‹ En route pour la mer Glaciale [microforme]Chapitre 48 sur 93 · De Paskéyaw, embranchement, et Espatinds, butte, en eris · texte numérisé non relu

De Paskéyaw, embranchement, et Espatinds, butte, en eris

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un affluent de ladite rivière, un peu en amont de la Puskéyaw. L'union de ces deux cours d’eau forme donc une grande ile sédimenteuse connue sous le nom d’ile des Pins, bien que l’on n’y voie que des sapins blancs.

Toute cette région est sujette à des fluctuations incessantes qui en changent et modifient l'aspect. En 1875, un autre chenal s’ouvrit dans la Saskatchewan, au lieu dit la Pointe aux Maringouins, sur la rive gauche, et fit brusquement irruption à travers les forêts pour déverser le trop plein des eaux ce cette rivière dans le lit de la rivière Maligne. Ce nouveau chenal a pris le nom de ia Tranchée. Le résultat en a été que la rivière Maligne, dont les eaux étaient toujours basses, est devenue navigable aux bateaux à vapeur; tandis que la portion de la Saskatchewan comprise entre la Tranchée et la rivière Carotte est menacée de se dessécher entièrement. Naturellement, le canal naturel Sipanok a dù s’en ressentir. C’est à un phénoméne semblable que la rivière Paskéyaw doit son nom.

Du temps de La Vérandrye, les Pères de la Compagnie de Jésus avaient établi une mission au fort Du Pas. Après le traité de Paris, en 1763, ils évacuèrent leur établissement et se retirèrent à la suite des Français, en ayant soin d’enfouir sous terre le matériel du culte renfermé dans des coffres. On n’a pas retrouvé ce trésor. Longtemps après, des prêtres canadiens entreprirent de relever l’antique mission Du Pas. Mais l’un d’entre eux, M. Darveau. ayant été tué par son guide tchippeway, la mission fut abandonnée et passa aux anglicars, en 4840. |

Le chevalier de La Vérandrye et son cadet Pierre de Varennes ne se bornèrent pas à fonder les forts Bourbon et Du Pas. Entre 1744 et 1748, ils remontèrent la Sas-

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katchewan jusqu’à sa jonction avec la Fourche des Gros-Ventres, et construisirent à Nipéwin, le Lieu du sommeil (ou Népawin, la Grande vue), le fort La Corne en l'honneur du lieutenant colonial de ce nom. Ce poste est situé à 108 lieues du Pas et 167 du lac Winipeg. Il paraît que les PP. Jésuites s’y étaient également transportés; mais ils ne s’y établirent pas.

Les frères La Vérandrye avaient conçu le projet de remonter la rivière Du Pas jusqu’à sa source, de traverser les Montagnes Rocheuses, et de se rendre au Pacifique par leur versant occidental, ainsi que le réalisèrent plus tard Lewis et Clarke, Palliser et lord Milton. Le changement de gouverneur ne leur en donna pas le temps. Nous avons vu comment l’amiral de La Jonquière les destitua, en 1750, pour leur substituer Le Gardeur de Saint-Pierre.

Celui-ci ne fit absolument rien dans le Nord-Ouest. Il s'établit paisiblement au fort La Reine, comme nous l'avons vu, au Portage de la Prairie, avec le P. de la Morennerie, et envoya, le 29 mai 1751, son neveu, le lieutenant baron de Niverville, au fort Du Pas avec l'ordre de mettre à exécution le projet des frères La. Vérandrye.

« Le baron de Niverville, rapporte Le Gardeur dans une lettre qu’il adressa à son protecteur, fit partir dix hommes en deux canots, lesquels remontèrent la rivière de Paskoya jusqu’à la montagne de Roche, où ils firent un fort que je nommai La Jonquière, et un amas considérable de vivres, en attendant M. de Niverville qui devait partir un mois après eux ; ce qu’il ne put faire à cause d’une grande maladie qu’il eut. J’appris par les hommes revenus de son fort, qu’il y avait peu à espérer qu’il relevât de cette maladie; ce à.

quoi j’ajoutai foi, ses forces ne lui ayant pas permis de m'écrire un seul mot!, »

Dans cette lettre, la Saskatchewan, ou rivière Du Pas.

est de nouveau confondue avec la rivière Paskéyaw. & sont Ceci me porte à croire que ce dernier cours d’eau aurait pu cont

été, à cette époque, une branche et peut-être la princi- 4 cipale artère de la Saskatchewan qui, par suite de l’ob- U. vent turation de ce chenal à son entrée supérieure, aura È à 6 reculé son lit vers la rivière Carotte en déterminant la si dept saignée Sipanok ; de mème que, de nos jours, ce dernier ji

chenal s’est comblé et que la Tranchée en s’ouvrant a reculé d'autant vers le nord le lit de la rivière Du Pas, au fur et à mesure qu'elle envase les bas-fonds méridionaux. Il n'y a rien là que de très probable.

Quant au fort la Jonquière, il devint A/ton House, poste anglais situé à 32 lieues seulement des sources de la Saskatchewan. Il à été abandonné il y a dix ans.

Le Gardeur de Saint-Pierre ayant résigné sa place entre les mains du chevalier de La Corne, l’année suivante, il ne fut plus question d'aucune entreprise de découvertes faite par des Français dans ce pays. Il est probable que M. de Niverville mourut au Pas, puisqu'il n’en est plus parlé. Cependant je désirerais vivement éclaircir le fait du massacre de onze Français sur la butte de ce nom (Wémistakousix Espatinäs) par les Indiens Brochets. Ces malheureux appartenaient-ils à l’expédition qui construisit le fort LaJonquière, ou bien était-ce M. de Niverville lui-même et ses gens lorsqu'ils allèrent rejoindre les premiers, conformément à leur conven-

1. Pierre Margry, Découvertes et établissements des Français en Amérique. Paris. 4886, t. VI, p. 642. ”

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tion? Je ne serais nullement étonné que tel fût le cas. Voilà ce qu'il faudrait élucider,

Les Brochets ainsi que les Cris du lac la Grenouille sont restés la lerreur de ces parages, par leur animosité contre les voyageurs dont ils rançonnent les caravanes.

Le 22 juin au matin, nous quittions le Pas avec mn vent favorable qui nous fit atteindre le fort Cumberland à 6 heures du soir, après avoir franchi 220 lieues depuis Saint-Boniface.

Le fort Cumberland s'élève sur l'ile des Pins. I fui construit en 1774, par Samuel Ilearne, à son retour üe l'expédition de la Coppermine, pour le compte de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Cette même année le capitaine Cook découvrait l'Alaska.

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