Ibidem, page G
rivière Pasquia, à son confluent avec la Saskatchewan était celui du Pas, dont je parlerai ci-après. Mais il est certain aussi que, dans le document ci-dessus, Varennes de La Vérandrye père applique à tort le nom de Paskoïac à toute la rivière Saskatchewan; parce qu'il n’en avait pas une idée bien correcte, faute de l'avoir vue.
Sir John Franklin qui, le premier, fit mention de la rivière Pasquia, l’écrivit Basquiau. Une longue colline qui sépare la Saskatchewan de la rivière Carotte, en formant la vallée de ces deux cours d’eau, reçut aussi le même nom fautif.
Il devient nécessaire de rétablir l'orthographe de ce nom si souvent défiguré et d’en donner la véritable étymologie. On doit l'écrire Paskéyaw, ce qui signifie : [Il y « embranchement, soit parce que ce cours d'eau est un ancien lit de la Saskatchewan, soit parce que son embouchure dans cette rivière est peu éloignée du confluent de la rivière Carotte ou des Racines ainsi que d’un troisième petit cours d’eau ; ce qui forme en ce lieu une patte d’oie de cinq courants.
La racine crise du mot Paskéyaw est Pask qui . le sens de se diviser, fourcher, se séparer '. L'opinion de M. W. Pearce, surintendant des mines, en Canada, qui traduit Pas par étroit, et pas-quia par une suite de coteaux étroits *, n’est donc pas admissible et ne saurait être justifiée par la linguistique.
Dans le lac Bourbon, je pris un excellent bain avant le dîner, mais je ne pus avaler celui-ci. Nous n’avions déjà plus ni pain, ni œufs, ni langues fumées. Baptiste
1. A..Lacombe. Dictionnaire cris, page 540, 1“ colonne. 2. Rapport annuel du ministère de l’intérieur. Ottawa, 1884, page 920.
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nous avait donc apprêté un réchaud de pémican que que j’essayai vainement de manger. Le pémican (pimikkdn) est, comme on le sait, un mélange à parts égales de viande sèche pilée et de suif fondu, renfermé dans un sac de cuir et soigneusement tassé. Les Métis le désignent plus communément sous le nom de taureau. Qu nd on prononce devant eux ce mot, qui est si mal soncant en certains pays, ces bonnes gens l’entendent toujours du pémican. Quant au quadrupède de même nom, c’est pour eux un faureau de vache. Les Métis n’ont qu’un seul mot français pour désigner chaque chose ou chaque action. Mais ce mot, leur vient toujours sur les lèvres sans qu’ils aient besoin de le chercher, comme nous le faisons souvent.
C’est là une faculté propre aux sauvages.
Ainsi véler pour les Métis signifie mettre bas, toutes les fois qu’il ne s’agit ni d’une lice ni d’une jument; parce que, dans ce cas, ils emploient les verbes chienner et poulicher. Mais pour tout autre animal ils se servent du mot véler. Ainsi ils diront : ma moutonne, ma chatte, ont vêlé. On m’a même assuré avoir entendu dire à une Canadienne que sa poule venait de vêler!
Donc, un réchaud de taureau c’est du pémican concassé, émietté, mélangé avec un peu de farine et d’eau, et frit dans la poële. On y ajoute du sucre, de la mélasse ou des baies sauvages, au choix. C'estun mets substantiel et très nourrissant, mais des plus malsains et des plus indigestes. Quand on n’a pas d’autres provisions que du taureau, mieux vaut le manger cru que de le faire frire, ou bien le faire bouillir avec de la. farine d'orge. C’est ce que l’on appelle du rababou.
Sur le soir, le vent fraîchitet se changea en un ouragan qui nous permit de courir grand largue, sous deux
ris. Le lac Vaseux, de bleu qu’il était avait pris une belle couleur d’encre. Ilse creusait et se secouait comme s'il eût voulu nous donner un échantillon de son pouvoir, au cas où i] lui aurait plu de se mettre en colère. Nous le traversämes avec une vitesse plis grande que celle d'un bateau à vapeur.
— La rivière Du Pas! s’écrièrent les :‘étis, comme nous rentrions dans le courant bordé de grands arbres. Ce n’était pourtant pas la rivière Paskéyaw.
— Et la Saskatchewan où donc est-elle? demandai-je à l’un de nos gens. Le ministre nous a dit avant-hier que nous allions la remonter.
— Ÿ à pas de rivière qui s’appelle de même. Ça c’est la rivière Du Pas. On connaît que ça, nous autres.
Yelle fut la réponse des Métis. Et de fait, à cette époque, il n'y avait que les Anglais, dans le Nord- Ouest, qui parlassent des deux rivières Saskatchewan, celle du Nord et celle du Sud. Pour les Métis et les Canadiens issus de notre sang, le premier de ces deux cours d’eau c'était la rivière Du Pas: le second, la Fourche des Gros-Ventres.
Lorsque le chevalier de La Vérandrye découvrit la Saskatchewan du Nord, en 1741, il lui donna lenom de sa mère Marie-Anne Dandonneau du Sablé de l’Isle-du- Pas, flic du marquis de ce nom. Cette rivière doit donc porter ce nom d’autant plus légitimement que le mot Saskatchewan est un tronçon de mot cris dépourvu de toute signification, à l'instar de tous ceux que fabriquent de plus en plus les Américains. C’est Kisiskätjüvan qu'il faudrait l'écrire, c’est-à-dire le Rapide‘.
Depuis sa source au pied du mont Hooker, dans ies