retyaite du fleuve, et littéralement couvert des grands Cs d’une myriade d'arbres que les eaux y avaient is charriés et qu'elles y ont abandonnés en st retirant. Elles ont ainsi assuré pour longtemps, aux futurs cultivateurs de ces riches plaines, une belle provision de combustible. Des récoltes de premier choix urraient être réalisées dans: ces prairies et même tout. le long de la rivière des Esclaves, à l'exception de la zone des Rapides; parce qu’il est bien clair que le Q, terrain y est analogue. Dans les Rapides seuls reparait le noyau planétaire ainsique des amas de sable quartzeux que les eaux amoncelèrent jadis contre ce barrage naturel. °
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Voilà done des terrains qui conviennent à-l'homme civilisé el dont la culture modifiera le climat du pays. Et “ependant, dans tout le district d'Athabasca uni à celui de la rivièrela Paix, iln’y avait, en 1879, que 2,268 ânes, dont 57 Blancs, 1ë 50 Mélis, 251 Cris el 4,810 Castors et Tchippewayans|
Les aniaux comestibles et ceux à fourrure sont encore assez nombreux dans l'Athabasea, à l'exception. du «cerf-bossu où Wawaskisho. L’élan américain ou orignal s'y rencontre fréquemment - aussi. Je n'ai jamais navigué sur la rivière Athabasca — ce qui m'est arrivé six fois, — sans apercevoir plusieurs de ces vilains animaux ensemble. L’ours noir frugivorc y est' également commun, ainsi que le lynx, la loutre, le castor et le musqwach. Au mois de juin 1879, je rencontrai deux chasseurs cris qui m'assurèrent avoir tué à eux deux, en trois mois, le long de ladite rivière, 200 castors, 25 élans dix-cors, 20 ours noirs et 5 cerfs- ” bossus. Quant aux lynx et aux ondatras, ils ne les avaient pas comptés. Comme je suis certain, par l'expéricnce que j'ai des Peaux-Rouges, -qu'ils ont plus de; propension à diminuer qu'à exagérer le résullat de leurs chasses, on peut juger par ‘tes chiffres des hécatombes que ferait une population plus dense, et quelle quantilé de ruminants et d’ animaux à fourrure nourrit encore le district d’Athabasca.
Les Tchippewayans d’Athabasca sont des néophy Les doués d' une g jrande foi, qu’ils doivent à l'innocence de leur vie, à, ‘leurs - mœurs naturelles, À leur esprit de droiture el à üp. grand fonds de jugement. Mais cetle foi n'exclut’ pas-chez.eux une originalité native. Je vis à Athabasca- un vieillard nommé Pierre Dènè-gonouzié qui est le prototype dès-[ndiens de cette trempe
bizarre, C’est üne nature solide que le malheur n’a pu abattre, qui à vu le doigt de Dieu et le bon plaisir de la Providence en lout ce qui lui est arrivé de déplai-. sant, et dont la conduite fit le plus grand honneur au prètre français, maintenant évêque d'Anemour el vicaire apostolique du Mackenzie, qui fut son instruc-" teuret son guide avant de devenir son premier pasteur.
Au fond de ses bois ou au milieu des steppes, Dènègonouzié se faisait un plaisir de remplacer le mission-
‘ naire. Mà par sa foi et sa religion, il réunissait ses compatriotes, leur transvasait la dose d'instruction qu’il avait reçue, apprenait les prières à ceux qui ne les . savaient pas, chantait des cantiques et, comme Tobie, ensevelissait ses frères quand ils venaient à mourir loin de la mission. Dans ce cas, il ne manquait pas d'asperger d’eau claire le corps et îa fosse.
Cela fut rapporté au missionnaire qui en fit des. remontrances à l'Indien: ‘
— Pierréh, lui dit-il, à quoi penses-tu donc quand tu arroses les défunts d’eau de rivière? Cette eau n'ayant pas été sanctifiée par les prières de l'Église, ne possède-aucune vértu. Pourquoi t'en servir ?
— Och! fit Dènè, parce que je n’en ai. pas d'autre.
. On se sert de ce que l’on.a ikkéla. D'ailleurs, écoute,
. voilà ce que je me dis: Dieu qui est mon père est si PF; ; bon qu’il suppléera à la-vertu qui manque à cette eau. "Donc, en bénissant les défunts au nom de la Sainte xeTrinité, je ne manque-pas d'ajouter : « Püissant bon, LS je n’ai point d’eau’sainte pogen purifier Je cadavre de mon frère, bénis donc ce -Ci, elle en vaudra tout. autant » dessilal | Le missionnaire se mit à rire et le laissa faire. Outre le livre de prièrès que Dènè-gonouzié avait
à » L'ATHAUASCA, 305 ‘reçu gratuitenfent de spn prèlre, il en avait aussi oblenu une sonnelte ii lui servait à rassembler 8cs eompatriotes pour la-prière. Il s'était posé ‘en catéchiste. Son grand âge, sa. vie édifiante, ef sa piété l'avaient fait accepter ‘comme lel par la majorilé des siens: : M. Hs Faraud se gardait bien de le destituer. Fa Cependant quelques sauvages un peu plus fiers refusaient d'obtempérer à ses invitations. Ils lui déniaient le droit de faire son prêtre, ainsi qu’ils s’'exprimaient. On, ne Jui en reconnaissait ni la compétence niVautorité. Cela aitristait Dènè-gonouzié. Un jour donc, étant à ln . mission, il.s'en Buvrit à son pasteur. … ° . — Je ne sais comment me faire respecter d'un tel et , d’un tel, lui dit il. Ils ne me récompense nt pas de mes | efforts par une assistance assidue à mes instructions. . Mais, vois, j'ai découvert un bon moyen : Wai vu dans Lie La stalle une calotte qui y traîne depuis assez knglemps. Tu n’en fais rien, tu vas toujours tète nue; d abela- * moi. Si j'étais heureux possesseur de ce petit couvrechef etgque je m'en coiffasse lorsque je réunis mes frères pour la prière, nul ne résislerait à-mon invitation ; parce qu'ils comprendraient que je suis autorisé par celui qui a porté et sanctifié celte calotte. Eli adessi oulla ?
Le petit vieux oblint ce qu 1 désirait, et on le :vit . depuis, tel: qu’un custode dévoué, largement tonsuré, son Ôgciput pointu affublé de la-sordide calotte, agiter "sa sonÿetle et convoquer ses paroissiens. Qui aurait” osé révoquer en doute l’autorité deDènè-gonouzié ainsi calotté par son curé? Qui aurait pu suspecter Portho-" TT d'une parole inspirée par cette tète monatale? automne qui suivit mon.passage à Athabasea, Dènè- gonouzié, avant de repartir pour ses forêts en
compagnie de sa vieille femme et de son neveu, dit au missionnaire en Jui serrant la main : ’
— Së Touin, mon Père, ma femme est bien vieille, elle est borgne, elle n'a pas grand esprit et n’est plus bonne à grand’ chose. J'ai grand” peur qu'elle ne meure cet hiver.
1Farrèla un : “instant. comme s'il n’osait pas continuer. Puis il ajouta : :
-- A propos, si elle meurt, que ferai-je? Dois-je : pleurer ou chanter des éantiques?
ET L'apostrophe &tail vocasse. Le missionnaire répon-
7 ait LE 7 Vas Je ne vois Dis pourquoi tu ‘chanterais. Prie et : pleure à lon aise, en te résienant Joxtélois à la volonté de Dieu. - ES » * — Och! je suis déjà résigné d'avance, reparlit lori- .ginal Indien, et, réflexions faites, je crois qu’il vaut mieux que je chante à son enterrement que-de pleurer." = Ma femme a vécu longtemps, c’estüne bonne créature ‘sans malice; je suis sûr qu’elle ira vers Dieu. Donc, je chanterai. Donne-moi vite un autre livre de prières, car le mien est tout usé ikkrèla.
"Pierre reçut ce livre. destiné à servie aux funérailles | desæfemmé Il s’en alla content, oublia-son livre dans E Euf € coin et renvoya son neveu à la mission, trois jours ‘= äprès, pour le chercher, afin qù ‘il lui fût donné de chanter aux obsèques de sa viellle qui, entre parenthèses, a enterré son singulier mari. | Des traits d'originalité de ce calibre ne sont pas rares L parmi les Dënè. Ils attestent une’ âme ingénue et un esprit'candide, types bien rares de nos jours. à
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