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CHAPITRE II

Une peuplade de Savanais. — Le Grand-Rapide ou Kisiskatjiwan. — Flore alpestre. — Otchippways chrétiens, — Lacs et forts Bourbon. — Rivière Paskéyaw. — Le pémican ou taureau. — Rivière du Pas. — Découvertes des Français sur la Haute Saskatchewan. — Fondation des forts La Corne et La Jonquière, — Massacre de onze compatriotes, à la Butte des Français.

Notre apparition dans les eaux de la Saskatchewan occasionna un sauve-qui-peut général dans une peuplade de Savanais campée sur la rive gauche. Du plus loin que ces Indiens nous aperçurent, ils s’enfuirent dans toutes les directions, traînant par les ouïes ou portant sur leur dos nu de gros esturgeons, fruit de leur pêche, qu’ils se hâtaient de soustraire à la rapacité des Métis affamés de poisson.

Quelque promptitude qu’ils missent à nous dérober leurs provisions, ils avaient é.4 vus. À mes yeux, cette panique n'était pas favorable à l’honnèêteté des équipages des barges.

— Ah! les crabes, s’écriaient les Métis indisposés. Voyez donc comme ils charrissent leur saint crépin dans le bois-fort. On va vous les faire cracher, vos esturgeons, attendez un petit brin, mes gars.

Ce disant, ils faisaient force de rames pour atteindre les loges avant que leurs habitanis féminins les

eussent entièrement dépouillées. Alignés sur le rivage ven comme des pingouins et tenant à la main de longues Ia

gaules décortiquées, les hommes de la peuplade nous attendaient. Fa

— Ont-ils envie de nous attaquer, par hasard, avec pa leurs lances ? demandai-je à notre gouvernail. Il se mit à rire.

— Non, Père: c'est des pàârches qu'iveulent nous vil vend'e pour pärcher dans les rapides. Lfaisent to: ‘ours comme ça à chaque coup qu’on passe. On l’est toujours Ki assuré d’avoir des belles pârches à cté village icitt. Û

— Bon! De la sorte vous n'aurez pas de poisson. î

— C’est ce qu’on va voër. Au lieu de vivres n’avoir k. que des bouts de bois à nous offrir, c'est trop fort! Et : nous aul’ qui leur charrissons leurs ammonitions de chache ‘ et toute le butin ? que icur donne la Compagnie! Ah! ben, ils sont trop avaricieux. cté chavages

machkégons *. Faut leur z’apprend’ un petit brin de ) politesse. Gr Aussitôt, les barques sont lancées à la côte, et les pr Métis, sans avoir égard aux perches qu’on leur pré- ] sente, escaladent les talus rapides des hautes grèves et Cri se répandent dans toutes les directions en poursuivant Te les squaws éperdues. au En vain les Savanais protestèrent-ils qu’ils étaient Siv dans le dénuement et n'avaient pas de poisson à ven- dis dre; l’instant d’après, les Métis revenaient en poussant en des cris de joie et de grands éclats de rire, remorquant pé Co

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