DR RETOUR
i-midi spléndide en rade de re s'allonge à l'intérieur des resqué une déceplion à voir ïs de Ia colline où cTiàntent ait Madame Chrysanthème.
I fond de la rade, cette jolie modestement tapie dans la 1 des cèdres capricieux, que èine.
la sirène, des sampans sont Dateaux plais, allongés, sur* e petite cabine, comme une gondole vénitienne; un homme les manoeuvre' au moyen d'une"très longue godille; il est le plus souvent ' vêtu d'un pagne blanc, si tant estqu'on piiisse donner le nom ambitieux de pagne à cette mince bande de toile qui serpente autour de ses reins bronzés. D'qutres bateliers, plus coquets, ont revêtu leur chemise : elle descend à peu près jusqu'à la ceinture. Ils sont très' vifs et très adroits, ces bateliers, et ils sont laids, grand Dieu ! Voici déjà des Japonais à bord. Un monsieur à limettes, vêtu d'un kimono, et l'air fort respectable, "m'accoste; je prête l'oreille poliment : horreur 1 il me dit en russe dé très vilaines choses ! 11 est cocher, •^éclare-t-il avec un engageant sourire, ses jambes sont iccellentes, et il connaît à fond la ville. Et moi qui avais pris pour un fonctionnaire!
Mè voici descendu eii ville, La traversée dans un impàh, secoué par le balancement de la godille, a été larmànte. Et quelle adresse a le batelier! Comme il
304 EX SIB
sait se glisser parmi les cent encombrent la rade et les q djin-rik-cha, un pousse-jjouâs entre tous ces drôles à der el m'assiègent, tirant tous, i gante petite brouette? En ^ d'anglais t je le prends et i ta ville. Tout m'amuse ic coiffure aux grandes coquf des femmes, puis, le kimont long, à manches pagode; poitrine, laissant libre un le fixe par une ceinture. Ct simple, est fort élégant; mi ne pas couvrir les jambes; s marche devant vous, voit-or
ses mollets nus. Aux pieds, on porte des chaussettes de coton blanc, avec le pouce détaché, cpmme dans une mitaine; cela permet de saisir la corde au moyen de laquelle on retient et manœuvre les sandales plates ou les socques de bois sur lesquels on marche au Japon. Les hommes du peuple vont tous la tête nue : leurs cheveux noirs et rudes, coupés court, semblent s'accommoder malaisément d'une raie ou d'une indication quelconque donnée par le peigne. Les personnes bien mises semblent tenir & honneur de porter une coiffure; je crois, cependant, remarquer que le genre de chapeau ou de casquetre leur est indifférent : chapeau de paille, chapeau raeloi casquette de jockey ou de touriste, tout leur e bon. C'est qu'ils ne s'inquiètent pas, sans doute, o se protéger la tête, mais seulement de se distingu* de la foule : le chapeau semble, dans leur vie, ten
e lo ne j toutes les boutiques dont elles sont bordée:
sins sont minuscules. Ils s'ouvrent direcli rue, sans devanture. Le plancher en i deOm, 80 environ, et, comme il est couve on s'y assied ou bien on s'y accroupit soin, en entrant, de laisser ses sandale» l'estrade : c'est Tait en un petit inouvem Comme cela est commode! pas besoin de frotter, de cirer I tout reste propre, mal fréquente. Tous ces magasins sont occi personnages gravement assis par terre, c sur leurs talons. De temps à autre, un dit se déchausse, monte sur l'estrade : ce se révérences, des sourires, des bavardag Outre les magasins, on voit également s' rue des ateliers, dans lesquels, assi accroupis ou à genoux, des bommes complètement nus travaillent à mille patience : sculpture sur écaille ou sur ivo fine, laquage, etc. Des lampes à pétrole ' et, sans distraction, bien que l'beure soi travaillent. Combien gagnenl-ils, ces p si aisément contents de peu? A les voir jués, à circuler dans cette ville fourmillé es étrangers, nul n'a l'air de flâner, j véritable sentiment de plaisir ; après 1'.
paresse du Sibérien, l'activité japonaise ^nte. Sans doute, je m'amuse aux déta mais je ne puis m'empêcher de songer k
que tient en réserve un peuple où le travail -est si intense. Dès la première journée, je suis moins frappé du Japon joujou et du Japon rieur, que du Japon concurrept futur de l'Europe. -