TCHÉLIABINSK
qui possèdent les plus grandes quajités nutritives,
tout en n'exigeant que le moindre effort des mâ-
' choires... Oh! la cuisine passive du restaurant russe!
^que donnerais-je pour un bifteck français assurant
l'activité des molaires !
La ville n'est qu'à une lieue de la gare; c'est une promenade en ce pays. Des traîneaux sont là, se détachant tout noirs sur le fond de neige du paysage éblouissant; en un clin d'œil, l'unr d'eux m'enlève avec mes deux valises, mon fusil et mon appareil photographique. J'ai roulé autour de moi la pelisse de mouton qui recouvre mon grand pardessus ouaté, et aussitôt le trotteur velu s'est élancé. Après une semaine passée dans un wagon surchauffé, c'est une joie sans égale que de glisser à tt)ute vitesse dans l'air pur. Il fait une trentaine de degrés au-dessous de zéro, mais pas un souffle de vent. La respiration, instantanément congelée, se dépose en givre blanc sur la fourrure de mon col relevé; mais j'ai bien chaud derrière cet abri, et, seul», mes yeux perçoivent le vivifiant picotement du froid.
Tchéliabinsk est enfouie dans une dépression que l'on découvre après avoir dépassé un bois de bouleaux, et l'aspect en est charmant, dans ce décor de neige, d'où émergent les dômes bariolés des églises. Grâce à l'influence du chemin de fer, là petite ville possède déjà des hôtels, et je m'installe dans le plus propre, où l'on m'offre une petite chambre 'meublée à l'allemande, avec une pointe de confort : une vraie couchette de lit en fer (sans draps, bien entendu : chacun, ici, voyage avec sa literie), un guéridon, des fleurs artificielles dans des vases, et deux ou trois chaises recouvertes de velours. Que nous sommes
limenîaires auberges que nous i cinq ou six ans à peine, les voyi En revanche, il ne faut guère ce e des domestiques; vous ne trou : chez eux que paresse et gross:
s incommodités qui pèsent le pli
pays neuf.
ques années, Tchéhahinsk n'élaît c ade : la construction du chemin me importance qui croît de jour er aie ignorée, placée d'ailleurs en c : voie du transit, elle est devenue ie ligne d'un énorme ruban ferré,
en Sihérie et tout ce qui en soi ation chez elle : les voyageurs Lrain, les marchandises pour atf xpédition. Aussi, les encombremt tuels : à l'heure présente, le chargi •00 wagons est entassé sous des ha irdenl la voie; il faudra plusieurs ■ un pareil stock, et précisémei Voies de communication vient d'à T en personne aux moyens de débl solution de ce problème n'est pas ligne de Sibérie ne fonctionne e anière provisoire, on pourrait, at ilérer sans difficulté le transpoi 1 : il suffirait d'ajouter à cet efl train supplémentaire par jour. M( ! n'est pas en Sibérie, mais en Et as arrêts : à partir de Tchéliabin
même encombrement s'est reproduite
CHÉLIABINSK 5
lest se ralentit sur la li|i;ne de cette ligne est, en effet, au tralupée à chaque instant par des 3 partie du voyage, qui offre au jolis coups d'œil que je sache brt les ingénieurs. Les pentes y !9 courbes et les striions rares :
printemps, le dégel ; à l'automne, gâls. 11 est, par suite, impossible lins ou d'augmenter le nombre composent. La ligne de Sibérie l'office d'un entonnoir dont la vers la Russie : elle entasse les !s-ci ne s'écoulent que lentement lie elles sont destinées.
é, c'est-à-dire d'Europe en Asie, larchandises, mais une certaine irs, que le retard menace. Que ! Ce sont des paquets de haildes choses : je veux parler des rants russes qui prennent leur e Invasion et retournent cultiver les Peuples. Tchéliabinsk est leur . C'est là que pour la première ours, on s'occupe d'eux sérieuler, les nourrir, les chauffer, les r leurs passeports. Remarquez I colonisation de l'Asie par des au début, le plus fort argument r justifier la construction du m; les émigrants sont les seuls Sibérie puisse compter d'une t les seuls qui ne la quitteront
remplies, les seuls ludire, y sèmeront 1; à qui l'entrée de la armalités. C'est que Tayé des proporU< suvemenl des [layst ! deux ou trois ce é constituer un péi il a craint que le p f élever, et que les Ichiki, à demi ruin ombre de puissanct ous les meurl-de-fa es à vil prix s'en -ail a donc décidé que 1 is permissions dâmt lissions que l'on " r causer des colon:
m voyage.
é du point, d'émign :e Arkhipof; c'est à s avoir fait sa conna re poivl qu'il admi e â la fois doux et 1er quelques minul
e k ses difficiles fc —
charité et de dévouement, iuquel d'autres ne résistent ins, n'ont ni abattu son cou-