Les Illinois des Français
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rivière Winipeg dont les prêtres français ne purent jamais venir à bout; peut-être faute d’avoir eu assez de patience. Leur mission de Wabassüiong dut être abandonnée.
Actuellement, les Cris ou anciens Cristineaux se divisent en : 10 Paskwaw hiyiniwok ou gens des Prairies de l'Ouest; 2° Sipio hiyiniwok ou gens de la rivière Saskatchewan; 3° Mamik hiyinirok ou gens d'en bas, c’est-à-dire des prairies situées au sud des Saskatchewan ; 4° Sakaw hiyiniwok ou gens des forêts de l'Est ; 5° Sasittawarw hiyiniwok ou gens du lac de lIsleà-la-Crosse; 6° Ayabaskarw hiyiniwok où gens du lac Athabasca *.
Collectivement, les Cris se donnent aussi le nom de Ayis hyiniwok ou hommes ressemblants, ainsi que celui de Néhiyawok ou hommes proprement dits.
Les O’tchippways ou Saulteux, ainsi que les Machkégons ou Savanais, appartiennent aussi à la même famille. Les premiers se donnent le non de Anich-innabey (au singulier), ou les gens trois fois hommes. Ils s étendent du lac Supérieur au lac aux Brochets. Les seconds s’appellent eux-mêmes Hithinire (au singulier). hommes, et Omachkégowok ou gens qui habitent les savanes de lichen.
Il existe sur la côte orientale de la Mandchourie, à l'embouchure du fleuve Amour et dans la grande île Saghalien ou Tarrakaï des tribus tartares appelées xhilliaks, qui se donnent elles-mêmes le nom de Khillini ou Ghillini. I serait curieux de les comparer aux
+ 4. A. Lacombe, Dictionnaire et grammaire des Cris. Introduction, x.
Hillini qui nous occupent et dont les traditions font mention d’une grande île occidentale où ils auraient x
habité jadis.
Le 12 juin, après que nous eùmes pris notre P déjeuner dans l'archipel des Renards, la vieille Gibotte | le daigna faire sentir son souffle et reposer nos hommes. # Ce n'avait pas Cté faute de l’invoquer. Désireux de ne | pas laisser per: e l’‘lément qui les favorisait, je vis de |. naïfs Métis se ver et se hâter d’enfoncer une alène L dans le mât de notre barque. |
D'autres suspendaient leur mouchoir à un cor- | 1 dage.
— Que fais-tu là, Pierre? demandai-je à celui qui se livrait au premier de ces actes superstitieux.
Le Métis rougit et répondit :
— Je viens de collouer (clouer) le vent après le mât, vous voyez ben.
— Et tu espères l’y fixer de la sorte?
— Les chavages ça dit ça, me répondit le jeune
homme. Puis, s’enveloppant dans sa vieille couverture, d il s’étendit sur les colis pour dormir.
—- À quoi sert le mouchoir attaché à la bouline, q Baptiste? demandai-je à notre cuisinier. le — Pour amuser le vent, répondit-il avec la même simplicité. 3
Par là je jugeai que ces gens ignorants ont autant
de foi dans les contes superstitieux de leurs grand’- À
mères peaux-rouges, que dans l’Evangile auquel | crurent leurs pères.
Mais il n’y a rien d'étonnant en ceci lorsque l’on songe (
4. Emite Petitot, Traditions indiennes du Canada N.-0, Tradie ;
tions des Cris,
s font que nos paysans en sont au même point que ces bons raient : Métis, après quatorze siècles de civilisation.
| Par le fait, il y a bien peu de Bois-Brûlés qui n’aient
notre pas une foi entière dans la magie, la sorcellerie et toutes
ibotte les prétentions des chamans indiens. Ils préféreront
imes. avouer que la science de ces gens ignares est condam-
de ne | nable et diabolique plutôt que de la leur dénier. Ils se
vis de | scandalisent même de nous en voir rire et plaisanter.
alène Le sauvage est ainsi fait. Il aime mieux passer pour
méchant que pour imbécile. Il préfère faire parler de
COT= | lui en mal que de n’en point faire parler du tout.
Que de gens sans principes bien définis en sont au même point parmi nous!
À Pextrémité du lac Winipeg, nous entrons dans le fleuve Bourbon ou Katchawan qui en est le déservoir commeilestla continuation de la rivière Kisiskatjiwan. Or nous montre l'emplacement d’un ancien fort français sur une pointe herbeuse. C’est celui dont parle
qui se | eune La Vérandrye père quand il dit qu’ « au bas de la rivière
mât,
ure, de Paskoïac il y a un fort français ».
Nous traversons ensuite une expansion dudit fleuve qui porte le nom anglais de Play green lake, mais que les Canadiens appellent le lac Pelé ou Péré.
Au lac Pelé fait suite le lac De la Croix qui doit son nom à l’explorateur français dont j'ai parlé ailleurs. Ce lac s'appelle maintenant Cross lake. C’est ainsi qu’en falsifiant la géographie on parvient à faire oublier
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tuel | l’histoire.
| La proximité des côtes de la mer d'Hudson, dont les ge eaux sont encore couvertes de glaces, nous valut une
brume si épaisse que l’on ne sefvoyait pas de l'arrière à l’avant des barges. Naturellement, elle fit tomber le
lie 7 vent en dépit des invocations à Gibotte et des alènes
n’entortiller dans mes couvertures, et ne conservai d'autre souvenir de ces parages maussades et marécageux que les cris assourdissants et lugubres des grands plongeons imbrim, — l'ümbrium divina avis d’Horace, — qui, de nos jours, comme dans l’antiquité, paraissent être pour les mariniers un signe de vent qu’ils accueillent avec allégresse.
Cum medio ecleres revolant ex æquore mergi, Clamoremque ferunt ad liltora.…….
Le lendemain, 13 juin, nous atterrissions au fort Norway-House ou de la rivière aux Brochets.
Norway se compose d’un parallélogramme de 150 pieds de côté formé par ües palissades de 18 pieds de haut, jointes aux quatre angles par de petites cabanes en troncs d'arbres équurris, percées de meurtrières et coiflées d’un petit toit à quatre paus. Ge sont les bastions de la rustique forteresse. Ils servent d'ordinaire de lieux d’aisance ou de débarras. La porte d’entrée, fermée par de grosses barres cadenassées, s’ouvre dans une tour carrée également en troncs d'arbres et haute de 30 pieds, que l’on nomme le blockhaus. Elle est surmontée du drapeau d’Yorktimbré des initiales de l’Honorable Gompagnie, II. B. C. Une poignée de soldats viendrait à bout d’un tel fort en trois minutes.
L'intérieur de cette factorerie, plus semblable, on le voit, à une hacienda du Texas qu'à une forteresse, se compose d’un préau sur trois côtés duquelsont disposées des maisons en arbres équarris, revèlues d’un lambrissage en planches à déclin. Il y a la demeure du cheffacteur, celle des commis, la cuisine, les magasins et le hangar aux provisions. Les cases des serviteurs sont
piquées dans les mâts. Glacé par ce brouillard, je dus
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LE LAC WINIPEG ET LE FLEUV£S BOURPCK. 223
ordinairement renfermées dans la même enceinte. Ici
elles sont placées en dekors, du côté qui envisage la mission méthodiste de Rosville dont on voit les toitures d’écorce et les blanches murailles. Elle est peuplée de Savanais.
C’est dans cette réduction que feu le Rev. Éva inventa les caractères d'écriture indienne qu’adoptèrent depuis lors tous les missionnaires du Canada.
Le site de Norway est pittoresque et beau pour le coup d’œil. Il me rappelle cette phrase naïve de Charlevoix parlant du fleuve Bourbon, sur lequel cette factorerie est située : « Ils assurèrent que cela est dans un bien beau pays. » J’eus le malheur de féliciter l’inestimable M. Sinclair, facteur en chef de Norway-House, de couler ses jours dans ce si beau pays. Je ne réussis qu’à soulever chez l’atrabilaire Métis un mouvement d’indignation qu’il ne prit pas même la peine de dissimuler :
— Comment. s’écria-t-il, en me fixant dans Îles yeux pour s'assurer si je ne me moquais pas de lui, comment, vous osez appeler cela « un bien beau pays » ? Mais, monsieur, i! n’y pousse pas une patate! On n’y voit que des roches et des maskegs!
Je compris tout de suite que le vieux gentleman ne savait pas distinguer etre riche et beau, et que je ne réussirais qu’à l’irriter davantage si je voulais appuyer sur cette distinction. D'ordinaire, les gens pratiques se laissent peu toucher par les beautés de la nature, quand ils n°’y trouvent pas en même temps l’avantage de leur bourse et celui de leur estomac.
En bon Écossais, M. Sinclair nous reçut pourtant avec hospitalité. Il nous admit à sa table et nous donna un appartement dans le fort, en attendant que nos barges
eussent COmplété leur Chargement Pour le Portage-la. Loche, Pendant les repas, nous avions Pour vis-à-vis deux Ministres Prolestants dont l’un était notre com- Pagnon de voyage. Tnvariablement, ceux-ci disaient le bénédicité el nous récitions les grâces (40 return
+ On ne peut demander Plus de tolérance de la Part d’adeptes de John Knox.
Pagnie de la baie ig Sa maison de Londres, ainsi que Marchandises que celle-ci envoie d’Angle-
exercices Subséquents. Le 8Ouverneur qui siège au fort Garry
ous les facteurs en chef des districts pelleti I en Conseil. Celui du
la machine OMpagnie de Ja baie d'Hudson :
du gouve
administrative de la
Pneur sont les facteurs en chef,
; teurs, les Commis et les maîtres d ;
deux quatrevingt Cinquièmes des retours ou profits nets. Les fa
Commis (clerks) Salaire qui varie de 1,800 à 2,500 fr
675 francs, et
; ilS couchent un ancs. Les apprentisles chefs de poste de
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Les autres serviteurs de la Compagnie de la baie d'Hudson sont : les interprètes, qui reçoivent de 750 à 1,000 francs; les guides, 1,000 francs; les timoniers, 700 francs; les serviteurs et voyageurs, de 400 à 600 francs. Dans tous ces salaires, la nourriture, le logement et les déplacements ne sont pas compris.
On appelle retours (returns), les quantités de pel!eteries et autres marchandises indigènes que produit annuellement chaque fort de traite ou chaque district. A ce terme correspond celui de outfit, qui caractérise le lot de marchandises anglaises qui est alloué annuellement à chaque fort ou à chaque district pelletier.
La Compagnie de la baie d'Hudson opère avec un capital de 12,500,000 francs seulement. De nos jours, cette somme constituerait chez nous un budget assez mince. Les actions en sont réparties irrégulièrement entre plus de trois cents membres. Les dividend»s se prélèvent sur les profits nets; les dépenses, salaires et intérêts de cinq pour cent des sommes en circulation, sur les profits bruts.
Les profits nets sont divisés en dix parties égales dont les six dixièmes sont alloués aux 300 actionnaires, et les quatre dixièmes restant subdivisés en quatre-vingtcinq parts de 7,500 francs chacune qui sont réparties parmi les facteurs en chef, les facteurs et les traiteurs en chef de la manière que j’ai dite plus haut. Ces parts continuent à leur être payées entières l’année qui suit leur retraite, et à moitié les six années suivantes.
L’étalon monnaie, pour la traite des fourrures, est le castor en pelu ou peau de castor avec poil (made beaver), dont le prix est évalué à 2 schellings soit 2 fr. 50. Les viandes et autres provisions s’évaluent d’après le castor
dépouillé qui est dit alors castor en viande. Son prix est 13,
d’un schelling (1 fr. 25). Depuis que le commerce est libre, que l’argent circule de partout dans ie Nord-Ouest et que la concurrence a modifié les prix des fourrures, les tarifs ont changé trop souvent pour qu’il soit expédient d’en fournir la nomenclature.
La peau du castor est cependant encore appelée pelu par les :létis du grand Nord et, pour eux, ce mot est synonyme d'argent comme il désigne aussi les fourrures précieuses. Faire du pelu signifie aussi bien réaliser du numéraire que travailler à la recherche ou à la traite des pelleteries.
Nousallionsrepartir deNorway: les bons Mélis, réunis autour d’un grinceur de violon, dansaient la gigue chère aux matelots français, lorsque leur divertissement fut interrompu par des cris et des menaces qui partaient du blockhaus. C'était un forgeron anglaisnommé Edward Bedson, engagé pour le Mackenzie, qui élait l'objet de cet émoi.
— Non, sir, criait-il sous le nez de M. Sinclair, rouge et piété comme un coq: non, vous n'avez pas le droit de w’obliger à touer une barque ni à porter des colis. Le cas a été prévu par mon contrat d'engagement. I an not a green hand, sir. |
— Votre contrat! votre contrat! ripostait le vieux gentleman, il s’agit bien ici de votre contrat!... Si vous ne voulez ni ramer ni touer votre barque, vous serez mis aux fers et vous aurez l’agrément de vous en aller enchainé comme un rebelle. À moins que vous ne préfériez faire connaissance avec la geôle du fort Garry.
— Est-il possible que vous compreniez ainsi la Jjustice ? reprenait l’ouvrier. N’avez-vous pas pris connaissance de mon engagement? Je me suis mis au service pour deux ans à titre de forgeron-mécanicien, mais à
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condition que l’on ne pourra exiger de moi le service d’un marinier, d’un portefaix, ni d’un voyageur, enfin aucun ouviuge qui ne serait pas de mon ressort. Est-ce vrai ou non ?
— Of rourse, it is, s’écriait le petit boiteux de sa voix stridente, On en dit autant là-bas à tous ceux qui prennent du service. Mais pourquoi avez-vous la sottise d'ajouter foi à tout ce qu’on vous promet, en Angleterre ? Ici, c’est une autre histoire. Il faut faire comme tout le monde, sans quoi... »
Il n’acheva pas, mais il donna assez à entendre que les facteurs du Nord-Ouest ne se croient nullement tenus d'accomplir ce que d’autres ont promis pour eux, à Londres ou à La Chine. Ils prennent seulement l'esprit de ces contrats.
En faisant cet aveu, M. Sinclair venait de se mettre le doigt dans l’œil. Aussi Bedson, un ouvrier accompli et qui n'avait pas froid aux yeux, en profita-t-il pour presser le vieux bourgeois, dont il obtint, finalement, l’exemption des touées et des portages Mais il ne put le faire consentir à le dispenser de ramer ni de porter son propre bagage.
— Ce jeune homme a pourtant raison, me dit en français M. Anthony Mackenzie, un facteur métis récemment arrivé du grand lac des Esclaves. Tous les contrats des forgerons et des charpentiers qui s’engagent pour le Nord-Ouest stipulent expressément qu'ils ne seront employés qu’à des travaux qui ressortissent de leur état. Arrivés sur les lieux, c’est tout autre chose. Mais il ne faut pas croire, monsieur, qu'ils soient plus mal partagés que les autres. Les commis eux-mêmes ne font pas exception. Nous passons tous
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n’est point de serviteur
8nie qui ne soit trompé, C’est un
Contrats d’engag naïve un pa
de la Compa- Pur racollage que nos ‘evoir à Ja Jeunesse une honnûte
qu’elle Peut, sauf à vous
autant d’Ecosse Où sur
ans vos Montagnes Cades pour peu que » C’est une triste vie Pasnie d’Hudson’s
Ce témoignage, je n’ai Commis, yn seul servite en {ous points.
Le 14 juin no Sämper à l'emb
P2S vu un seul] facteur, un seul ur qui ne me l’aient Confirmé
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Se pour aller Ouchure de la
Saskatchewan.
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