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III. — Des escales rendues ohligatovres par les cofwwr

tions postales.

Ces modifications se traduisent, en Europe, par la relâche de presque tous les packets dans les ports des côtes orientales de l'Océan Atlantique les plus avancés vers l'Amérique, soit à l'aller, soit au retour des Etats-Unis. Les mêmes raisons ont déterminé l'établissement d'une station télégraphique et postale au cap Race de l'île de Terre-Neuve.

Queenstown, dans la baie de Cork, en Irlande, et quelquefois le port de Kinsal, dont l'entrée est plus accessible par certains vents, sont les points choisis par les paquebots partant de Liverpool. Cowes et Southampton ont été

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adoptés par les lignes américaines qui ont desservi le Havre pendant plusieurs annéeS) ainsi que par les steamers d'Allemagne. Sous ce rapport, l'Angleterre a d'admirables positions avancées, des baies d'une étendue et d'une silreté reconnues, avantages précieux pour la renommée de ses services, car on en est venu à ne plus compter leurs traversées que des deux escales de New- York et d'Irlande dans le parcours entier des mêmes lignes.

La France est moins bien partagée sur les côtes de la Manche, mais elle possède, vers l'extrémité du départe^ ment du Finistère, un port où la nature semble avoir, de tout temps, indiqué l'emplacement d'une grande cité commerciale. Ce port est formé par la rade de Brest, véritable petite mer intérieure oi\ presque tous les navires d'une nation pourraient évoluer à leur aise, et qui ne sert actuellement qu'aux mouvements des flottes d'un des plus grands arsenaux de guerre de l'Europe. Les transatlantiques font désormais escale dans ce point avancé de la France pour lutter, à armes sinon égales (Queenstown est mieux situé sous tous les rapports} (1] du moins aussi peu inégales que possible, avec les steamers anglais. Leur fréquentation ne peut manquer d'y produire les conséquences ordinaires que nous avons signalées. La Bretainie verra, sans aucun doute, ses laborieux enfants profiter des

(I) Il est à environ 2800 milles de New- York, ef Brest à 3000

toi CHAPITRE BEUXIÈHV

richesses dont leur trop long isolement du reste ia pays les avaient injustement privés jasqa'id. « Brest deviendra » bientôt une ville d'entrepôt et d^éohanges » comme Va prédit Son Excellence le Ministre des trayanz paUies dans son discours du 25 avril 1865, à l'inaD^gorationde l'achèvement des chemins de fer bretons. «Il saura mettre » à profit son atterrissage facile, ses eaux iran^piillefl et » profondes, ses refuges sûrs et à Pabri de tonte insulte. » Son négoce actuel, réduit presque à la c<Hi8ommation » locale et aux rapports avec l'arsenal ; sa navigation, an- » jourd'hui limitée pour ainsi dire au oabotage, feront >» place aux combinaisons du grand oommeree et des ar- » mements lointains. »

Quant à la date de cette vie toute nouvelle^ elle est naturellement difficile à fixer encore, et nous ne pouvons mieux conclure à ce sujet qu'en reproduisant le passage suivant du magnifique discours de M. Béhic ' » L'avenir » dira dans quelle mesure et avec quelle promptitude s'ao- » complira cette transformation et ce qu'il peut y avoir » de prochainement réalisable dans les ambitions conçues » pour leur ville natale par des esprits généreux et » hardis. »

Les Américains ont aussi dirigé leur attention vers les moyens de diminuer de leur côté la distance des lignes postales qui convergent vers Boston ou New-York, mail leur station télégraphique du Cap Bace a une importance moins grande que celle des escales européennes dont noua venons de parler. Son abord toujours difficile, surtout peU'

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dant la longue saison des brumes, ou quand les glaces forment aux côtes de ces régions un dangereux rempart| la font souvent négliger. On peut même dire que les paoketa qui la TÎsitent sont, de nos jours, de véritables exceptions. » Nous ^si3sons cependant cette occasion de louer htu* ^ temcnt Pesprit d'association et de déyouement de la prei«e américaine qui a pris l'initiative d'un pareil établiisement ^: sur une plage déserte, et qui en soutient, seule, toutes les ^ charges de matériel et de personnel. De pareils actes ne ^ se rencontrent pas en Europe, et Ton n'y voit pas davan* tage, au moins en France, un autre signe de ce besoin de renseignements qui ne fait rien négliger au journalisme américain pour se procurer de fraîches nouvelles. J'ai sou- ^ , vent entendu remarquer, par les passagers étrangers des steamers, que le premier personnage qui apparaissait en . France à l'arrivée d'un packet était un gendarme. A New- ^ York, et partout en Amérique, c'est un délégué de toute ^ la presse qui monte le premier à bord, longtemps avant le ^ mouillage sur rade, en môme temps que le représentant de l'intendance sanitaire. Le paquebot n'est pas à son poste de quai que sa venue est signalée et que les nouvelles qu'il apporte sont imprimées et connues de tous. Nous pourrions citer d'autres exemples que le Non- ;; veau-Monde pourrait ainsi donner à imiter au nôtre, mais nous touchons au terme de l'analyse que nous avions en* . treprise. Nous nous sommes efforcé de la rendre aussi oomplète que possible, dans les limites que la nature de de notre Etude nous imposait. Nous avons surtout tenté

pr

^ -106 ^^F d'apprécli

CDAFITHB DEUXIfcHE

d'apprécier les faits actuels, résultat de l'expérience des trente dernières années, sans faire d'cscursion dans le vague champ des idées spéculatives. Les conditions qui aeroblcnt devoir assurer le succès des lignes qui desservent, do nos jours, le grand chemin d'Europe aux Etits- Unis changeront-elles dans l'avenir? De Donvellea coacnt' renccB (an en annonce plusieurs) réussiront-elles à H fonder ? Verrons-nous flotter bientôt, ainsi que a promet un brillant prospectus, de magnifiques ateamen privés de voiles et de tout autre appareil de locomotioa ijne leore maobines, marchant en conséquonco ave vitesses inconnues jusqu'à présent, tout en traneportvd un nombre plus considérable de vojagenrs et de marcbiD' dises à des pris excessivement réduits? Je m'abstïendni de me prononcer sur des questions qui renferment Ua> d'incertitude, de doutes, et souvent de déceptions. L'hîftoîre du Oreai Eastern le prouve.

Il estccpendant une éventualité qui me semble dcToii être, dès ce moment, prise en considération sérieuse la réussite do la pose du câble transatlan tique. Rien M peut certainement faire oroire que la persévérance in l'homme n'atteindra pas, d^une manière définitive le bol un moment saisi. Or, il est à supposer que la tranemissioD régulière et assurée dos dépêches télégraphiques poaiti modifier, d'une manière assez profonde, la constîtatioa actuelle des services maritimes à vapeur.

Nous avons dit déjà que ces modifications ne pouvaient!

aucune fatjon, porter atteinte aux relations postales

elles-mêmes et qu^elles seraient même plutôt favorables que nuisibles à ces relations; ce n'est donc pas sous ce rapport que nous en parlons ici. Mais elles doivent, à notre avis, avoir une conséquence spéciale féconde pour le succès financier des services maritimes dans la suppression de toute escale entre les points de départ et d'arrivée des lignes actuelles. Ces escales entraînent, comme on le conçoit en réfléchissant un peu, des délais, des retards, et par conséquent des pertes de temps et des dépenses considérables pour les compagnies. Elles multiplient, d'un autre oôté, les dai^gers de la navigation, et les compagnies d'as- , Borances savent très bien s'en prévaloir dans leurs traités. ^ Comme il est évident que la raison d'être de ces relâches , n'est autre, en résumé, que le désir de recueillir des nouvel- ^ks sommaires de plus fraîche date, ce desideratum sera plus sûrement et presque journellement rempli par les communications électriques pures. Queenstown, Southamp- . ton, le cap Bace et Brest (en tant que points de relâche], .pourront voir ainsi disparaître entièrement les avantages ^particuliers de leur position avancée dans l'Océan. La durée des voyages n'en sera pas très sensiblement modifiée, et les résultats économiques de la suppression des relâches ^ne pourront être négligés.

^ Du reste, si l'on porte un moment son attention sur ce

. &it que chaque semaine voit déjà partir, du seul port de

New- York, quinze steamers de 1'® classe pour les grands

centres commerciaux du Nord de l'Europe, on arrive à

attacher une bien moins grande importance à des diminu*

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tions presque artificielles oa minimes de la longueur des diverses routes postales. La somme des dépêdies noweh les devient de plus en plus insignifiante par la multiplicité de services dont les vitesses tendent plus à s'égaliser qn'à présenter des écarts nuisibles au oommeroe. Tout conduit donc à faire reconnaîtra qu'une seule considération prévaudra, (dans un avenir peut-ôtre plus prochain qu'on ne le suppose) celle des avantages nombreux d'un irajtt direct, c'est-à-dire sans aucune escale, entre les pointi géographiques que la nature ou l'intelligence comllle^ ciale de l'honmie a désignés dès longtemps comme iei meilleurs points de départ des grands chemins del'Océia Telles sont les conclusions qui nous ont paru ressorfr de l'Etude que nous avons poursuivie jusqu'icL LaiflBtfti désormais de côté toute considération théorique, noitfil'|],^ Ions rentrer strictement dans notre rôle spécial et retraMr les incidents principaux du voyage en steamer d'Evoft aux Etats-Unis. Heureux si, fidèle à notre intention, mon pouvons jeter quelque intérêt sur une traversée trop saur vent rendue pénible par l'état de la mer et du cieL

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