‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 78 sur 105 · KER GLACIALE · texte numérisé non relu

KER GLACIALE

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abrupto qu'il devait se rendre incontinent au fort des Liards pour y suivre le minisire, n'eut que le Lemps de faire ün petit paquel de quelques hardes, et de prendre ma place dans la barque qui m'avait amené.

Les adieux furent d'autant plus sommaires que la connaissance n’avait pas même eu le temps de se faire.

Après un voyage qui n'avait constamment tenu en haleine. pendant 133 jours, durant lesquels j’avais-cou—-- ché 72 fois sur la terre nue, j’éprouvais le besoin d'un peu dé repos, du confort d’une bonne maisom-tt Sur tout d’un bon lit. Au lieu de ces avantages, j'avais au sommet. d’un rivage haut.de quinze à.vingt pieds, dont l’emplacement avait été ravi à la forêt qui nous entourait, une simple tente de toile semblable à la

“mienne, placée entre une croix de bois et un échafaud = auquel pendaient tristement-par la queue, au-dessus . d’un petit feu de bois verl; ‘de gros poissons-btinies éventrés. : — “C'était mon nouveau domicile svus l'étoile polaire, celui qu’occupait déjà le missionnaire qui devait être” mon compagnon pour quelque temps.

Un peu plus loin on voyait surgir une loge pointue, en peaux enfumées, qui étail 1e logis de nos deux serviteurs,. le Beau-Chemin et. Tsinnayiné (lorphelin), deux : Sauvages du. grand lac des Ésclaves.-venus en ce

Ù lieu pour abattre re des sapins et construire deux ou.trois cabanes d’hivernement pour les missionnaires.

Notre seule consolation dans cet isolement c'était qu'en amont du Rapide, à seize lieuegide. chez nous, nous avions des voisins.au fort BR TA. Dans un.

: cas urgent nous aurions pu avoir recours à eux! | . Tout.autour de nous, aussi bien sur la terre ferme que sur l’archipel.qui nous entourait, on n’apercevait.

LE. GRAND LAf DES MAMELLES OU DES ESCLAVES. 927 ,

qu’une épaisse el noire forèl de sapins, pleine de silence, de mystère et d'épouvantements pour quiconque n’est point accoutumé à faire des bois sa résidence ordinaire.

Après avoir admiré tant de belles campagnes, lant de siles agrestes et pittoresques dans leur sauvagerie, le Rapide ne m'offrit qu'un séjour misérable, rempli

d’une mélancolie profonde. Fort heureusèment qué je

n'étais destiné à y demeurer que sept mois, el, pendant te laps de temps, je pus faire par deux fois le voyage du fort Résolution; mais il ne devait m'être donné de voir le fort Bonne-Espérance et les terres arctiques que deux ans après.

Un. CHAPITRE VI

nd mme ae

‘Un établissement dans Ja forêt. — Maisons à têtes-de-chien. —

Le dévoucment aux prises avec linhabileté. — Nos serviteurs.

& —Corbeaux el pies, — Nos constructions. — Arrivée de l’admi-

‘3 nistrateur du Rapide, — Vunité des sauvages. — Camoulets

et avanies. — On nous coupe l'herbe sous les pieds. — Départ pour l'ile de l’Orignal.

M. Lallongé parti avec la barque qui m'avait amené, je me trouvai en face d’un travail neuf pour mon inexpérience : la construction d’un grand établissement, jointe au manque de moyens matériels pour la mener à bonne fin. Pour la première fois je sentais en moi une incapacité et une impuissance nalives pour la Lbesogne qui m'était dévolué! Ne devient pas charpentier : qui veut. Tout le monde n’a pas:le goût de la hache et fa délectation du rabot."Aurais:je su manier ces outils, qu’aurais-je pu sans la moindre notion d’une construction à l'américaine, seul genre de demeures que nous pussions nous permettre d'élever a ant Fhiver?

ÿ La vue seule d’une de ces bäräque $décèle le, génie du peuple qui les inventa. Et pourtant, il n’est pas nécessaire pour cela de sortir de l’École polytechnique ou forestière. On les construit comme un bûcher. Empilez

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