EK SIE
l'Amour que commande S
mettent à la disposition de
déplacements. Ce petit vap
blanc, tout pimpant, un pei
les grilles qui protègent le
invité à y prendre passage,
volontiers que, tous ici pa
de la caisse des Cosaques, il
quitter d'une partie de mes i
par des pourboires. D'aille
l'exquise amabilité du gén<
si bien le monde, et devine
peut profondément blesser
fort bien le sens de mon ti
sente pour ces pays perdus la visite du plus bumble
des voyageurs qui les décrira.
'27 août. — Ce matin, nous avons atteint Slrétensk, le point extrême oii s'arrête, à la remonte, la navigation de TAmour et de la Chilka. La ville a beaucoup souffert de l'inondation qui a détruit le môle et plusieurs entrepôts de marchandises. L'hôtel Voxal , situé sur la berge, repose lamentablement sur des étais, une partie du sol qui le portait ayant été minée par les eaux furieuses. Après quelques visites d'affaires, je rentre à bord où déjeune avec nous un céli^brc pianiste polonais, Konski. Il a jadis reçu, en qualité d'enfant prodige, quelques indications de Beethoven — on le dit du moins : en tout cas, la Russie l'estime beaucoup, et il a quatre-vingt-un ans sonnés. C'est un petit homme à impériale blanche, avec des mousUches cirées, et l'apparence générale d'un vieux grognard du second Empire ; il a de petits yeux, un front déprimé, une rosette multicolore
ix; au doigt, une énorme améavec celù, une bonne humeur vraiment surprenante chez un 'uis aussi, quelle énergie! En ne, il vient d'entreprendre une Asie, et ii la termine par la r de 2000 kilomètres de laren-
)ir, par grande pluie, et dans afonde, nous avons, abordé à
sans grand intérêt, il est vrai,
versles des célèbres mines de ats politiques ont été internés, riosité que j"ai, ce matin, interupes boisées derrière lesquelles
bagne) illustre; mais la pluie t rendait la berge presque im- , de l'ancien bagne, ne reste-t-il [•s : ici, un bâtiment de prison s bâtiments vides, une fabrique ue gardent deux geôliers et un irisonniers est fou, el les autres gricullure. La raison qui a fait îrise de l'argent. L'adminislraa plus trouvé ici son compte Lai blanc, et elle s'en est peu k iir les condamnés, on a trouvé lus sûrs, à deux ou trois mille
lalion a fait de terribles ravages :
jusque sur l'autel d'une église iux, a été inondée; desisbas oot
l'eau, el, à quelques kilomètres
plus bas, les habita:
paries eaux, loin de sont au contraire él le contenu des isbas Ce n'est pas là un car le fait m'est rap grand, gras, brun, a moustache qui sem la petite bouche ror lune.
Nous repartons pi soir, se succèdent surprenants de bea ondulée et boisée dt de collines, otTrant rent l'horizon, et qu gements de décor, de rivière aussi s resque : certes, je p le Kasse, mais, à la ( et les châteaux du grand tourisme int< solitude perpétuelle Nous nous trouvons kalie qui n'offre de i et qui se trouve co moment des preraiè Qui donc croirait à ici ces fréquents pa par une roue à leur tueuses?
29 août. — Arrivé! ofila Chilka,ens'uQ
jui porte le nom de fleuve Amour, rois heures à la station d'Ignachina e, sur la rive chinoise, esl situé nommé Mokho, contre de survei!stration d'importantes mines d'or iistance. Ce poste compte environ fénéral Djao-Mian qui commande déjeuner le général Doukhovskoï, ité. Nous traversons le fleuve, et, Qchons de la rive chinoise, nous
des troupes : soldats mandchous s chinois enturbanés de noir, velus îue bordée d'une raie rouge, et et par derrière, d'une lune blanche ons. Ils portent des fusils très longs i feux de salve, tandis que sur les ne, des mortiers saluent le débaréral russe. - Certains soldats sont rdes comme on en voit à l'Opéra- ;s ont des tridents... sont-ce des ou bien des harpons à esturgeons?
forment en haie et nous précèdent
du village. Nous traversons une lis une chapelle où se trouve un , et nous pénétrons enlin dans les général, qui était venu attendre son idère. Djao-Mian esl un homme de rantc ans, aux traits extrêmement ;rands yeux noirs très doux, volon- ;'est un magnifique type d'homme, air chinois. On le dit extrêmement lie, en tout cas, qu'il est remarqua' it.- Quelle déception de ne pouvoir
causer dans sa langi mun, el de passer pe ligence sans la pouv l'éclair des yeux !
Tandis qu'on prép:
autour de tables où s cigares, des cigaret moyen d'un interprèt russe s'impatiente; o et de réduire le no enfin dans la salle à voir un mélange de Evidemment, c'est pi tryon a fait couvrir li comme je regrette h même, mange avec û servant de m'apporti mot cliinois que j'aie le comprend-on pas î répètent interrogativ tique qui entre enten explication : les bagi rent de là-bas ; j'oubi prennent pas de prov à l'étranger, deux d' trer. en sont réduits anglais! On m'appor d'ivoire, et, sûr de moi
à la grande joie des v^iuuuib pii^ncuLs. nussuuL, t;ciii devient un jeu : tous les Européens veulent avoir des baguettes el s'essayer à les tenir entre le pouce, l'index et le médium. On s'amuse beaucoup. Le dîner est évidemment très riche, très recherché, mais j'avoue,
je le trouve sinon moins chinois, nourrissant que ceux de Maïmair, l'interprète ne sait pas lui-même es mets qu'on nous offre : je suis nmer au hasard, et de souvenir, ce
rs-d'œuvre sans fin, très étranges souvent indéfinissables : des pâtes oissons séchés débités en lamelles papier; — du poisson doré; — des s du vinaigre; — des noix aèclies; - du chou de mer; — que sais-je s œufs noirâtres; — des soupes ;aroni transparent; — de ces mau-
que l'on capture sur les rizières et grands frais; — du mouton rissolé; ; — des ouïes de requin, croquantes (S champignons noirs; — des vers; apparence dont on me dit qu'il est s d'hirondelles; — des cartilages goût et croquants ; — des pousses en guise d'asperges; — puis, des is variées; — puis, subitement,
entre autres, une soupe aux petits ol de riz traditionnel. J'oublie cent oyen de tout retenir ' I luriant mange, cause, et écoute à IraducLions de l'interprète : il est ! ornée d'une crinière raide qui
pu âtre servi tout entier, vul'impatience nous a cependant remiH un beau menu pier rouge. Un savant l'a traduit k Khabajanl que chaque plat inscrit est lui-même ne série de plats itont le (létnil n'est pas
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saillit en arrière, et d"un bouton vêtement, tout neuf, est des plu dont sodI faites ses tuniques, sont modestes, de très bon goût. A colonel à lunettes s'empiffre sai lever la tête : cest plaisir de i mâchoires...
Le dtner fini, on nous recondui monial que pour l'arrivée, et, pai tillcsse que mes compagnons ru:
tous comprendre ainsi, un oilic notre bord un plat de je ne sf nous avions tous mangé avec pis
3i août. — Tous les soirs, Ion retiré dans sa cabine, le capitain mence à raconter des anecdotes tations. Il est tout jeune encore gnon, bien né et bien doué, toi artistiques' légers : il chante des des aquarelles et esquisse des m ces Busses extrêmement bien p tion, et qui pourtant sèment lei
Ouifs Je requin
llololhurie> Canilagos do poiss*
Pont ses de banibi
ignation de Tau-jour-le-jour, posenl les horizons sans fin; nombreux ponr qui demain t parfois d'escalader la mysont jamais vou/u sérieuse- |u'il en soit, Dmilri Afana- : avec qui les heures coulent ane mémoire singuHère, et ilté d'imitation, il est égaleles cris d'animaux, des drôigues vivantes; il prononce 1 parle fort bien, ainsi que enfin, il est irrésistible lorsun Chinois, un Juif, ou un
împs font couler les heures on travail ou- les entretiens effet, de me mettre à même gnements que je recueillerai iverneur général me prend m'exposer quelque nouveau insiste aussi avec prédilec- |ui sont offerts à ceux- de abliraicnt à Vladivostok ou des comptoirs d'importation
)sea et vides, les rochers sombres se succèdent sur les bords du grand fleuve où nous glissons. L'un de nos compagnons de voyage, le colonel V. F, Pélrof, qui escorte le général, m'explique comment on chasse le tigre dans les forêts qui bordent la rive chinoise. Le tigre est e.n effet très commun dans ces parages, et il étend ses
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déprédations presque jusqi moins jusqu'au-delà de l'C énorme, le plus grand, dil-i et, en hiver, sa fourrure, qui < est particulièrement appré' qu'il a dans son service deu dont l'un a déjà tué 6 lig abattu 13. Voici, dit-il, com s'enfoncent dans la forêt vi carabine et leur chien. Si c a chance de tirer sans être le fauve prévient le chien qu'il choisit toujours pour l'homme. Dans les deux cai tigre, si l'on a le sang-froid rière l'oreille, i'endroil qui, par excellence.
i" septembre. — Nous a chensk. Tout à l'heure, !
nous a accostés et a déposa K. N. Gribski, le sympathiq vince, et quelques officierf quable par sa modeslie, son énorme carrure, se trouve 1( célèbre explorateur du Pan vient précisément de dirigt rivière Soungari, le grand af et d'y déterminer, au prix c véritables dangers, des pt futures expéditions en Mam
Blagoveschensk est une l'américaine, au cordeau, si Amour, près de son conflue
onal, la Zéia, Les rues s'étendent it si larges qu'elles paraissent vides, d'un officier de police chargé de me , qui ne me quitte pas d'une semelle, a connaissance d'un savant local, ivitch Kirillof, professeur de latin au
et statisticien passionné. C'est un maisseurs du pays, et en outre, ce c'est un homme profondément ser-
II me comble de prévenances, me , des brochures sur cent questions offre aussi le précieux dictionnaire ns lequel il a versé la somme de ses r la province. Ah! l'aimable savant, cette raideur que communique par- .e bon el s'ouriant latiniste ! II trouve î multiple vie intellectuelle, le temps îrger : il m'offre de succulentes mira-
pour moi les premiers fruits de cette Bs sous ses fenêtres, et me fait appréinfitures faites avec des framboises lies tout auprès. Comme on aime, îssée, marquer au passage le profil omme!
s relatives à l'émigration el au seri'or, j'en dois noter une curieuse, B à un jeune Français, M. Gay, établi
à Blagoveschensk. M. Gay, auquel mais, tous ceux de nos compatriotes
descendent le fleuve Amour, a fait !C la Sibérie à la suite d'une expédi- Uaquelleil s'était trouvé adjoint. Fort prenanl, sérieux de bonne heure, ce
Lyonnais reconnut vile que, dans ce pays neuf, on pouvait trouver des occupations plus intéressantes que celles qui avaient retenu ses compagnons de route à Irkoutsk durant l'hiver 1893. Avec un de ses amis, il s'établit à Blagoveschensk; là: tout en étudiant quelques entreprises de grande envergure qui ne sont pas mûres encore, ils s'occupent ensemble de constructions et d'importation. Sûrs de voir présider à la disposition des immeubles quelque chose du goût français, et, à l'emploi des fonds, une honnêteté occidentale, les particuliers. et la municipalité accablent nos jeunes gens de commandes. MM. Gay et Mangini viennent, à l'admiration généralç, de con- * struire en soixante-douze jours un coquet Palais de justice où s'installeront les nouveaux juges, et déjà plusieurs maisons particulières qu'ils vont élever leur sont louées sur plan. Ils profitent, et c'est justice, de cette fièvre du bâtiment à laquelle sont en proie quelques villes de l'Extrême Orient sibérien, depuis que le monde est rempli du bruit répandu sur la richesse fabuleuse de leurs districts miniers.
En outre^ M. Gay et ses associés s'occupent d'importer des articles français qu'ils revendent au demigros, à des bénéfices tellement rémunérateurs qu'ils peuvent supporter les dépenses et les risques du fret, placé tout entier aux mains des Allemands. Vladivostok, Nicolaevsk et toute la Transbaïkalie sont encore à cette heure exempts de douane. Seuls, les alcools, vins, liqueurs, sucres et tabacs, acquittent à l'entrée des droits d'accise égaux à ceux que payent les fabricants russes. Dans ces conditions, le prélèvement d'un bénéfice net considérable permet encore aux importateurs de fournir des produits à des prix
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