RACE 27
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Le lendemain, la pluie avait cessé, mais il régnait une fraicheur désagréable, qui me fit endosser mon caban d'hiver. Quand on eut retiré les bâches qui nous avaient abrités, la première personne que je vis sur le rocher baigné de pluie, fut la grosse Marie, femme du Tchippeway François Wabisten. Elle était nu-tête, nupieds et fumant sa pipe. Sitôt qu’elle me vit, elle sourit joyeusement en me montrant un paquet oblong qu’elle portait dans ses bras. Elle le dépouilla d’un vieux châle qui avait été rouge, et me tendit avec orgueil un poupon écarlate, massif et laid comme une chenille, qui se mit à brailler dès qu’il sentit la fraicheur de Pair.
— Tiens, Père, me dit-elle, dans un français barbare, que je lui entendais proférer pour la première fois depuis notre départ, toë baptiser mon garçon, loui venir au monde c’té nouit..., dans la barge.
Cela fut dit avec des arrêts, des coupures, et les intonations chantantes de la langue tchippeway.
— Cette nuit! dans la barge! Mais vous voulez rire? m'écriai-je, en interrogeant Wabisten du regard.
— Oh! non, Père, c’est vrai ça. Ma femme accoucher c’té nouit. Toë pas entendou alle à côté d’toë?
Je n’en revenais pas. La vaillante femme s’était délivrée elle-même, sans le secours de qui que ce fût, sans même réveiller son mari, harassé par les fatigues du travail.
Le dirai-je? ce qui étonna les Métis plus que ce fait, quelque invraisemblabie qu’il puisse paraître à plus d'une de mes lectrices, ce fut mon étonnement même.
— Comment, Père, me fut-il dit, est-ce que les Françaises du vieux pays sont moins adroites que nos femmes? Ici, les nôtres en font autant. Il ne leur en coûte pas plus qu'aux chavagesses de se délivrer.
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Involontairement, je me rappelai le témoignage que les sages-femmes des Hébreux rendirent de leurs compatriotes, au temps de l'Exode :
« Ipsæ enim obstetricandi habent scientiam. »
Et quel lit, cependant, que les caisses et les ballots d’une barque! En vérité, si l'héritage de leur mère Eve est souvent bien onéreux pour les feinmes indiennes, ce n’est point, à coup sûr, du côté de la parturition. Il faut croire pourtant que cela est naturel.
L'’extrémité du lac des Bois se termine par un appendice en cul-de-sac, dans lequel on ne distingue aueun courant, aucun mouvement. Si la source de la Pente est dans ce boyau, ses eaux stagnantes sont envahies par un épais revêtement de troscarts, de potamos, de sagittaires et de nénuphars jauncs qui y forment, sous le berceau des grands arbres, comme un jardin suspendu ou flottant. Quatre cents pas d’un galet granitique séparent seulement cette eau morte du beau fleuve Missi-Nipiy, ou Churchill, qui s’y déverse même dans les hautes crues, en franchissant le rocher. Il jouit alors d’un double courant.
Ce rocher est le portage de la Traite ou des Grenouilles. Quelques baraques qui y ont été construites portent le nom pompeux de Fort-de-la-Traite. Sitôt franchi, nous nous trouvons dans le district pellelier
“de la Rivière-aux-Anglais, qui est le nom français du
fleuve Churchill; parce que c'est par cette voie que nos voisins d'Outre-Manche pénétrèrent dans ie Nord- Ouest.
Une horde, vêtue de cuir et singulièrement puante, était campée au portage des Grenouilles. De prime abord, elle m’étonna par l’apparence singulière du type. Aux faces rondes et larges, aux yeux égrillards
Séntentinnese "à NUE
256 EN ROUTE POUR LA MER GLACIALE, et malins, aux rictus cyniques des Saulteux et des Savanais, a succédé un autre modèle humain. La tête est petite, conique et étroite; le menton, projeté en avant, est ridicule à force d’être pointu ; cela fait un facies de renard ou de mustelle. Mais l’air est sérieux, réservé et honnête, presque morose. Les yeux, très rapprochés de la racine du nez, qui est grand et aquilin, exprment une anxiété qui étreint. La bouche est résignée et affable. Nuls cris, aucune expansion, point d’enthousiasme. Ils se mettent à la queue leu-leu, tirent leur bonnet comme à la procession, et, silencieusement, avec dévotion ou en ébauchant un grave sourire, vous présentent tranquillement la main, après l’avoir essuyée sur leur vêtement. On dirait des moines.
— N'inla oustronn! vous disent-ils. « Que je te prenne la main! »
Cela équivaut pour eux à une bienvenue. Quelquesuns font même un grand signe de croix en vous la donnant.
Il y avait là un missionnaire venu du grand lac Caribou et qui attendait nos barges pour monter avec elles à l'Isle à la Crosse, M. Végreville. Aprèsles premiers saluts:
— Quels sont ces nouveaux sauvages? lui demardai-je. Ils sont singulièrement sérieux et polis.
— Des Tchippewayans, mon cher confrère; les plus
méridionaux de leur nation dans ce pays, qu'ils parta-
gent avec les Cris-de-Bois. Leur nom véritable est Déné, ce qui veut dire hommes. Les Canadiens les appelèrent Montagnais, probablement parce qu’il n’y a pas de montagnes dans leur pays.
— Quelle odeur repoussante! ne pus-je m'empêcher de lui dire. Ces sauvages sont bien plus propres que la généralité des Saulteux, et cependant ils sont quatre
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avant, ies de rvé et rochés expr'signée d’entirent ieuse- Jurire, lavoir
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Carielles à saluts:
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fois plus nidoreux. Il y a dans leur odeur de la fouine et du putois.
— Voilà pourtant, monsieur, le parfum qu’il vous sera donné de humer à satiété le reste de votre vie, si vous vous dirigez vers le Nord, me dit mon confrère en riant.
La langue de ces nouveaux Peaux-Rouges presque blancs me sembla singulièrement gutturale et glapissante. Les sons kra, krou, kri, tra, tri, trou, revenaient souvent dans leur conversation, avec une énergie que l’on aurait prise pour de l'affectation. Cela était dit avec des intonations impossibles, un ton chantant comme celui des Chinois, des soufflements de chats qui crachent, des clappements à se fouler la langue, des gutturales à écorcher la luette.
Leur costume était simple et décent, bien qu'ils n’abusent pas plus du pantalon que les Indiens que nous avions rencontrés précédemment. Mais il y avait quelque chose de digne et de correct dans leur tenue. Rien de débraillé, de dépenaillé. Outre un pagne de drap décemment disposé, je remarquai qu’ils avaient soin de croiser étroitement leur polonaise illinoise à l’aide d’une ceinture rouge ou d’une lanière. Plusieurs d’entre eux étaient coiffés de casquettes à côtes de melon, de deux couleurs alternées, fabriquées par leurs femmes. Les autres étatent nu-tète, mais sans plumes, sans peinture ni colifichets, ces apanages de la sauvagerie.
Quant à leurs dames, outre leurs mitasses de drap et une robe de cuir d’élan passée en basane, elles avaient la tête enfermée dans une coiffe de peau ou de drap, garnie d’un rebord d’un demi-pied absolument affreux. On aurait dit des pots-à-colle d’ébéniste. C'est, paraît-il, une pièce de leur invention, mais qui ne fait pas honnour à leurs modistes.
Je le répète, le Peau-Rouge n’est beau que sous les livrées de la sauvagerie. Sitôt qu'il les abandonne pour se vêtir à l’européenne, il tombe dans le ridicule où l'extravagance, alors même que, comme les Tchippewayans, il cherche à se conformer le plus possible aux usages des Blancs.
Ces sauvages étaient au nombre de cent cinquante personnes seulement.
Le Portage des Grenouilles est situé par 55° 25’ de latitude nord et 101° 15 de longitude ouest de Paris. Le premier Blanc qui pénétra dans ces parages fut l'Anglais Samuel Ilearne, de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Il le découvrit officiellement en 1774, après son expédition de la rivière du Cuivre, en allant construire le fort Cumberland. Deux ans après, le Canadien Joseph Frobisher y passa en se rendant dans le Nord, et y bâtit un fort où il hiverna.
— Quel est le nom de ce beau fleuve, en langue dènè ? demandai-je au prêtre du lac Caribou, qui savait le tchippewayan et le cris.
— Les Tchippewayans le nomment Fannarè dès nédhe, me dit-il, ce qui signifie Grande Rivière d’en-bas, par contradistinction avec la rivière Athabasca et des Esclaves, qu’ils appellent Yétarè dès nèdhè où Grande Rivière d’en haut.
— Les Peaux-Rouges ne me semblent pas avoir beaucoup d'imagination en fait d’épithètes, remarquai-je. Tous les fleuves que j’ai traversés ou sur lesquels j’ai navigué, depuis que je suis en Amérique, portent invariablement le nom de Grande Rivière. Tels le Saint-Laurent, l’'Ottawa, le Missi-Sipiy, la Saskatchewan ; et maintenant ici la Missi-Nipiy, et dites-vous encore la rivière des Esclaves ; sans compter d’autres fleuves du Sud, tels
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que le Colorado, le Rio Grande del Norte, la Colombie, le Parana, etc., etc.
— Vous pouvez y ajouter aussi, me dit-il, le fleuve Mackenzie, le Youkon, la rivière la Paix et je ne sais encore combien d’autres cours d’eau du grand Nord.
— Eh bien! avouez, monsieur, que, si nous devions nous contenter de la traduction française de tous les noms indiens de ces cours d’eau, la géographie serait bien confuse, bien embrouillée.
— Fort heureusement, riposta-t-il, que nous avons des hommes à imagination ardente et poétique qui viennent au secours de cette science, en prévision de ses embarras futurs. Au lieu d'écrire, par exemple, Missi-Sipiy, ce qui signifie grande rivière, ils épellent ce mot : Mescha-Cébée, qu'ils traduisent librement par Père des Eaux.
— Vous parlez de Chateaubriand ?
— Précisément. N'est-ce pas lui encore qui, dans une brillante description de la cataracte de Niagara, a fait poétiquement se suspendre par la queue, des carcajous, au-dessus des goulfres bouillonnants ?
— Je crois bien que si, dans son Voyage en Amérique.
— Eh bien! sachez, monsieur, que le glouton ou carcajou n’a pas de queue. C’est un plantigrade qui ne se suspend nulle part, par la bonne raison qu’il n’a pas plus d’appendice caudal que l’ours, son frère aîné. Avec une pelite licence poétique, notre Chateaubriand en a fait un quadrumane à queue prenante, un ouïstiti ou un sapajou.
— Je crois piutôt qu’il a confondu sapajou ou kincajou avec carcajou. Heureusement que cela ne tire pas à conséquence. Il est évident, en effet, que s’il y avait
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des sapajous en Canada, ils iraient se suspendre n’importe où, voire même, au-dessus du Niagara, sous Île tablier du pont, et que les carcajous en feraient autant s’ils avaient une queue prenante.
—dJereviensàla Missi-Nipiy, continua-t-il, en riant, pour vous faire observer, monsieur, que ce nom dit plus que Grande Rivière. Il signifie Grande Eau ; parce que cet immense et singulier fleuve, à partir du lac de l'Isle à la Crosse jusqu’à la mer d'Hudson, ne se compose que d’un enchaînement non interrompu de lacs reliés par des chutes d’eau. C’est la voie la plus pittoresque, mais la plus extravagante que l’on ait pu choisir pour pénétrer dans le cœur du Nord-Ouest.
— Ÿ a-t-il donc d’autres routes que celle-ci?
— Si fait. Nous avons les vastes et belles prairies de l'Ouest qui ne sont pas très distantes de lIsle à la Crosse. Mais la Compagnie d'Hudson n’aime ni la concurrence ni la dépense. Par ici, elle est maîtresse et elle n’a pas de route à tracer ni à entretenir, point de ponts à faire construire. Personne à la Rivière Rouge ou ailleurs en Canada ne dispose d’assez de fonds pour lutter avec elle par la voie fluviale. Dans vos sept barques vous avez au moins soixante-cinq hommes. En cas de sinistre, d'accident ou de rencontre fàcheuse, ces hommes peuvent se prêter main-forte, s’entr’aider et se défendre. Mais que ferait un simple commerçant en fourrures, pouvant à peine disposer de quatre à cinq serviteurs ? Absolument rien. En supposant qu’il pût atteindre un lieu de rendez-vous des Indiens, il serait bientôt arrêté par des difficultés sans nombre et obligé de rebrousser chemin.
« Par les Prairies il en serait tout autrement. Du jour où la Compagnie y ouvrira des routes, elles seront
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fréquentées aussitôt par une foule de gens auxquels la Coinpagnie ne pourra s’opposer, à cause de l’immensité des Prairies et de la facilité qu’ils auront de se dé. rober à elle par la fuite.
Mon aimable confrère supposait que la Compagnie d'Hudson conserverait longtemps encore le monopole du commerce.
Je n’abuserai pas de la patience de mes chers lecteurs en ies trainant de lac en lac et de, portage en portage. Entre le fort de la Traite et celui de l'Isle à la Crosse, iln’y a pas moins de douze grands bassins qui sont les lacs de la Loutre, du Diable, des Morts, de la Truite, de PHuile d’Ours, des Souris, des Serpents, de Travers, des Sables, des Épineltes, du Genou et enfin le lac Primeau qui porte le nom d’un ancien guide canadien.
Pendant la navigation de dix-sept jours que nous demandèrent ces lacs, mon journal ne me fournit que des descriptions de sites sauvages, d'oiseaux ou de plants. Quel intérêt aurait le lecteur à apprendre que je fus réjoui par la vue de beaux martins-pêcheurs bleus et de superbes pics de bois rouges et jaunes, fleurs animées du désert? S’apitoiera-t-il sur mon sort si je lui révèle que je fus mordu jusqu’au sang par des légions de gros œstres ou mouches grises, appelés bull-dogs ; grignotté, pendant la nuit, par des essaims de petites gerboises sauteuses, nommées jaculi ; vexé, pendant le jour, par cinq sortes d’éphémères qui se laissaient tomber par paquets sur nos personnes, nos lits, dans nos assiettes et jusque dans notre chaudron, comme une pluie dégoutante : la verte, la royale, la protée, l’anormale et jusqu'à la chanteuse (Perla sonans !) ? Un nom bien beau et bien ronflant pour une sale bigaille muette. Oh! ces naturalistes !
L'éphémère, que les Métis appellent #dnes, est un insecte inoffensif, blanchâtre.et mou, que je puis comparer à notre frigane. Il sort de l’eau le matin, vole toute la journée sous les chauds rayons du soleil, mc atant et descendant verticalement, puis se laisse tomber le soir, inerte, mourant. Sa vie a duré douze heures ! Son rôle dans la nature semble être celui de symbole ou d’emblème, emblème de la brièveté de la vie, symbole de l’inanité de la joie et du plaisir.
Encore une éphéméride, mais celle-ci d’un autre genre : Je m'étais aperçu que les Métis ne fument pas le tabac à l’état nur. Sur ma demande, il me fut répondu que tel était l’usage indien. Les Peaux-Rouges mêlent toujours le tabac avec la pellicule torréfiée du Viburmum oxycoccos où obier des bois, et, à défaut, avec les feuilles desséchées d’une bruyère appelée suc à commis.
Ce mélange porte le nom de Kinik-kinik.
Les Métis appellent lobier kart rouge, c’est-à-dire baguette ou verge rouge. Notre vieux mot hart, qui n’est guère plus employé que pour signifier Ja corde d'un pendu, est encore d’un usage journalier au Canada. Les mères y donnent la hœr't à leurs marmots, les pêcheurs enfilent leur poisson par les ouïes à l’aide d’une hart, les voyageurs fument l'écorce de la kart rouge, et redoutent de camper dans les Lartriers c’està-dire les bosquets, à cause de l’abondance des cousins. C’est du mot Lartrier ou harrier que nous avons fait hallier, mot qui, de fait, est incompréhensible sans l'explication qui précède. L’'R a été adouci en L.
Le 4% juillet, nous campâmes à l'entrée du lac de ske à la Crosse. J'y eus comme une vision du sepjaune ciel et assistai À une procession d’esprits angéques, sans miracle aucun. Corehé dans ma berque ct
«dmirant la voûte des cieux en attendant le sommeil, j'y fus l’heureux témoin d’un de ces orages magnétiques .que j'ai déjà décrits en parlant de la Miskwa kamaw, et dont je ne pourrais faire de nouveau la description sans me répéler.
La lumière électro-magnétique de l'aurore boréale se montre presque chaque nuit, mais non pas toujours avec cette intensité. En vingt et une années de séjour au Canada, je n’ai observé qu'une dizaine d’aurores parfaitement belles. À la vérité, je dois confesser que je ne me suis pas levé toutes les nuits pour étudier l’état du ciel, et que je n’ai pas toujours dormi en plein air.
La coupole ou pyramide, que forme au zénith la réunion des faisceaux lumineux de l’aurore boréale, est l’apogée de l’orage magnétique. Le plus souvent il s’y produit, comme finale, une apparence de combat, un échange mutuel de traits fulgurants, qui ressemble au foudroiement d’une armée d’esprits de l’air par une autre armée d’esprits célestes. Aussi, je ne m'étonne nullement que les crédules Indiens Hillinés voient, dans ce splendide météore, la manifestation des mâne le leurs ancêtres. Ne pourrait-on pas attribuer à de :urores boréales ces visions de combats aériens entre des esprits, dontles Anciens nous ont laissé les récits extraordinaires ?
Moins poétiques, les Tehippewayans. Ils pensent, d’après Hearne, que ce phénomène est dù au dégagement d’étincelles électriques qu’émettent les rennes célestes en se frottant les uns conte les autres.
Les vibrations de l'aurore boréale lui ont mérité, des Canadiens et des Métis, les noms de térants, d'éclurons et de marionnettes.
D’aucun; prt' ndirent que les aurores boréales bruis-
NN SUIS RU à ESSENCE A à 2 AURA PE AN OP TS
saient, frémissaient et pétillaient. C’est une simple illu-
. sion de l'imagination. Ce météore ne produit absolu-
ment aucun bruit, quelle que soit sa proximité de la terre et la vivacité de ses mouvements.
Enfin les Indiens et les Métis s’imaginent avoir la propriété de les attirer en sifflant, ainsi qu'on le dit aussi des Esprits, et de les dissiper en leur tirant des coups de fusil. Rien n’est plus faux que ces assertions de l’enfantillage indien. Tout ce qu’on peut en dire de plus scientifique, c’est qu’elles sont un signe de vent et que leurs mouverents désordonnés pronostiquent que les couches supérieures de l'air en sont déjà agitées.
Aussi, le lendemain, un vent violent, qui heureusement nous fut favorable, nous fit-il opérer promptement la traversée du lac de l'Isle à la Crosse, ce qui nous permit d'atteindre la mission Saint-Jean-Baptiste pour l’heure du diner.
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