VOYAGE EN BARQUE SUR LE LAC DES ESGLAVES
. L’Anglais sl généreux, c’est reconnu. 7
Seulement, dans les circonstances quiavaient précédé"
mon départ, il y avait eu tant d'ironic el de malveillance dansles allures de ces messieurs, que je n'étais que trop porté à voir du sarcasmë dans cetle réponse acerbe, J’eus certainement tort, et je me hâte d'ajouter que, par la
suite, je n’eus à constater d’impolitesse de leur part que «lin ès rarement.
ares !
Téctai.dé ne poinb loucher aux friandises telles que pain, beurre, crêpes, confilures, sachant de quelle rareté sont ces Ehoses ‘dans le Nord, même à la table des bourgeois.
M. CG. s’en aperçut :
— Well, Père, je crés que vous ne touchez pas à lé pin. Take some braid, and some préserve, sir. Mandgez beaucoup de cetle pain, peut éV ben Î’se passera longtemps before vous mandgez de loui, à lé Rapide.
Cétait une autre pointe -que je dévorai sans la
relever. Je ne sentais que trop qu'en nous établissant
sur cette côte solitaire, à l'entrée de l'hiver, sans y être pourvus des nécessités de Ja vie, el malgré ces messieurs, nous choquions toutes leurs susceptibilités en leur laissant supposer que bientôt nous leur imposerions la charge de nous y nourrir et de nous venir en aide. De plus, c'était obliger la Compagnie à construire en ce lieu un poste nouveau, puisque sa jalousie ne lui a
e lés missionnaires n’attirent les Indiens à eux pour com-
jamais permis de tolérer aucun établissement religieux
° mercer ou les détourner des forts anglais.
L’instant d'après, mon interlocuteur, convaincu de
la supériorité que lui donnait sur un jeune Français
mangeux d’ lard, le pain qu’il venait de lui donner,
Xüu souper, qui eut lieu à la Pointe aux Brochels, j’ af-
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Jr
116 EN HOUTLE POUR LA AÉH ULAGIALE. 9
ajoutait d'un Lon protecteur, dûng ‘son même jargon denbeanadien, deminglais : ee __ — Jé avais oudjours démandé à moë pourquoës loutes les gentlemen de lé Compagnie P parlaient toutes un 1 frunçuis ; ol pourquoës y en à pas heune {un) de leS Pôres françaises dans lé Norrd qui parlaienl € anglais. Gela était beaucoup sirandge; because. qunti.
# nua-til en anglais faute d'expressions où pour mieux faire passer la pilule, heause E suppose that you are us intelligent en as ourselres.
Sa supposilion impolie s'élevait d’elle-méme contre ce lémoignage plus que douteux qu'il rendait à notre intelligence, Je n'eus pas la palience d'endurer ce nouvel affront. 1l attaquait ma nationalité, Je répliquai done avee un peu d'émotion :
— Gela n'est pas aussi étrange, monsieur, que vous le pensez. Vous, marchands, vous êtes obligés de connaltre et de, parler le français. parce que ce fut fa langue des premiers possesseurs de ce pays; parec que c'est celle.dont les sauvages ont retenu le plus de lam- ‘heaux et. dont ils ont formé le jargon esclave qui a cours dans tous vos forts; enfin, parce que c'est la langue de vos suliordonnés, canadiens ct métis.
« Mais quel intérêt voulez-vous qu’aient des mission. naires français, venus ici pour évangéliser les sauvages, à apprendre lalangue des sujels- britanniques, qu'ils sa vent ne point appartenir. à l'Église’ tatholique, et qu’ils ‘ne cherchent point à convertir à leurs convictions ?
__ «Cestauxlangues sauvages quenous nous appliquou ; monsieur, et, de ce côté, si l’on deÿait établir comparaisont entre Îles: officiers. de l’ho e Compagnie et les prêtres français,-je suis loin dé penser que avanages demeurcrait aux premiers.