‹ En route pour la mer Glaciale [microforme]Chapitre 52 sur 93 · BE 2S · texte numérisé non relu

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pêcher et qu'ils vont gruger sur une pointe de roc s0litaire. Ceux-ci perchent sur un récif battu par les vagues avec une gravité tout: philosophique. Ceux-là, reposant leurs énormes mandibules sur une épaule, réfléchissent avec quiétude à l'instabilité de leur humide élément.

Les Dènè appellent cet oiseau ÆEdu-tchôr, grande gueule. Nom assez pittoresque et bien approprié.

Le long de la rivière La Pente nous traversons successivement les lacs des Iles, Héron, Pélican et des Bois, qui sont de vastes expansions de ce cours d’eau. Ils apportèrent quelque soulagement aux Métis en nous permettant la navigation à la rame et même à la voile, sans avoir à lutter contre un courant rapide. À partir du lac des Bois, l’eau devint même tout à fait stagnante. Cette région est du plus haut pittoresque, mais les eaux y engendrent des légions de marirgouins dont les piqûres aflolent. On en rencontre de plusieurs variétés : la plus nuisible et la plus grande est zébrée de jaune et de noir comme de petits tigres ailés.

Fort heureusement que la Providence a pourvu à la destruction de ces vampires en leur envoyant des légions d'oiseaux : martinets, engoulevents, mésanges, pies, etc., qui leur donnent la chasse à outrance. Mais il n’y a point d’être qui rende de plus grand service à l’homme, en s’acharnant contre les cousins, qu’une espèce de libellule grise au corps plat (Agrion cyathigerum). Elles se montrent par milliers au-dessus de l’eau, luttant entre elles dans cetie guerre bienfaisante dont la nature les a chargées.

Le matin et le soir, je prenais plaisir à observer le vol des mangeurs de maringouins. Les Métis donnent

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