RE
RS rue AU De Or
prêtre, fort peu rompu aux affaires commerciales,
10n8 n’avait pas exigé de ce marchand le moindre reçu. | M. Eynard invoqua le témoignagne de deux Métis, | serviteurs du fort, qui, pour faire la cour à leur bour- 'h de | geois, nièrent rien connaître de cette affaire. Cette Dans lâcheté me valut de rompre ma troisième lance avec faire M. L. Elle futraide; mais il parut se rendre de bonne svrâce, lorsque M. Eynard lui réclama la récolte d’un en champ de pommes de terre qui avait été ensemencé deux 1. par la mission, sur un fonds alors sans emploi, apparitres tenant au fort, et du consentement de M. Mackenzie re” qui en avait touché le prix convenu.
us Nouvel orage encore plus terrible que le premier : — S'il en est ainsi, s’écria L., je n'ai plus qu’à vous Ur donner les clés de mon fort et à partir d’ici, puisque F tout vous ÿ appartient.
Je dus encore prendre la défense de mon débonnaire bord | confrère qui se laissait intimider par les éclats de voix de, de L. et lui aurait abandonné toute sa propriété. En ne | : insistant avec fermeté, je l’obtins de lirascible et pere pétulant Écossais, qui finit par nous inviter à diner et rédé- définitivement conclut la paix avec nous inter pocula. font A la vérité cette paix lui coûtait peu; car elle était ja de “imentée avec de l’eau claire, et, s’il eût fallu en croire eos le vieil adage, quelque inexplicable qu’il soit : « Croyez à lui cela et buvez de l'eau ! » nous aurions pu prévoir que | cette concorde n’était qu’extérieure et superficielle. PARRF Toutefois elle ne fut plus rompue. Les 400 pelus nous on. furent restitués, les pommes de terre transportées à la ve mission, sous le nez des deux serviteurs parjures; et seule | M. L. devint dès lors aussi aimable qu’il avait été tion. arrogant et mal en mains.
ds Hélas! ce fut moi, innocent et ingénu, qui payai les oi de 1 20,
ES AT TR TN LT AD DT EP AP + ST 0 RTE or a : RES re PCT TIR «
pots cassés par l’extrème confiance de mon compagnon. L'année suivante, j'étais en charge à sa place, et M. Eynard était transféré à Athabasca, dont le supérieur venait d’être promu à l’épiscopat. Je c'oyais me conduire en missionnaire prudent et économe, lorsque je fus révoqué et remplacé par M. Lallongé qui n'avait pu tenir le coup au fort Bonne-Espérance.
Je me demandais ce qui avait pu m’attirer du provicaire cette déchéance imméritée, lorsque je reçus de la Rivière Rouge une verte mercuriale louchant les dépenses extravagantes que l’on m’accusait d’avoir faites à Saint-Joseph, pendant l’année 1863. La Compagnie de la Baie d'Hudson au fort Résolution ne chargeait pas moins mon compte que d’un débit de £ 95, ce qui.. fait 4,800 pelus, soit 2,250 francs!
Or, tout ce que je me rappelais avoir demandé à M. L. avait été deux carreaux de vitres, une livre de mastic, une vessie de graisse dure de cinq livres, et huit journées de scieur de long. En évaluant chaque journée du scieur à raison de douze fraacs par jour (ce qui ne se peut dans le Nord-Ouest), il y en aurait eu pour 96 francs. Mais cet homme m'avait été prèté gratuitement, à condition que l’un de mes serviteurs, le Canadien Narcisse Pépin, conduirait le packet, le printemps suivant, à la rivière au Sel; ce que j'avais fidèlement exécuté.
Quant aux articles susmentionnés, ils pouvaient s’élever en tout à 20 francs. Où donc avait-on pris les autres 2,230 francs ?
Je me creusai longtemps la tête avant de trouver une solution à celte énigme, quand je me rappelai les 400 pelus prètés par M. Eynard à M. Mackenzie et
-cüdus bien à contre-cœur par M, L. eu égard à mon