Courant à bride abattue, Goîng full speed
10. Grand* route. On écrit de même avec Taposstrophe grand* tn^re, grand^faim^ grand"*chère i grand* messey grand* chambre y grandechose, grand* hâte y grand* honte, grand*peine, grand* peur, grand* pitié, grand* rue, c'est-à-dire la rue principale d'une ville, grand^ salle, qui est la salle du palais de justice à Paris. Voilà presque tous les termes qui présentent cette forme étrange.
En voici l'explication.
Vous savez qu'il y a des adjectifs latins qui ont une terminaison différente au masculin et au féminin, comme bonus, bona^ et d'autres qui ont la même terminaison aux deux genres, comme fortis, tnortalis, grandis. Jusqu'au quatorzième siècle, notre langue a été fidèle à Tétymologie sur ce point. On disait donc un bon homme et une bonne femme, puisque les Latins avaient bonus homo ^\. bona mulier ; et un homme mortel ^\ une femme mortel, sans avoir pour le féminin une terminaison particulière, puisque le latin n'en avait pas et disait également Junno mortalis tXmulier tnortalis.
On disait donc aussi une grand femme, car grandis en latin était des deux genres.
Au quatorzième siècle, on a cessé de distinguer les adjectifs d'après leur origine latine, on leur a donné à tous les deux terminaisons, on a traité grand, fort, mortel, cruel, etc., comme bon, et nous avons eu les féminins mortelle, cruelle, forte, grande, etc. Cependant le vieil usage de n'employer
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qu'une terminaison pour les adjectifs qui en latin n'en ont qu'une est resté dans grandnthre, et dans ces autres termes que je vous ai donnés. Le quatorzième siècle, très ignorant des étymologies et ne comprenant pas cette distinction, supposa qu'il y avait dans grand mère, grand faim, etc., un e supprimé pour l'euphonie, et il marqua son absence par une apostrophe ; c'est ainsi que nous SLVons grand* m^re, etc., forme ^bsurbe qui est aujourd'hui consacrée.
184. — 6. Démon, Le synonyme de diable. Le démon, du latin dcemon, était chez les Grecs un génie, un esprit, bon ou mauvais. Chez les chrétiens, il est toujours mauvais. — Le diable, du latin didbolus, est proprement le calomniateur, le menteur, le trompeur.
C'est lui qui a trompé Eve. Il est méchant.
Au démon on attribue surtout la malice:
cet homme est méchant comme le diable, il est malin comme un démon. — ^A ce personnage on donne encore d'autres noms pas flatteurs : l'esprit des ténèbres ; le méchant, le malin, l'esprit malin, le mauvais, Tesprit mauvais ; le mauvais génie, l'esprit du mal ; le serpent, le tentateur, le père du mensonge; l'esprit immonde, Bélial, Lucifer, Belzébuth.