ME DU THE
leox Chinois rieurs et bien lenus y sont assis; où vont-ilsî A Ourga, la ville sainte, ou bien à Oulane Boui^asse, le village où l'on s'amuse?...Puis, enfin, des cavaliers mongols, presque debout sur leurs petits chevaux vifs et trotle-menu, passent à toute vitesse, faisant écarter la foule par de gutturales exclamations. C'est un remue-ménage, un' grouillement, un brouhaha, une saleté, une infection, un imprévu vraiment extraordinaires, sous ce soleil aveuglant et brûlant, et parmi cette poussière...
3 août. — M. Sidorof, qui, l'autre jour, m'a invité à la campagne, m'a fait inviter aujourd'hui à un diner chinois. Lui et mes hôtes ont déjà expédié chez Ta' tchouan-hue, marchand de thé, deux canards, deux poulets, un cochon de lait, du sel et du vin. Le reste des victuailles nous sera offert par le marchand luimême. J'avoue qu'à l'avance ma curiosité est si fort excitée, que je me sens nerveux comme à l'approche d'un grave événement. Depuis quelques jours, je m'exerce à tenir entre le pouce, l'index et le médium les deux baguettes chinoises, et à les manier sans contrainte. C'est aujourd'hui qu'aura lieu l'examen : serai-je capable de me tirer d'affaire, ou bien aurai- je la honte de recourir à une fourchette?
... Nous sommes enfin au complet dans la belle salle de notre amphitryon : nous nous asseyons, une dizaine de Russes et moi. Les Chinois ne se mettent pas à table avec nous : ils se contentent de surveiller le service et de donner des ordres, tout en plaisantant avec nous, tandis qu'une nuée de commis transformés en maîtres d'hôtel s'empressent autour de nous.
La table est littéralement couverte de faïences,