‹ En Sahara à travers le pays des Maures nomadesChapitre 48 sur 57 · Poésies chantées · texte numérisé non relu

Poésies chantées

Nous sommes dans le bleu, bleu du ciel, bleu de la mer. Le Pélion « méditerranéise » depuis quelques heures.

Nous avons vu soudain devant nous, après trois jours de marche, un énorme monolithe de mille cinq cents pieds de haut, que de loin on pourrait prendre, avec beaucoup de bonne volonté, pour un sphinx, affirment certains auteurs, pour un chameau ou un lion, affirment d'autres auteurs — un lion couché au bord du rivage, les pattes allongées devant lui.

Ce monstre, qui est à la fois lion, sphinx et chameau, se nomme Gibraltar.

Et maintenant, entendons-nous bien. Quand je dis que nous avons vu Gibraltar! — simple façon de parler.

La vérité est que nous n'avons rien vu du tout. Il faisait ce matin-là un brouillard tellement épais, que du gigantesque rocher on ne saisissait rien, hors une masse grisâtre perdue dans l'atmosphère et dans Feau.

C'est donc avec les yeux de la foi — la foi que l'on peut avoir dans les récits des deux cent mille et quelques touristes qui ont visité la côte — que je m'extasie ainsi sur le compte de cet honnête promontoire.

Et ne me demandez pas davantage mes souvenirs sur Ceuta, « la gazelle » des poètes arabes — Ceuta la Gazelle, qui voisine face à face avec le « chameau » Gibraltar.

Je n'ai pas plus vu la gazelle que le chameau.

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