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ce nom à un engoulevent qui monte dans la nue par lignes brisées en jetant un cri aigre, puis s’en laisse retomber come ur bo'ide, à la façon de notre alouette. Aussi + «ne ls nomment-ils Féta-olshær, celui qui tombe &:: 2: Ils ont remarqué que cet oiseau abandonne de bonn: eure sa progéniture. Ils en ont donc fait l'emblème des parents dénaturés. Fétaolshær lantté sin, disent-ils d’un père ou d’une mère sans cœur, ils est semblable à l’engoulevent.
Cette longue navigation peut se résumer en quelques panoramas qui auraient fait les délices d’un ‘paysagiste. J'y pris plusieurs croquis, mais non pas tous ceux dont j'aurais pu enrichir mon album. Au portage du Pélican, par exemple, la Pente est commandée par deux mornes de hornblende presque perpendiculaires, noirs, lugubres et couronnés d’antiques sapins. Des roches détachées des hauteurs obstruent le cours de la rivière. Il faut y traîner les barges, faute d’eau. Ce dédéfilé franchi à pied, nous nous trouvons tout à coup dans une eau profonde, calme et limpide comme le regard d’une vierge. Elle s’étend entre de falaises boisées qu’elle découpe en mille sinuosités. Encore un nouveau détour, et nous débarquons en face d’une triple cataracte qui y déverse les eaux des bassins supérieurs. C’est un point de vue splendide. Nulle part ailleurs l’eau ne revêt plus d’aspects multiples et variés, ne présente d’attitudes plus diverses. Je ne m'étonne plus que les Anciens aient personnifié cet élément sous l'emblème de jeunes filles tour à tour folâtres ou rieuses. Ici l’eau s’arrête et se promène d’un air curieux et scrutateur com.; une princesse qui visite ses domaines. Elle veut tout voir, tout remplir. On la trouve dans tous les recoins. Elle y forme de petits
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bassins ravissants, des bains délicieux. Elle se déroule en nappe immobile, elle mire avec grâce les rochers et et les sapins pointus de ses rives pauvres, mais poétiques.
Plus loin, elle fuit tranquillement, en silence, comme une jeune fille légère qui s’esquive de la maison paternelle. Rencontre-t-elle de hautes herbes, des roseaux, une savane pleine de rubans d’eau, de fléchières et «: lotus, elle s’y étend ét y dort, enivrée du parfum :’:: fleurs, de la douceur du soleil qui réchauffe son £ein de vierge, de la beauté de sa couche.
Tout à coup, sa folie la reprend. Bacchante dévergondée, elle fuit au hasard, elle accourt éperdue, bondissante, la voix rauque et étranglée. Elle est prise de vertige, elle se précipite dans l’abîme tête baissée, se révoltant contre les obstacles, comprimant à peine ses fureurs hystériques, mêlées de sanglots convulsifs, d’éclats de rire, de cris d'une rage impuissante, jusqu’à ce qu'elle se soit brisée contre le granit.
Le long de ces rivages, je remarque avec joie une foule de plantes et d’arbustes amis et connus : le jasminvïde, l’herbe à. la puce, le chamerisier, le chèvrefeuille du Canada, les benoîtes, l’aconit napel, le mélampyre, le millepertuis, la consoude, la molène, des orchis, des orobanches, mais surtout l'épilobe ou laurier de saint Antoine, qui semble avoir reçu de la nature la mission de dérober aussitôt les ravages de l'incendie sous un épais lit de fleurs roses. Aucune plante rare ou qui me fût inconnue.
Le 28 juin, nous campâmes sur le lac des Bois, dans un joli site que la pluie ne nous permit pas d'admirer beaucoup. Nous dûmes passer la nuit dans les barques, transformées en lit de camp à l’aide des tentelets.