‹ En SibérieChapitre 32 sur 34 · KOBÉ · texte numérisé non relu

KOBÉ

Kobé, lîne bien jolie ville aussi, entre la mer et la montagne, et si propre ! Après une journée de courses, me voici au milieu de la gare, vers six heures du çoir. Avec la* funeste habitude cofltraçlée en Russie, je suis encombré de bagage à mains, et personne ne s*offre à me le porter; par cette lourde chaleur de septembre, j'étouffe sous un gros pardessus : je suis perdu au milieu d'une foule japonaise qui attend le train de Kioto. Elle donne l'impression d'une foule revenant jles courses, à Auteuil. Je suis seul, avec des bagages, et j'ignore la langue! Un Anglais, fort à propos, m'empêche de monter dans le train du sud, d'où il descendait : instinctivement on se fait bonne mine entre Européens. Enfin, me voilà casé daps un wragon de seconde, et, faute de place, je m'assieds sur ma valise.

Le wagon ressemble à l'intérieur d'un tramw^ay : il a des bancs latéraux qui se font face : il est d^ailleurs assez petit. A mon grand étonnement, le train file fort vite, il fait bien 65 ou 70 kilomètres à l'heure. Je regarde mes compagnons de voyage avec une certaine admiration. A part quelques petites femniés drôlettes avec leurs yeux rieurs, avec les coques noire; de leur coiffure, et leur grosse ceinture bouffante, j^ vois surtout des hommes très graves, serrés dans leu kimono y qui prend des airs de draperie antique, d

jue.

tiac vériië, ce sont bien des Romains au teint i le inasque de Cicéron; voici un vieux Cato:

lunettes, des lunettes énormes, évidenim ' mées d'une fouille antique. Seulement, Cici là tête, un panama, et Caton une casquette < Ils sont très beaux.

. Après une heure de route, nous voici à ville énorme, de 300000 habitants, comm manufacturière. Dans mon wagon, tout le lève, et beaucoup s'en vont. Voici donc enl de place : pas beaucoup certes, mais d chacun de nous peut maintenant s'asseoir.

longuement le va-et-vient de la gare. Bient( part et je me retourne... Dieul qu'aperçois la longue banquette d'en face, au lieu d< nues de mes Romains qui y pendaient tout je ne vois plus que des paires de sanda socques à hauts talons! Qu'est-il donc a sont les tibias?... Hélas! mes Romains, éti gués de tant de dignité: lorsqu'ils ont eu i place, la nature a repris ses droits : crac ! leu nues sont remontées sur la banquette, et v( tenant tout ce monde accroupi en taillei .ccroupis, tous, enfants, mousmés, mama lapas bronzés, Caton et Cicéron I Au b( econde, je trouve cela irrésistiblement di lignite perdue brusquement, cette fausse a Romains, et j'en ris intérieurement de tout n: En face de moi, une petite lîlle et un pel

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se sont endormis à genoux sur la banquette, la tête appuyée au rebord de la fenêtre ; la petite fille a une grande ceinture de dame et les cheveux collés en coques monumentales ; son petit frère est en soldat! Au bout d'un quart d'heure, leur maman a imité leur exemple : elle a tourné le dos au public et s*est endormie appuyée contre la fenêtre; puis une autre femme a été gagnée par la contagion, puis une autre encore, puis toutes s'assoupissent dans la même position enfantine... Un peu plus loin, deux jeunes gens, leurs jambes nues ramenées sous eux, causent, et, c'est sans doute très drôle, leur conversation, car ils rient sans cesse, et gesticulent, et se trémoussent... Au bout de quelque temps, un voyageur s'est levé, a chaussé ses socques, et, bruyamment, a: gagné le petit réduit mystérieux ménagé au fond du wagon; l'idée a été tout de suite trouvée excellente ; et maintenant, on y va à tour de rôle, là-bas, au bout du wagon-tramway. Une petite mousmé, qtii est sans doute embarrassée, revient pour demander l'aide de sa maman. Un peu après, l'un des deux jeunes gens demande quelque chose à son ami, et celui-ci tire de cette manche qui sert de poche au kimono ^ le rouleau de papier dont les Japonais ne savent point se priver... Tout se passe en famille, positivement, sans gêne aucune, et tout cela paraît fort drôle à tout ce petit monde.

Voici enfin Kioto, une petite gare et beaucoup (^3 monde : un rik-cha enlève mes bagages, et je le si 3 dans une autre voiture. Nous voilà partis au pci t trot allongé des coureurs, et cette course en pleh 5 nuit à travers la ville sainte est délicieuse. Certes, 5 tramway électrique gâte un peu la couleur loca? ;

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