L. c’est-à-dire algonquine, hillinoise
Wolney donnait aux États-Unis et au Canada réunis une population peau-rouge de 180,000 âmes. Sir John Richardson comptait en Canada, en 1852, 17,709 sauvages. Le recensement de 1875 n'accusait qu’un chiffre de 14,580. Depuis l'annexion des territoires du Nord-Ouest au Domeine Canadien, ce nombre s'est élevé, en 1883, à 28,108 âmes, au maximum.
Les Iroquois du Sault Saint-Louis appartiennent, en grande majorité, à la tribu des Mohawks ou Agniés,
la plus féroce des cinq nations. Mais il s’en trouve aussi des autres et même quelques Hurons. L’entière population de cette paroisse indienne est de 2,200 âmes. Sur ce nombre, on m’a assuré qu’il n’y avait que cinq familles qui fussent issues de pur sang iroquois sans aucun mélange de sang blanc. Si ce fait est vrai, comme je le crois, il prouve une fois de plus que le métissage est beaucoup plus considérable en Canada qu’on ne l’imagine en Europe et que ne l’avouent surtout nos bons compatriotes d’outre-mer.
Il est inutile de dire que les [roquois de Kahnawaké sont tous d’anciens chrétiens. Ils ont adopté des habitudes encore plus sédentaires que celles qu’ils tenaient de leurs ancêtres. Ainsi ils sont tous propriétaires de maisonnettes propres et bien construites, qui sont alignées en rues et offrent l’apparence du bien-être et de l’aisance. Ils possèdent des meubles, des vêtements européens, des instruments aratoires, et les machines nouvellement inventées. De plus, ils occupent une réserve de terrain inaliénable, considérée comme une seigneurie et qui est encore telle que le gouvernement français la leur avait jadis octroyée. Seulement, comme les Peaux-Rouges sont considérés comme mineurs par la loi, ils y sont tenus en tutelle par leur curé, de crainte qu’ils ne vendent leur belle propriété pour des bagatelles.
Il m’a paru y avoir peu de goût pour le travail, l’industrie et l’agriculture, chez les Iroquois. A l'exception d’une étroite lisière de terres cultivées, le reste de leurs biens est en friche et couvert de forêts où l’Indien bûche son bois de chauffage, chasse et fabrique du sucre d’érable, une industrie éminement canadienne.
Les essences de cette forêt sont l’érable à feuilles de