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second mesure près de 43 kilomiètres. Le premier est plus grand encore, mais on en connaît peu ies dimen- po sions. Une rivière fougueuse et plate les relie au lac la Loche qui ne mesure que 13 kilomètres. Nous attei- gu gnîmes ce dernier bassin le 18 juillet, mais ne pûmes de: le traverser et aborder au grand portage la Loche que rel le 20, à cause du vent contraire. et C'était là que la brigade de Lespérance devait nous voi déposer, ainsi que sa cargaison de marchandises | l anglaises, pour s’en retourner ensuite, chargée des irle fourrures du Nord, à la factorerie d’York, sur la baie not d'Hudson. Telle est l’opération commerciale qui se gra conclut annuellement au Grand Portage. ; des Je venais de franchir 482 lieues depuis le fort Garry, B 1,222 depuis Montréal, 2,924 depuis Marseille, et avais réu employé 42 jours en barge pour atteindre cetle ligne Be Por de partage des eaux que les Métis appellent la hauteur cor des terres. dic J’ai déjà dit ce qu’est le portage de le Loche. Le jiac des de même nom en occupe le sommet. Au delà, cette Te ligne de faite ne mesure pas moins de 19 kilomètres Mé 308 mètres, c’est-à-dire près de cinq lieues, jusqu’à la sen rivière d’Eau claire qui s’y est creusé un lit de 600 pieds . Il de profondeur et le partage en deux. Mais de l’autre fan côté de ce cours d’eau, la hauteur des terres se continue alo sur une largeur qui n’a jamais été déterminée. no Le sol du portage la Loche est ingrat et sablonneux. ter Il ne nourritque des résineux, spécialement le pinrouge. le Du côté du sud il est peu élevé. Sa déclivité la plus grande est vers le nord où il atteint 1,200 pieds au- de dessus de la mer Glaciale. l'es Nous trouvâmes 150 Tchippewayans réunis sur le Eh
versant méridional du portage de la Loche.
st Ils criaient, riaient, se pressaient autour de nous, n- pour nous serrer la main.
la — Ah! Pères, nous dit un Métis écossais catholique, ji - guide d'une brigade qui nous avait devancés, ça c’est es des bons chavages, qui aiment ben les prêtres et la ue religion itou. Et quanque vous allez voër les Esclaves et les Plat-côtés de chien, de l’aut’ bord, c’est alors que us vous aurez des poignées de main à donner.
es Un guide écossais, Baptiste Bruce, aidé d’un Métis Les irlandais, Ignace Mac-Kay. et d'un Métis franco-castor, aie nommé Paulet, s’empressèrent de nous construire une se grande loge avec des perches de barge, des rames et des bâches sans emploi.
Y; Bien qu'il n’y eût pas plus de de quatre cents personnes ais réunies en cemoment. sur ce versant méridional du Grand ne | Portage, elles nous donnaient en petit un spécimen dela ur confusion des langues à Babel. Il y avait là des Canadiens français, des Écossais, des Orcadiens, des Anglais, jac des Norwégiens, des Cris de bois, des Savanais, des tte Tchippeways, des Tchippewayans, des Castors et des es Métis de toutes ces provenances ; tandis que vous repréla sentions, Grouard et moi, l'élément français pur sang. ds . Il aurait fallu être un Pic de la Mirandole ou un Mezzotre fanti pour se faire entendre de chacun de ces peuples, ue alors que pour la plus grande commodité d’un chacun nous n'avions à notre disposition que notre langue mas X. ternelle. Nous nous en contentâmes et satisfimes tout. ge. le morde. | lus Le village volant des Tchippewayans s'élevait à peu au- de distance de notre tente. Je voulus le visiter dans l'espoir d’y rencontrer des curiosités ethnographiques. le Eh bien! je n’aurais jamais imaginé rien de plus pauvre
et de plus insignifiant. Des tentes de peau enfumées,
coniques comme celles des Lapons; sur la terre nue, quelques branches de sapin disposées autour d’un petit feu ; dans un coin, un tas de guenilles ; puis, çà et là, quelques ustensiles européens qui ne furent jamais écurés. Aulour des loges, des chiens maigres et affamés. Aucune armecurieuse, aucun bibelotindien,paslemoindreindice de sauvagerie. Ses livrées ont fait place à celles de la civilisation, mais d’une civilisation indigente, bohémiennc et toujours nomade. Cependant tout y est décent ct chaste autant que dans un béguinage.
Les femmes y sont engoncées dans des robes de gros drap rouge ou bleu qu’elles boutonnent jusque sous le menton. Eiles ont la tête enfouie dans ces affreux bonnets en manière d’écuelles que j'avais déjà vus au portage des Grenouilles. Pour l’honneur et le bon goût français J'aime à croire que ce ne sont point les missiornaires de ces Indiens qui leur ont fourni ou imposé le patron de ces couvre-chefs sans type précédent.
Comme je m'en. revenais chez nous, sur le tard, Je jouis du spectacle que m'offrit le Révérend M. vètu d'un complet gris de fer, le menton décoré d’un minuscule rabat blanc, et chantant d’une voix chevrotante au milieu de la prairie déserte, tel qu’un chanteur nocturne marseillais.
Il ne lui manquait pas même les deux chandelles traditionneiles. Il les avait fichées dans le gazon, de chaque côté de son chapeau, un peu en avant de sa personne sacrée. J’y aurais volontiers déposé deux sols si je les avais possédés, tant sa position m'inspirait de pitié. Il se retournait comme une girouette dans toutes les directions pour voir si personne ne se rendrait à l’appel de ses chants dolents. Hélas! nul ne leur faisait écho.
À force de sonder l’obscurité, je finis cependant par voir une forme féminine accroupie à quelque distance, tête nue et tenant un bambin devant elle. C'était notre courageuse compagne de voyage, la Savanaise Annie Burke. Sa foi et sa dévotion me touchèrent. Sans offenser nullement la grammaire, le ministre, en s’adressant à cette femme, aurait pu l'appeler ma chère auditoire.
Le 22 juillet, il nous arriva du versant septentrional un commis de la Baie d'Hudson costumé comme il suit : chemise en mérinos écossais à carreaux rouges et verts, brodée avec du liséré jaune et enfermée dans un pantalon blanc à bandes amarantes. Autour de la taille, une ceinture multicolore de l’Assomption. Au-dessous des genoux, des jarretières brodées avec des verroteries et ornées de touffes de soie écarlate, en guise de scalps. Point de jaquette. Pour coiffure, une toque florentine de velours grenat, brodée et également ornée d’une houppe de soie. Ni souliers, ni bottes, mais des mocassins d’une blancheur immaculée, de coupe tchippewayanne, et brodés avec de la soie de diverses couleurs.
Ce costume fantaisiste, fort élégant, est caractéristique du Grand-Nord. Il était très bien porté par un petit commis irlandais, à l’œil noir et aux grands favoris en poire, qui venait à la rencontre de Son Excellence le gouverneur D., que des canotiers iroquois avaient. conduit sur nos brisées au portage la Loche. Le facteur en chef du fort Edmonton, M. Christie, l’accompagnait
L’Irlandais était suivi d'un jeune naturaliste amériricain, très smart, très pétulant, parlant affreusement du nez et se réjouissant du nom de Kennicott. Il portait aussi un costume Grand-Nord, sur lequel il avait fait. broder, avec du liséré blanc, un lézard, un papillon,
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