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LE VOYAGE D*BUROPE A NEW-YORK

tiC voyage d'Europe en Amérique présente trois étapes [nrincipales savoir : le trajet jusqu'aux ports d'attache des !%ne8 de steamers, l'embarquement lui même et le séjour i bord. Notre chapitre se trouve, par suite, très naturelle* lent divisé en trois parties distinctes correspondant aux loidents spéciaux de chacune des périodes que nous dnons d'indiquer.

ARRIVÉS AUX PORTS d'eMBARQUSMENT»

Il ne peut entrer évidemment dans le cadre de notre v-re de tracer minutieusement la route des voyageurs qui ^ dirigent vers les villes qui servent de têtes de ligne :xx grandes routes de l'Océan. Chacun d'eux suit en let la voie qui convient le mieux à sa nationalité, à sa ^ofession, à la nature de ses affaires. Plusieurs, simples

\ \ CHAPITRE TROISIÈXB

toaristes, (Ils sont plus nombreux qn^on ne serait tenté de le supposer) ne suivent que Pimpulsion de la foïU (2« logis ou de leur fantaisie. Tous savent du reste oonverger à l'heure dite vers le steamer qu'ils ont choisi, car les chemins de fer ont habitué la génération présente à la régularité qu'ignoraient nos pères au temps passé des diligences, ce bon temps qui nous touche encore et qui semble pourtant déjà si loin de nous.

Nous sommes ainsi conduit à ne nous occuper que de ce qui peut intéresser nos nationaux et les étrangers toojours nombreux qui quittent la France pour se rendre aox Etats-Unis. Or, comme Paris est le point de ralliemeat général, presque obligé, des uns et des autres, nous deTOU faire partir notre itinéraire de cette ville.

Trois routes se présentent alors pour atteindre les ports que nous avons énumérés dans le précédent chapitre. Celle du Havre, celle de Brest et celle d'Angleterre ; srà que, pour cette dernière destination, on aille prendre* Southampton les services de Brème ou de Hambourg; soit qu'on choisisse les chemins du Havre, de Dieppe, de Boulogne, de Calais ou de Dunkerque pour gagner Londres, Liverpool et de là Queenstown.

Pendant longtemps le flot des passagers n'eut pas le choix de sa direction : Il franchissait la Manche, premà les railways anglais et ne reculait pas quelquefois defaot un second trajet de mer sur le Canal St-Georges ; devait un troisiènie voyage sur la terre d'Irlande. Il atteignit ainsi le port le plus avancé dans l'Océan. Cette sorte ^

Bourse au clocher entrecoupée d'embarquements, de débarquements et de changements de train, successifs, n'était pas sans danger, sans ennuis, sans fatigues. C'était cependant la seule possible et il fallut la subir jusqu'au moment où, après quelques essais malheureux de la France, la ligne Américaine du Fulton et de VArago vint prendre directement au Havre les passagers du continent européen. Le succès de ce service montra bien vite que pour un grand nombre de voyageurs la voie anglaise avait des inconvénients réels de plus d'un genre et la Compagnie Générale Transatlantique a récemment hérité des préférences accordées jadis aux steamers des Etats-Unis. Yenue là dernière dans l'arène, elle lutte déjà, non sans bénéfice, avec ses aînées anglaises ou allemandes, et, comme eUe a su mettre à profit les leçons du passé et l'expérience de ses devancières, il ne peut y avoir de doutes sur la prospérité qui l'attend, si l'on tient compte surtout de sa solide constitution financière et de la protection que lui a garantie le gouvernement Impérial en lui assurant pour de longues années (20 ans) une large subvention. - Le Havre et Brest sont ses deux ports de départ. L'un à 4 heures de Paris dont il est l'aboutissant naturel soit pour l'arrivée des produits étrangers, soit pour l'écoulement de son commerce; l'autre à 16 heures du même eentre mais un peu moins distant de New- York et offrant par suite une moindre traversée de mer.

Je ne puis décrire ici longuement chacune des stations terrestres des chemins qui conduisent à ces deux villes.

H 2 CHAPITRE TROlSlfeMfi

L'achèvement des grandes voies ferrées qui relient aojoitf* d'hui toutes les provinces françaises a donné naîssinee à la publication de livres remarquables et d'itinéraires détaillés pour chaque route. Nous recommanderons seulemeBt à l'attention de nos lecteurs les guides de Paris à Sousb et au Havre de MM. Jules Janin et Bngène Ghapus, odu de Paris à Bennes de M. Auguste Montié, continué récemment jusqu'à Brest par M. Paul de Oouroy. L'hisknre, l'archéologie, la littérature occupent une telle place diofl ces ouvrages, à coté de renseignements géographiques, tepographiques, commerciaux et industriels, que ces lifiw méritent plus que l'appellation trop banale sous laqnellt ils sont connus. Ce sont de véritables résumés des aDualc , des pays ou des édifices qui paraissent et disparaissent i mesure que la locomotive dévore le chemin.

La vieille Normandie semble renaître dans les rédto de M. Chapus qui trouve à chaque pas du chemin de Paris au Havre des souvenirs des temps Carlovingiens et Cap^ tiens ; depuis les premières excursions des hommes à Nord et la cession faite à RoUon par Charles le Simple, jusqu'aux derniers jours de règne de la branche des Bourbons. Nous n'en rappellerons que quelques uns en suivant l'ordre du parcours.

Poissy garde la mémoire d'Hugues Capet ainsi que h Boi Bobert et de sa femme Constance qui y avaient un hôii des Ghamjps] c'est au même lieu que naquit St-Louisqio aimait à signer ses actes royaux du nom de Louis i* Poissy.

LE VOTàGB 4 13

Les souvenirs de Mantes sont presque tous militaires depuis Tarrivée des Normands en France jusqu'aux cruelles relevailles de ce gros Guillaume-le- Conquérant qui, iH>rès l'avoir brûlée pour répondre à la plaisanterie du Koi Philippe I^**, (1) devait y trouver la cause de sa mort. La ville, déblayée de ses cendres et rebâtie, figura plus tard dans les dévastations des luttes contre les Anglais, mais la période guerrière de son histoire se termine sous Henri IV qui allait y visiter souvent la belle Gabriello d^Bstréos. Tout près est Kosny, habitation préférée de Sully, l'ami fidèle du Béarnais. Ce fut de nos jours le séjour aimé de fa Duchesse de Berryqui y donna, en Juin 1830, une dos lernières fêtes princières de la Eestauration.

Un peu plus loin, près de Bizy que Louis-Philippe, »artant à son tour pour Pezil, ne put rendre à la spleueur qu'il avait au temps des Penthièvre, paraît la Madoiîne dont Casimir Delavigne ne put supporter la eéparaon. Plus loin encore les Andelys où est né Nicolas 'oussîn.

La Seine paraît et disparaît le long do la route qu'elle

<1) Guillaume, fort obèse, gardait le Ui à Rouen. Philippe ré- ►ïidit à sa réclamation de tout le Vexin français ; Avez vous ja- ^is ouï dire que femme de Normandie ait été en couche aussi :îglemps que ce gros Guillaume? S'il en relève jamais, il devra oir beau laminaire à ses relevailles. Mantes fut brûlée pour ce >t, c'étaient alors jeux de prince î

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semble entourer de ses gracieux méandres. Des féodales et des châteaux modernes montrent de en temps leurs tours chenues, leurs longues a leurs allées ombreuses, et leurs vertes pelouses lées de massifs de fleurs. De sombres tmme chent un moment le jour comme pour Caire miei sortir quelques instants après la beauté des paysag< usines, rares d'abord, se multiplient bientôt aux en de Louviers et d'Elbeuf, et Rouen apparaii enfin, sur la rive droite du fleuve, riche d'œuvres glorieu de grandeurs guerrières auxquelles ont snocéd triomphes du commerce et de l'industrie.

« L'histoire de la Normandie est un poëme, dit » justice M. Chapus, et Rouen en retrace les pag> » ses monuments noircis par le temps.

« Guillaume le Conquérant, Jeanne d'Arc et ses *) maudits, Richard- sans-Peur, Jean-sans-Terre, Lou » Charles IX, Philippe- Auguste, Louis XII, Hen » y ont laissé la trace de leur nom à côté de tant d'à » dont ses vieilles pierres réveillent la mémoire. Un » l'antique cité voulut raviver tous ses souvenirs, ér » ses splendeurs de toutes les époques. Elle déployât n ses légendes, tous ses titres historiques sur des draj » portant les noms qui s'y rattachaient. C'était une ») patriotique et opportune dans la fête d'inaugurati< » chemin de fer qui l'unissait à Paris, mais cette » tion poétique de ses gloires est écrite sur ses mu » caractères plus ineffaçables, unissant toutes les 6

Il fmdnit «n Erre cntâfir pevr déeiire tontes les nermes de la faitîe dm^ncad CameiUe-, tontes les bemtft^ i la eovroB&e de HKttvnents dont les fieura&s scoàt k dmis de Jnstioe, Im Githéanle et ri;giise St-OiieD, l'uaa s phis peifkitB édifiées gotbiqaes d« siaiide.Ges ridbess«i^

bien d'antres de genres drrers méritent eertaînemeni le ^us longne «isîte que edle que penrent âàre les lyagems pressés de dos paidsts; nous ei^gageoiis donc nx qui reviennent en France à ne pas négliger une stam aussi intéressante à tant de titres. Us nous remercient doublement e^ prennoit aussi, diaprés notre conseil,

voie commode de la Seine pour atteindre Bouen. Bien est plus pittoresque et grandiose que le trajet, par steaer, du Havre à la vieille capitale oi\ le 30 mai 143lJeannc

Pucelle expiait sur le bûcher son ardent patriotisme

sa naïve confiance dans les voix qui venaient de Dieu. ( i ) Ce n'est pas que le parcours du chemin de fer de Kouon . Havre soit dépourvu de beaux paysages. La voie scrute au contraire entre de charmants coteaux que relient rfois de gigantesques viaducs tels que ceux de Malau-

;i) La tour où fut enfermée l'héroïque fille de Domreniy sera Qservée par une souscription nationale. Il appartenait è notre Qps de protester chaleureusement contre l'oubli des siècles

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uay, de Barentîn et de Mirrille. Mais quel chame li s^at tacherait pas aux vieilles légendes des <diâte«ixfc|*' Robert-le-Biable, de Tanoarville, et do Manoir de K»r nil surnommé la belle parce qn' Agnès Sorel, la dame «l' beauté, y mourut 1 Qui n'admirerait pas les bellesniiiNsâsli abbayes de St-Georges-de-Basoherville, de Juiiiiègtf,ti St-Wandrille ; l'Eglise élégante de Gaudebec, 1» fhi belle chapelle qu'on put voir au dire de Henri lYlQ* spectacle plus curieux enfin que celui de la barre de ■ Seine à Quillebeuf, but d'excursion moderne des Pansk* avides des émotions du Mascaret !

Le Havre aussi mériterait un long article s'il fallait fftracer toute son histoire. Elle ne date pourtant qi!»!^ François I^'' qui, comprenant l'importance d'une telle psition, ordonna de suite l'exécution des travaux indiqua dans le rapport du maréchal de Bonnivet : « Sur ce vtf*i » emplacement à l'embouchure du fleuve propre non a* » lement à recevoir des fortifications à l'encontre te » Anglais, mais excellent aussi comme ville et hâvre po* » traduire et transporter par eau toutes sortes de Dtf* * chandises en la ville de Rouen et aux villes d'anwi' » comme Paris et autres bonnes villes. »

Plus de trois siècles ont pleinement confirmé les pré^ siens si bien formulées, et la cité dont PEcusson consefl* encore les armes du vainqueur de Marignan a du re^ aujourd'hui des attractions de toute nature. Elle a de ({^ charmer l'attention du passant, en dehors du spec sans cesse varié et mouvant de ses bassins, de ses doeb

"in puHmanA maiitiine qu'on déoomnre de ses quais ou » baatenzs qui domiiifiiit sesTienx quartiers. Ia Hèvc, ses ^i«B, la oôte dTjQgouville, la vallée d'Oroher, le site aeci- !^*é de MoutÎTillieTB, l^sntique cité d'Harfleur sont oou- ^ des touiisteB. Karr a chanté Etretat et Ste-Adres«i. LX cuTirons, et par de là la Seine, s^èlévent Honfieur «a Bionta^e de Notre-Pame-de-Gr&oe ,- TrouriUe, lo ^dezTous de l^élite des baigneurs, déjà peuplé de ricbes •as. £n £iut-il davantage pour expliquer cette affluencc ►rme de voyageurs que porte chaque été vers les plages TtLÎBeB le long ruban de fer qui a succédé au premier ù tenté dès 1837 par les deux fràres que nous avons eu ï Poccasion de citer comme les promoteurs actifs des ads travaux de notre pays.

(a'on lise du reste un petit livre dont les éditions se t rapidement épuisées (1) et Pon sera sûrement tenté levancer de quelques jours la date invariable des dé- .8 pour l'Amérique, ou de faire, au retour de Newk, un séjour dans la ville normande qui serait la rivale *euse de Marseille si le percement do Pîsthme de Sues *aisait entrevoir des destinées immenses à Pantiquo phocéenne.

1, route de Brest a également ses beautés, ses souvc-

ses légendes. En quittant Paris, chaque station fait

)rd apparaître tout un monde évanoui de splendeurs

Sur la Jetée, Le Havn et ses environs, par Sanlallier,

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royales, de fêtes prinoières, comme aussi de hantes iofinrtunes. Meudon, Sèvres, St-Cloud, Versailles, St-Cyr, Port-Boyal, Chevreuse, Ramboaillety Epemon, Mamtenon sont des témoins vivants encore de presque toutes les périodes de Phistoire de France et surtout de Tépoque fari^ 1 lante qui porte le nom de siècle de Louis-le-Ghrand. Sd I voyant défiler rapidement ces châteaux d'un autre âge, eei I parcs immenses, ces ombrages touffus où vécurent et pu- r gèrent tant de gloires, tant de génies, on pentévoqiuràf^ son aise toute une épopée. Versailles à lui seul e0tii»|(t féerie et la postérité reconnaissante n'oubliera paB^velil|f. Roi Louis Philippe fut le restaurateur intelligent deM^lj^ immense palais devenu l'asile général de toutes lesilltf'lii trations de la France, le plus magnifique monument desl j^ grandeur. Une telle pensée suffit pour illustrer un règy&lj^^ Dès que le train a franchi Maintenon, se dressent iNlf^i^ monuments d'un autre temps: Dolmens et Menhirs dtflj^^ Gaules, camps et chemins romains, vieux monastères, d# j^ joDS et châteaux, antiques églises du moyen-âge que ^ mine la magnifique cathédrale de Chartres, Tune des pi* belles œuvres dont l'art chrétien puisse se glorifier et q« peuplent quatre mille statues historiques. Nous notons * passant l'immense tranchée de la Loupe, longue de qu^ kilomètres, travail gigantesque qui n'a rien à envier à œtf de Borne, puis nous signalons rapidement : Laval i0 vieilles murailles qui ont vu presque toutes les guerres^ nos longues luttes nationales contre les Anglais et deoH discordes religieuses ou politiques; Vitré près delaqncfc

se trouve le château des Rocliers, terre de la spirituelle marquise de Sévigné, puis Bennes, célèbre dès les temps de la conquête romaine, capitale plus tard des duos bretons, et siège des Etats et du Parlement dont les querelles forent autrefois si vives.

On entre après cette station en pleine Armorique, la seule province des Gttules que César soumit à peine, qui resta séparée de la monarchie jusqu'au double mariage de t» bonne duchesse Anne avec Charles YIII et Louis XII, »t dont l'isolement presque complet vient à peine de cesser, ^âceà l'inaij^uration du chemin de fer qui traverse les cités l« Lamballe, St-Brieuc, Guingamp et Morlaix pour aboutir . Brest. Dans la plus grande partie de ce parcours l'aspçct u pays est triste. De vieux manoirs, de hautes ruines, jeB clochers élancés viennent seuls de temps en temps ompre la monotonie du paysage formé le plus souvent de ^ndes nues que l'imagination craintive du Breton peuple « follets ou de gnomes. Aux landes succèdent des vallées Yof ondes aux terribles légendes (Elorn). Des pierres druiiqnes, respectées et intactes, sont, sur cette terre que le ^mps n'a pas encore modifiée, des témoignages muets des derniers âges. Ils marquent une époque de notre histoire omme les ruines de Boche Maurice et du château de "oyeuse-Garde rappellent les jours de la table ronde, les ^its et les gestes du Boi Arthur, de Lancelot du Lac, de Tristan, d'Hoel et d'Yseult aux blanches mains. Peu à •^u le paysage revêt des tons moins sévères ; Morlaix, 'perçu du haut de son pittoresque viaduc, montre ses rues

étroites garnies des maisons des zv* et zyi* siècles, riches d^écussons, d'armoiries et de devises. Les collines s'abaissout enfin près de Landemeaa et bientôt apparaît la nde qui, selon la belle expression do M. Bhôné (1), forme U splendide embouohnre de la longue voie ferrée à donUe courant qui, mieux que ne le pensait Pascal des fleuTes, peut être appelée le chemin qui marche.

Seize heures ont suffi pour faire traverser ces nombreuses provinces, véritables états particuliers à travers lesquels les envoyés royaux avaient souvent de la peine à pénétrer aux derniers siècles. La civilisation et la vapeir ont abaissé toutes les barrières qui se dressaient antrefoifl menaçantes. Des trains de plaisir circulent aujourd'hii sans entraves où les soldats armés ne se firayaient pas aisé' ment un passage il y a moins de cent ans. Ce qui était n long voyage n'est plus qu'une distraction sans fatigue, et, pour nous, l'arrivée aux dernières terres de France n'est aujourd'hui que la fin de la première étape du voyage ai Nouveau -Monde.

l'bmbàrquement.

Parvenu à Brest, le voyageur n'a, en effet, qu'à se diri-

(1) Discours à l'inauguration des chemins de fer Bretons. (Br«< 25 avril 1865.)

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ger vers la rade où Tattend le steamer et les formalités de l'embarquement sont du reste des plus simples, soit qu,e l'on ait choisi d'avance sa cabine à Paris; (il faut y songer souvent plusieurs mois avant l'époque du départ) soit qu'on ait préféré s'adresser aux agences locales en prenant les mêmes précautions.

Lie jour, l'heure du départ sont annoncés dans la plu- )art des journaux, ou affichés dans les gares des chemixis le fer ainsi que dans les bureaux de poste de Paris, et le service des voies ferrées françaises est si régulier que bon lombre de passagers pressés se rendent même souvent di- >ectcment à bord des packets sans séjourner un moment lans les ports que nous avons indiqués.

Quelques soins de surveillance pour le numérotage des pros bagages qui ne doivent pas être ouverts pendant le royage ; un peu de prévoyance dans le choix des objets léccssaires pour une traversée de 10 à 12 jours de mer; in peu d'art dans l'installation de la chambre restreinte |Tii doit servir au repos, constituent d'ailleurs toutes les -ecommandations qu'on puisse faire aux voyageurs qui l'ont pas encore acquis, à leurs dépens, Texpérience dos excursions maritimes.

. Tout au plus doit-on se munir en outre d'un passeport, laguères encore fort impérieusement exigé par les consuls les Etats-Unis et dont l'inutilité notoire légitimerait la mppression par tout le Monde. Les annales de la justice l'ont en effet jamais signalé Tarrestation d'un malfaiteur jui ne fut pas jpîus qu'en règle sous ce rapport.

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Ces préparatifs terminés, la plus longue partie du voyage commenoe.... Le steamer, impatient de prendre n oonrse, lance an loin sa noire famée, l'anore se lève, les roues on l'hélioe s'ébranlent et bientôt apparaît sur labune le large sillon du navire presqn'anssitôt disparu que tnoé, saisissante image qn^ont utilisée les poètes et qui n'a qw trop d'application dans la vie de Phomme !

Ici rien ne serait pins simple pour le lecteur, et pour celui qui écrit ces lignes, que d'user dn commode prooédé dont s'est servi M. Laboulaye pour transporter son honorable héros de Paris à New-York. (1) Malheureusement les Compagnies Transatlantiques n'ont encore aucun contrat passé avec des Esprits^&xmi puissants. Nous n'ayons, nous même, aucune relation personnelle avec les médium du spiritisme et Jonathan Dreaan ne nous a pas donné la formule de ses pilules magiques. Nous avouerions sans peine aussi nos doutes et surtout nos appréhensions sur U sécurité des services aérostatiques dont nous prédit, en Amérique comme en France, l'avènement prochain. Force nous est donc de continuer prosaïquement le récit que nous avons commencé.

Un illustre naturaliste, peu enthousiaste de la navigation, a écrit dans l'un de ses ouvrages la boutade suivante:

« Je suis tenté de comparer un navire à une souricière. » Chacun de ceux qui passent la planche entrevoit sans

(1) Paris en Amériqyye^ ch. 1 et 2.

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» doute un morceau de lard. Une fois les voiles déployées, » c'est la trappe qui tombe, la souris est prise, il n^y a » pas à s'en dédire et il ne reste plus que les barreaux à » ronger. » (l)

J'espère pouvoir montrer bientôt qu'il est encore des distractions possibles pendant les trajets de mer et les passagers émérites n'ont pas besoin que je leur dise qu'ils ont, pendant la durée de leur détention volontaire, autre chose à ronger que les barreaux de leur prison.

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