‹ En route pour la mer Glaciale [microforme]Chapitre 19 sur 93 · Le Cultivaleur, septembre 1882, passire · texte numérisé non relu

Le Cultivaleur, septembre 1882, passire

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pour nous diriger vers La Crosse, sur le Missi-Sipiy.

Le sol est partout riche et fertile, ainsi que l’indique le mot Milwaukee qui, en tchippeway signifie bonne terre‘. C’est unterreau noir et odorant, analogueà notre terre de bruyère. Nous le retrouverons dans les vastes rairies de l’Ouest. On y pratique la culture sur une très vaste échelle.

A Portage-City, un gongretentissant nous convie à un déjeuner à la chinoise qui nous est servi dans le refreshment room de l'hôtel du chemin ‘de fer. Il est souvent très difficile, dans les États, de trouver une gare. L'édifice qui porte ce nom ou plutôt celui de dépôt n’étant le plus souvent qu’un simple petit hôtelrestaurant desservi par de grandes filles efflanquées et sans tournure, vêtues comme des poupées et sérieuses comme la papesse Jeanne. On y est écorché de main de maître. Le plus simple meal s’y paye 75 cents. A la vérité cette somme équivaut, en Amérique, à 15 centimes de notre monnaie payés chez nous. Mais pour le touriste français, elle n’en est pas moins 15 sols, soit 3 fr. 75. Or à ce prix, à Paris, on peut faire un repas copieux et d'excellente qualité. En Amérique, où je n'ai jamais pu trouver à en faire à meilleur marché, on a pour cette somme : un affreux bouillon d'eau chaude poivrée dans laquelle nagent des huîtres bouillies, quelque chose d'horripilant ; plus quatre ou cinq soucoupes chinoises qui contiennent : l’une un parcimonieux petit morceau de roastbeef de trois centimètres carrés ; une seconde, deux cuillerées de flageolets sans aucun assaisonnement; une troisième, une petite pomme de terre bouillie; une quatrième, quelques

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