VOYAGER EN MARQUE "SUCRE LAU DES MAGLAVES
Mon interlocuteur ielandais resta coi, D'runiinnil une réponse el n'en trouvait point, M, L. vint àsonsecourx. en défendant Fancien‘ehel du distri Mackenzie, M A, si peu gloricusement révoqné par le gouvernour Sinpson. :
— Quant à moi, ditit, j'approuve fort la déterminulion qu'avait prise le chelfacteéur À. de ne répondre à aucune lellre qui lui était adressée, & moins qu'elle ne Fût écrile en anglais, Je voudrais faire revivre eelte oi . | ."
— Qui n'a jamais existé, me hAlai-je d'ajouter. En out cas, elle nous exemplerail décrire, pour ne pas nous exposer à des affronls inmérilés,
Le souper était fini: la conversation, déjà un peu tendue, en demcura 14 à ma grande salisfaelion, Les barques se séparèrent. Celle du fort laë doëbla l'île aux Bouleaux et prit le chenal oriental pour se rendre au “fort Big-Island: landis que ous doublämes nous-mûnes la pointe de la Grande Le, nous dirigeant vers les tles Desmarels par le chenal de l'Ouest.
I nous fallut six jours pour nous rendre de ee point à l'ile de l'Orignal. Pendant ce voyage, je dus rowpre deux autres lances avec le nouveau facteur en chef.du for{ Résolution, que sa nouvelle promotion avait rempli de suftisance. Il se montra Phomme le plus impoli et le plus intolérant que j'aie jamais rencontré parmi Îles Anglais d'Amérique. Son absence;de jugement et sa grossièrelé finirent même par provoquer plus tard son expulsion du sein de la Compagnie d'Hudson.
Et cependant, ce jee homme était dou£ d'excellentes qualités : il était adroil charpentier, hof ‘musicien, il jouait du violun d’après la note et’élail doué d’une voix juste el agréable. Il s’octupait d’ornithologie et
était un Nemrod consommé. Ce fut un grand malheur pour lui qu il fût né orangiste et qu’il eût si peu de jJudice.
Dans l'intimité du bivouac, sur les bords du grand lac des Esclaves, j'appris de sa bouche, en moins d'une heure, qu'il était né à Toronto, sur les bords du lac
Ontario, de parents écossais; qu’à l'âge de dix-sept,
ans il s'était engagé dans la Compagnie de la Baie d'Hudson ei avait été envoyé au fort Williams, sur le lac Supérieur, à l'embouchure de la Kaminislikwéya, où il passa plusieurs années dans l'intimité d’un missionnaire Catholique qu'il me représentait comme
habile en peinture, en musique et dans la connaissance:
des längues indiennes. I n'y a que des Jésuites dans
es parages; mais M. L. ne voulait pas que ce fût un
missionnaire de cet Institut.
— Jésuite ? Oh ! no, no, master Pétitolt. 1 était trop instruit, trop gentleman pour cela. .
— Mais, mousieur L., vous paraissez ignorer que les Jésuites comptent presque autant de savants, d’artistes, de mathématiciens, de poètes et d'écrivains qu'ils ont de sujets; et qu’il y a un très grand nombre de gentilshommes dans leurs rangs. - -
. « Pour ce qui est de la doctrine et de la direction, nul v’est plus coulant ni de meilleure composition qu’un Jésuite. Il serait absolument ridicule d’en faire des
rigoristes ou des fanatiques ‘On leur reproche précisé-
ment tout le contraire. 11 y a eu jusqu’à des rois qui les ont traités de démocrates régicides et communards.
: Impossible de le faire démordre, Le nom seul de Jésuite le faisait: rugir. 11 en prit occasion de tomber sur le pauvre asthmatique M. Grollier, le courageux pionnier des forts Bonne-Espérance ‘et’Mac-Pherson,