‹ En steamer.: histoire, souvenirs, impressions de voyageChapitre 13 sur 21 · LE SEJOUR EN MER · texte numérisé non relu

LE SEJOUR EN MER

Les poètes et les rêveurs ont souvent prêté une existence propre aux inventions de l'homme, mais jamais ils n'ont eu plus de raisons de le faire que pour ces merveilleuses machines auxquelles il ne manque rien, en apparence, des phénomènes qui caractérisent ordinairement les êtres vivants. N'ont-elles pas en effet : l'âme embrasée qui lance au loin dans l'air son souffle puissant, la faculté de vaincre la distance par des modes variés de locomotion, la grâce des évolutions et même la modération possible d'un entraînement qui semble fatal et qui obéit à un geste, à une parole ?

(1) Commerson, compagnon de Bougainville. (Manuscrits déposés au Muséum).

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L^ancicn navire est resté plus beau d^allares quand le vent enfle les nombreux étages de ses voiles et qu'il semble bercé sur le dos des vagues ; mais le packet a, de plus, U puissance de la lutte contre la tempête, et le siUoQ qu'il imprime sur la mer, alors qu^elle paraît le plus terrible, est le cachet assuré de sa victoire. Rien ne Parréte dans sa course. Sa route n'a pas les déviations des caprices du vent et, au jour qu'il a marqué d'avance pour son repoe, le steamer vient, plus docile que le vaisseau du désert, se rapprocher de terre pour y déposer ceux qu'il a promenée sur la vaste étendue do T Océan, en les protégeant contre l'agitation des flots.

Mais le monde moderne a soif de progrès utiles et non de poésie, il veut avant tout aller vite et cette fiévreuse préoccupation (peut-être exagérée) de notre siècle n'est nulle part plus évidente que dans les recherches qui ont été faites sur la meilleure route à suivre d'Europe aux Etats-Unis, nous allons en dire quelques mots avant d'aborder les incidents particuliers du voyage.

A. — Route des steamers.

Il peut paraître singulier qu*on ait à s'occuper d'une route particulière pour des navires qui peuvent aussi bien se passer des vents que se jouer des calmes, double cause d'arrêts ou de retards des bâtiments à voiles. Il semblerait en efi^et que tout doit se réduire, sous ce rapport, à une question astronomique ou cosmographique, c'est-à-dire

à la mesure exacte, sur une carte, de la plus courte distance possible entre les ports américains et ceux d'Europe. Il est loin d'en être ainsi.

La rapidité de la marche des steamers, certains phénomènes atmosphériques presque constants dans le nord de l'Atlantique, quelques particularités spéciales à la mer qu'on sillonne, introduisent dans la résolution du problème, en apparence si simple, des données qu'il est impossible de négliger.

On ne peut donc compter strictement sur les chiffres mathématiques des lieues qui séparent Liverpool, Brème, Hambourg, le Havre, Queensto^n ou Brest des ports de Boston, d'Halifax ou de New- York. Ces chiffres sont invariablement fixés, en prenant, par exemple, le point de départ de New- York à: 3,013 milles pour Liverpool; 3,091 pour Southampton ; 3,174 pour le Havre, 3,000 pour Brest. Mais ces évaluations ne peuvent être acceptées, autrement qu'au point de vue théorique, pour un grand nombre de raisons que nous allons exposer, et les gouvernements les ont implicitement modifiées dans leurs conventions postales en les augmentant généralement de 3 0/0.

Cet écart est insuffisant car la route faite sur l'arc de grand cercle, c'est-à-dire la plus courte distance entre deux points sur la sphère, ne peut être réellement suivie par les steamers. Il suffit en effet de la tracer sur la carte pour remarquer qu'elle passe d'abord sur le cap Bace luimême, au lieu de le contourner et qu'elle conduirait ensuite le steamer qui la suivrait aveuglément sur Pile de

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Sable et les dangers si nombreux situés au Nord-Est des attérîssages de New- York, (Nantucket, Greorge'8 Baok etc.) Il y a donc obligation d'allonger ee chemin, d'où résultent diverses appréciations de la totalité des milks à parcourir par les paokets et Tadoption assez générale des chiffres suivants comme se rapprochant le plus duch^nin habituellement parcouru: 3,173 milles de New-Yotkà Liverpool, 3,255 du même point à Southampton, 3,330 jusqu'au Havre, 3,160 jusqu'à Brest.

Encore bien des causes accidentelles viennent-elles souvent accroître les distances ainsi déterminées. Parmi ces causes doivent figurer surtout l'influence des vents violents, celle des courants, l'incertitude des compas à bord de presque tous les navires à vapeur et de ceux en fer en particulier aussi bien que les précautions que rend obligatoires le voisinage de certains dangers tels que les banquises de glaces. Nous citerons également, mais seulement pour mémoire, les pertes de temps occasionnées parla maladresse ou l'inattention possibles des matelots chsgés de gouverner, pertes qui ont une valeur très sensible dans les allures d'extrême vitesse des steamers. Le moindre faux coup de barre produit, en eflFét, en raison même de cette vitesse considérable, des écarts de route d'une divergence énorme et, par conséquent, une perte de temps notable pour le retour en droit chemin.

Plusieurs de ces causes seraient certainement annibi' lées ou, du moins, très sensiblement atténuées si l'Océan Atlantique offrait toujours dans la région de navigation

des grands steamers un ciel clair ainsi qu'un horizon sans nuages. Malheureusement les beaux jours sont presque l'exception dans ces parages pendant toute la durée de l'année ; des brumes épaisses y persistent souvent plusieurs semaines ou plusieurs mois et il est vraiment difficile d apprécier quelle responsabilité pèse sur les capitaines lorsque deux ou trois fois 24 heUres se sont écoulées sans qu'ils aient pu s'assurer par des observations astronomiques de la distance qui a été franchie, de la position que le bâtiment occupe réellement.

Nous aurons bientôt à faire avec quelque détail, au chapitre des incidents extérieurs du voyage, l'histoire générale et topographique des principaux dangers dont nous venons de parler. Nous aurons aussi à indiquer ceux qui -se rattachent au stationnement de pêche, sur un des points du parcours obligé des packets d'une assez grande quantité de navires appartenant à diverses nations, mais il nous faut, avant de finir cet article, dire quelques mots d'une proposition faite par le célèbre capitaine Maury, alors directeur de l'observatoire de Washington, dans le but d'éviter aux steamers de plus en plus nombreux qui sillonnent simultanément le Nord de l'Atlantique, non seulement les dangers des côtes, des glaces et des navires, mais encore ceux de la collision terrible des bateaux à vapeur entre eux.

Cette proposition fut l'une des conséquences les plus immédiates de l'émotion universelle causée par la nouvelle de la rencontre qui eut lieu le 27 Septembre 1854,

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entre VArtic de la ligne américaine CoUins, et la petit steamer français à 54 milles seulement du cap Batt de Terre-Neuve. Trois cents victimes périrent par 1» difr parition du premier sous les eaux, et si le sauvetage hardi du second fut Poccasion pour Pun des capitaines actndl de la Compagnie Générale Transatlantique, M. DaohesBii de montrer les remarquables qualités d'homme de iDtr et Pénergie qui le caractérisent, Pétude des mesuiesi prendre pour prévenir de tels désastres parut urgente * fut promptement abordée.

Je n'énumérerai pas ici les nombreuses idées quifaw»* émises sur ce point. Plusieurs étaient inapplicaUes w inefficaces. Quelques unes témoignaient (ce qui n'est q« trop fréquent) d'une complète ignorance des choses de 1> mer. Je me bornerai à dire que Maury résolut seul l'u»' portant problême d'une manière à la fois pratique et scientifique, caractère constant de toutes les œuvres de cet homme éminent.

En analysant une masse considérable de journaux d< mer provenant des bâtiments à vapeur des lignes alors ri vales de Cunard et de Collins, il avait remarqué que le routes d'aller et de retour de ces navires embrassaient iiii zone d'environ 300 milles de large sur l'Océan. Il ne li en fallut pas davantage pour arriver à la solution désiré car il suffisait évidemment de détacher au Nord de zone indiquée une bande de 20 à 25 milles et, au Sud, ui autre bande de 1 5 à 20 milles pour tracer deux voies bi< distinctes séparées dans la plus grande partie de leur tr

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par de grandes distances. Jjs^ première serait consacrée voyages d^Earope vers TAmérique Septentrionale, la nde pour les parcours en sens inverse, iaury a fait plus que proposer cette double route anae aux deux voies de nos lignes ferrées, il en a netteb indiqué les limites sur des cartes spéciales et analysé les avantages dans plusieurs lettres adressées aux ciants de Boston et de Liverpool. Il a reproduit ses ments, dans sa géographie de la mer^ et ses admirainstructions nautiques. (1) Il a même pu profiter de >tiblications successives pour réfuter victorieusement q[ues objections faites à son système et ses propositions Dnt certainement par triompher aussitôt que l'avenir . donné raison aux opinions que nous avons émises sur ivantages des trajets sans escale entre TEarope et r-York. (2)

ous aurons à revenir plus loin sur les idées humani- 38 de l'illustre découvreur du monde de la mer et si 3 ne les exposons pas dès ce moment in extenso, en ce a trait à notre sujet, c'est qu'elles supposent 1* consance de faits sur lesquels nous devons d'abord appe- .'attention de nos lecteurs. Ces faits ne sont autres que

Ces instructions sont destinées à accompagner les cartes ents et de courants. M. Yaneechout les a traduites en fran- — Paris. Dépôt de la Marine. 1859.

Voir nos conclusions du chapitre deuxième.

les inoîdents particuliers du voyage lui-môme. Nous allons les résumer dans l'ordre suivant lequel ils se présentent au voyageur qui part d'Europe.

B. — Incidents extérieurs du voyage des jpacJcets.

Nous préférons ici, comme plus naturelle, la division chronologique à toute autre et le lecteur nous pardonnera sans doute si nous substituons à une étude peut-être plus dogmatique la simple description :

1® Des événements spéciaux au départ de France;

2® De la traversée de l'Océan dans sa région la plus large ;

3° De l'arrivée et du passage près des bancs de Terre- Neuve ;

4° Des attérissages de l'Amérique jusqu'à New-York.

Les limites de ces sections sont en efifet beaucoup moins arbitraires qu'on ne serait tenté de le croire avant de S'être livré à l'observation un peu attentive des phénomènes particuliers à chacune des divisions que nous ve-j nous d'établir.

1° DÉPART DES COTfS DE FRANCE.

Cette partie du voyage est la plus courte et n'embras» guère qu'un ou deux jours. Elle est aussi bien loin d'étitl la plus gaie. La séparation d'êtres chéris, Pisolement milieu d'étrangers indifférents et affairés, le passage d'i

LE V0TA6K iSi

liberté de mouvements qui n'avait d'autre entrave que la Tolonté à la réclusion déguisée du paquebot ; la diminution relative du confortable qui pénètre aujourd'hui partout et transforme les plus modestes maisons de notre siècle en palais d'un autre âge ; les premières atteintes enfin de ce mal de mer qui faisait le désespoir des temps anciens et n'épargne presque personne du nôtre ; toutes ces raisons font déserter souvent le pont des steamers pendant les premiers jours de la traversée. Seuls, les passagers habituels de l'Atlantique supportent sans gêne les épreuves auxquelles ils sont initiés de plus ou moins longue date.

C'est pour eux que je rappellerai l'admirable panorama qui 8'e£face à mesure qu'on cesse d'apercevoir le Havre, et la vue de Cherbourg et des travaux cyclopéens de sa digue, le long de laquelle on passe quelquefois à toucher. Plus loin se dessine le relief éloigné du cap Lézard ou des îles Scilly, promontoires extrêmes des terres Européennes aperçus avant d'entrer dans le désert océanique. Le dernier adieu est pour les phares, admirables créations que l'esprit moderne, inspiré de la plus expansive charité, pose fièrement comme un défi aux fureurs des vagues et qu'il multiplie, en les perfectionnant sans cesse, par une sollicitude qui n'a de supérieure que celle de la provilence de Dieu.

tîK =^ Ils sont la consolation du départ comme la joie du re- *9^our. La vue de leurs hautes tours est toujours bénie, tant 9f''^Iles paraissent saluer le voyageur en l'accompagnant de

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leurs yœux empressés, ou en leur souhaitant la bien Vînaie, Ils semblent même ayoir les émotions et les angoisses da Tabsence car, selon la belle expression de Michelet, ils s'émeuvent dans les sombres nuits des tempêtes et, prenant part aux conrulsions de POcéan, rendent feu pour feu aux éclairs du ciel. (1)

Le spectacle qu'offire la sortie de Brest n'est pas moins grandiose. Devant les yeux défilent rapides les côtes sévères du goulet hérissé de fortificationS| les dentelles de pierres des ruines de l'abbaye de St-Mathieu, les flèohea élancées des clochas bretons, les rochers pittoresques de» dernières grèves du Finistère, et, plus loin, les ilôts qui bordent le large chenal de l'Iroise, enfin Pile et les phares d'Ouessant et de la chaussée de Sein.

De nombreux navires paraissent et disparaissent pe&dant toute cette période de la traversée, surtout à Tentrée de la Manche, carrefour ou s'engouffrent les richesses du monde. Bientôt, ils deviennent plus rares, la solitude se fait autour du packet et le voyage de l'Océan propremcD* dit commence.

â** TRATERSÉE DE L' ATLANTIQUE.

Ici point d'incidents extérieurs remarquables; quelque rares voiles aperçues au loin, venant, anxieuses, demander; au steamer rapide la rectification de leur route oudelem

Ce (1) La mer, p. 93, 1861. t\[^

ï point ; 4uelqtieB épaves entraîoées et ballottées sur les flots ; des bandes d^oiseaux de mer dévoyées par la ternît péte ; des troupes de marsonîns paraissant comme toujours ■ se livi'er à des luttes aeharnées de vitesse ; puis Téternel i i spectacle d'un ciel généralement couvert et d'une mer agitée.

p La région de PAtluitique qui s'étônd des côtes d'Eu* â rop« aux hauts fonds de Terre-Neuve offre pourtant un a véritable intérêt à*plus d'un titre, et nous allons grouper »' dans cette partie de notre chapitre quelques considéraf tions générales sur cette portion de l'Océan, sur sa prof oni ^lettTf ses courcmis et les condition^ dé son atmosphère. Ces considérations ne sauraient occuper une meilleure place.

C'est en effet sur le parcours ordinaire des steamers «que se sont effectués les travaux les plue intéressants relatifs à la disposition longtedips inconnue des limites infévierares de la mer, ainsi que lés recherches les plus corn- Jl^Iétes dont le résultat, tout moderne, a été de soulever une partie des voiles qui nous cachent encore Téconogénérale de la portion liquide ou gazeuse de notre ^lobe.

A. — Limites profondes ou vallées sous marines de l'Atlantique.

On n'avait pu parvenir jusqu'à nos jours à déterminer

'tme manière certaine les profondeurs réelles de la mer.

^3ette lacune de la science à cessé. Des appareils perfec*

ionnés ont permis d'aller mesurer les dépressions sous-

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marines de la croûte terrestre avec presque autant de précision que l'on arrive à évaluer le relief des hautes montagnes du globe, et les grands sondages exécutés à Taide des sondes de Brooke ont révélé tout un ensemble de fiûfts que nous allons résumer.

Un des plus importants de ces faits est la constatation de la disposition générale du bassin de l'Atlantique som forme d'un long et gigantesque canal séparant Taneien monde du nouveau et s'étendant probablement d'un pôle à l'autre. Ce canal est loin d'avoir dans toute son éten* duc les mêmes dimensions et, sous le parcours du voyage d'Europe vers l'Amérique du Nord, on a pu vérifier ç[ii*oo peut y reconnaître et limiter quatre zones distinctes, asseï irrégulièrement disposées.

La première, et la plus voisine des côtes Européennes ou américaines, (y compris celles de Terre-Neuve et lefi bancs) correspond à des profondeurs inférieures à 1830 mètres. La seconde, qui borde la précédente à la façon d'un ruban, comprend dos sondes inférieures à 3,660 mètres. Elle forme de plus la plus grande partie du fond de lAtlantique entre le 20« et le 45® degré de longitude et s'étend au Sud jusqu'au delà des Açores. L» troisième, de peu d'étendue vers l'Amérique, constitn* une sorte de canal particulier entre le ruban européen de la 2® zone et le plateau central de cette mémo bande. Elle correspond à des profondeurs au-dessous de 5,490 mètres» La quatrième enfin est plus restreinte encore ; elle n'existe, pour ce qui nous concerne, qu'entre les côtes des Etat*

Unb, le grand banc, les Bermudes et le plateau. Elle donne des sondes inférieures à 7,320 mètres. On admet bien aussi qu'il existe un espace plus profond au sud de la Nouvelle Ecosse et dos bancs de Terre-Neuve, ou la dépression du sol sous-marin serait à son maximum, mais les sondages signalés en ce point sont tellement extraordinaires qu'ils doivent inspirer de sérieux doutes.

lia conséquence directe de ces déterminations a été l^espoir de la réussite de la pose d'un câble électrique sur le vaste plateau que l'on a reconnu s'étendre du cap Eace de Terre-Neuve au cap Char en Irlande et qui a reçu dès sa découverte, le nom de plateau télégraphique. Tout faisait supposer qu'on ne pouvait y rencontrer de profondeurs su* périeures à 3,047 mètres, ce qui laissait entrevoir la possibilité de déposer au fond de la mer le long câble destiné à unir les deux mondes. L'expérience n'a pas contredit l'hypotbèse, puisque cette immense entreprise a déjà réussi une fois, a même fonctionné du 16 Ao(\t au 1^' Septembre 1858, et a valu à son directeur M. W" Field une ovation enthousiaste de 16 heures à New- York.

Je ne ferai point ici l'histoire des phases de la pose du câble transatlantique et des difficultés que rencontrèrent le Niagara et VAgamemnon pendant l'immersion des 2,200 milles de câble entre la baie de Yalentia en Irlande et celle de la Trinité à Terre-Neuve. Je ne rappellerai que deux faits de cette histoire, l'un relatif au nombre des dépêches transmises, l'autre ayant trait aux causes d'interruption du courant électrique à travers les fils

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conductears. Ces deux faits emportent avec eux un enseignement. Le voici :

Dans les 23 jours de transmission efficace, 271 télégrammes comprenant 2,885 mots furent seulement envoyée de Terre-Neuve à Valentia,et 129 dépêches, ou 1474 mots, expédiés de Yalentia à Terre-Neuve, soît en totalité 40C télégrammes ou 4,359 mots. (1) Faut-il une plus complète démonstration de ce que nous avons avancé dans le 2"* ehf pitre de ce livre au sujet de la comparaison des services télégraphiques avec les services postaux et du caractère évidemment différent ou spécial des communications def deux genres ? Cette somme de transmissions, alors même qu'elle s'augmenterait considérablement pour le même espace de temps, pourrait-elle jamais approcher de Pimmense accumulation de dépêches, détaillées, précises, variées, apportées dans une seule semaine par les quinze grandi steamers qui quittent actuellement (ainsi que nous Payonî dit ailleurs) le seul port de New- York. Et encore nous n'envisageons ici qu'un des côtés de la question puisqu'un nombre au moins égal de packets part aussi d'Europe tous les huit jours. Les relations télégraphiques ne pourront donc, bien évidemment, se substituer aux relations poste* les ou même en atténuer Timportance, entre l'Europe et l'Amérique.

(1) Nous empruntons ces chiffres à l'année scientifique de M. Louis Figuier. 1865. p. 147.

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D'autre part, rextrâction de plusieurs fragments du premier câble transatlantique a fait constater presque toutes les sauses de sa détérioration. Elles se résumaient en somme dans le défaut d'une protection suffisante des fils contre âes altérations produites avant l'immersion par l'action trop prolongée des rayons du soleil sur la couche isolante de gatta percha et par l'ozidation des fils d'enveloppe par les chlorures des eaux de la mer.

Tout doit donc porter à croire que de nouveaux efforts sauront atteindre le but ardemment poursuivi.

Four nous un ou plusieilrs insuccès nouveaux ne pourraient même être invoqués comme preuve de l'impossibilité matérielle d'unir par ce moyen les deux continents, et des recherches précises ont surtout parfaitement prouvé que les obstacles no peuvent dépendre du plateau qui doit servir de lit de repos à la plus grande longueur du câble BOUS -marin.

Ces recfherohes dues au lieutenant Berryman, commandant le Dolphin^ ont eu pour premier résultat de rapporter du fond de la mer des échantillons curieux dont l'examen au microscope fait à West Point par le professeur Bayley, a fourni des données secondaires très précieuses. Ce dernier gavant à reconnu que les spécimens ramenés par l'appareil sondeur de Brooke, loin d'être puremetit argileux, (ce qu'on avait d'abord pensé) se composaient presque exclusivcmeni de coquilles microscopiques calcaires de foraminifères mêlées à de rares coquilles siliceuses de diasto^ macée$ et que ces coquilles étaient dans un état parfait

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de coDaervatioD, sans Bable ni grayier. Comme tout a'eachaine dans les sciences, cette seule observation a pour prouver que l'Océan était dans le point des iondages dans nu état de repos extrêmement remarquable car, s: cela, des coquilles délicates et imperceptibles auraient été roulées, usées, ou tout an moins mêlées de corps étraDgsrf apportés par les courants. Leur intégrité démontre en ontre c[u'ellcs ont di\ se déposer lentement dans les pointt où on les a recueillies, car elles n'auraient pu évidemment y vivre sous la pression de 400 atmosphères que reprtscnte la colonne d'eau de 3,1300 mètres de hauteur qui In protégeait. On dirait, ainsi que l'énonce Maury, que K blable aux épatscs nuées qui flottent sur nos têtes pendtnl les jours d'hiver, la mer laisse tomber continuellement di pluie de coquilles qui s'amoncellent sur son lit et qui k couvrent les débris des naufrages comme les fioconsdt neige ensevelissent sous un linceul glacé le corps duvojigeur perdu dans les tempêtes. Les cavités extrêmes ife l'Océan ressemblent ans derniers sommets des montagnt!, comme eux, elles dépassent la région des orages , o eus elles disparaissent enveloppées d'un éternel mante» Ce calme des couches profondes do l'Atlantique demi» tre que le plateau télégraphique se trouve admîrablemfl»! approprié à la destination qu'on veut lui donner. Le repoi de la masse liquide qui le recouvre favorise la pose i' câble ; la nature du fond concourt avec ce ropos à pré» nir toute usure causée par des frottements. La profi»' deur, assez peu considérable pour rendre l'opération deli

. pose elle-même praticable, est en outre suffisante pour garantir tout l'appareil du ohoc des glaces flottantes dont . nous parlerons bientôt ou de Faction des courants de la . . surface. Bien ne saurait par suite s'opposer d'une manière absolue à la réalisation d'une entreprise dont Pimagînation la plus hardie peut à peine deviner dès ce moment toutes les conséquences pour le bonheur de l'huma- .^ nité.

-^ Reste la seule question de l'inconvénient reconnu aux j^ longs conducteurs d'affaiblir énormément les courants élec- -« triques et de produire en même temps des courants d'in- . « duction très incommodes dans la pratique de la télégrats} phie. Mais, à supposer que ces difficultés ne puissent être ^ vaincues ou sensiblement atténuées par des amélioras.' tiens de construction, (ce que nous ne croyons pas) le ^ finocès final de l'idée ne nous paraîtrait pas encore com- - promis.

' On aurait alors la ressource du fractionnement des li-

gnes, d'après le système récemment exposé par M. de Ifarcoartu, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées d'Espagne. Les escales des Açores et des Bermudes ; celles de l'Islande et du Groenland ; celles de la côte occidentale d'Afrique , des îles du cap Vert et du cap San lR,oque du Brésil pourraient être certainement utilisées, cependant nous préférons de tout point la voie la plus directe et nous suivrons de nos vœux ardents tous les essais qui seront tentés pour relier par un lien plus

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puissant et plus effioace que les traités les plus soleniMib l'Europe et le Nouveau Monde, (i)

Telles sont les partioularîtés que présentent Icis vallées profondes de l'Atlantique sous la ligne suivie par les Bteimers qui se rendent aux Etats-Unis. Nous esf^rons qu'a excusera l'étendue des détails qui précèdent en Ttàaoa de Pimmense importance que l'on attache à bon droit âa s» ces de ces magnifiques moyens de communication doit l'action civilisatrice ou paeifique ne peut être niée et qi'il était réservé à notre époque de voir naître et se généraliser partout. Les incidents particuliers à la mer dont les ^ kets rident à peine la surface ne sont pas moins intéressants. Ils vont maintenant nous occuper dans les psgH suivantes :

B. La mer.

Il appartenait encore à notre siècle, si favorisé déjà par l'extension qu'ont prises presque toutes les connaissances humaines, de découvrir que l'Océan aussi bien que l'atmosphère a son système de circulation se tradoisast par des courants plus ou moins réguliers. Des généralisations trop hâtives sont bien venues, dans oes demien temps, ébranler la foi que l'on doit accorder à plusieon points de cette théorie, mais nous pouvons dire hardiment

(1) Nos vœux se trou venl entièrement réalisées au moment où s'impriment ces lignes, (fin Juillet 1866)*

IM VOTAGS Hi

que les résultats des recherches spéciales à notre sujet n'oQt pas été démentis.

Pès longtemps l'attention ayait été attirée yers des événements singuliers démontrsmt une sorte de mouvement de la mer dirigé de l'ouest à l'est, vers les côtes Eui^opéennes. Un pilote du Boi de Portugal, Martin Yincen- %ej et Pedro Correa, beau*frère de Colomb, avaient trouvé, à 450 lieues à l'ouest du cap St- Vincent et près de l'île de Madère, des sculptures en bois travaillé sans le secours 4a fer. Des pins énormes et des roseaux rappelant par lears dimensions extraordinaires les bambous de Tlnde ciii» par Ptolémée (Cosmographie,!. 2. ch. 17) et dont l'un, montré à Colomb, pouvait contenir de nœud en nœud 9 garrafas de vin étaient venus s'échouer aux Açores, principalement sur les îles Graciosa et Fayal. On avait même trouvé sur les côtes de Tile Florès les cadavres de deux hommes dont la large face, au dire d'Herrera, ne ressemblait pas à celle des chrétiens. Mais on attribua, durant de longues années, ces effets à la violence des ouragans, sans chercher à en pénétrer le mystère, sans même remarquer que le mouvement des eaux était souvent indépendant de la direction des vents régnants.

Colomb avait découvert d'autre part, vers les tropiques, un courant inverse au précédent, se mouvant, disait-il, comme la voûte du ciel [con los cielos) de l'Est à l'Ouest. Il avait ressenti dans son quatrième et dernier voyage les effets d'un mouvement violent des eaux vers le golfe du Mexique. Mais ce fut Anghierra qui, peu après, embrassa, le

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premier, l'ensemble de ces phénomènes et reconnut les relations du tourbillonnement qui se manifeste à Feutrée de la mer des Antilles avec l'agitation qui se prolonge jusqu'à la tierra de los hacaîîaos, (Terre-Neuve). Humphrej Gilbert en exposa le système général dès 1567 et 1576.

Toutes ces observations ont été confirmées depuis. Od a retrouvé sur les côtes d'Irlande et de Norwège desfiraits et des graines d'arbres qui n'appartiennent qu'aux puties chaudes de l'Amérique. On a recueilli sur les plagn occidentales des îles Hébrides , et jusqu'aux environs dv cap Nord, (Lottin et Lalanne. 1838) des semences deDolichos urens, de guilandina Bonduc et bonducdktj^ Mimosa scandens et d'autres plantes de la Jamaïque, de Cuba et du continent américain, La mer a même apporté dans ces parages des carapaces de tortue et des barriques de vin provenant de navires naufragés dans la merdes Antilles, et le fait de ce genre le plus extraordinaire est certainement celui do l'arrivée sur les côtes d'Ecosse des débris du vaisseau de guerre le Tilbury détruit par ub incendie dans le voisinage de la Jamaïque. (Schleiden).

Néanmoins c 'est depuis les travaux du Major RenBell, de Humboldt et surtout de Maury que date la description complète de la marche des courants de l'Atlantique et spécialement la démonstration de ce grand fait : « qu'il » est un fleuve au sein de l'Océan, plus rapide que l'Ami* » zone, plus impétueux que le Mississippi, qui jamais M » tarit, qui jamais ne déborde dans ses plus grandes crues » et dont les rives étranges sont des couches d'eau firoiâ«

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» entre lequelles coulent à flots pressés des ondes tièdes » et bleues. »

Ce fleuve est le Chdfstream dont les conditions singulières ont beaucoup occupé les savants et dont Vorigine a été Pobjet de dissertations nombreuses.

D'anciens auteurs en avaient d'abord attribué la naissance aux eaux du Mississippi en raison de la proximité de ce fleuve relativement au point où le courant semble avoir le plus d'énergie, mais le capitaine Livingston a détruit bien vite cette hypothèse en montrant que le volume d'eau apporté par le roi des fleuves au golfe du Mexique n'était guères que la trois millième partie de la masse liquide du fleuve océanique. Les eaux du gulfstream, très salées, auraient dû, dans la première supposition, être au contraire do plus en plus douces.

Livingston voulut remplacer la théorie qu'il renversait par un système tout aussi peu plausible en avançant que la vitesse du courant dépendait exclusivement du mouvement du soleil dans Técliptique et de l'influence de cet astre sur les eaux de l'Atlantique. Cette idée ingénieuse fut promptement rejetée.

Il n'en a pas été tout-à-fait ainsi de l'opinion professée d'abord par Francklin puis développée par le Major Rennell et selon laquelle la génération du fleuve bleu est entièrement due au refoulement des eaux de l'Océan dans la mer Caraïbe par les vents alises de Nord-Est, ainsi qu'à leur accumulation dans le golfe du Mexique et à leur écoulement définitif par le canal de la Floride. Cependant

lii CHAPITRE TROISIÈMS

oette dernière h jpotiièsa, renouvelée de Pierre TAfit^ oa d'Humphrey Gilbert, et contraire en bien dos points vm lois connues de Thydrostatique, est loin de aatifi&ire i toutes les exigences de la science.

Quelques savants ne s'accommodent pas davantage i» Tadmission tout aussi exclusive de réactions plus intines entre des masses d^eaux océaniques de densités différentee et chargées d'éléments organiques, théorie qui t^nd à fiiiit du Ouîfstream l'unique régulateur de PéoonoDoie atUotir que, ou l'analogue du cœur dans la oircolation hurnuBei Ajoutons qu'il ne peut en être autrement quand on songe à la date récente des recherches entreprises sur un sujet aussi complexe et qui touche de si près aux causes e§* cientes des grands phénomènes de la nature.

Il est plus facile d'analyser les données générales àt l'histoire du gulfstream et l'on est parvenu sous ce rapport à des conclusions remarquables en suivant en quelque sorte pas à pas ce majestueux courant d'eau chaude b^

Sa largeur a été calculée et fixée à 14 lieues à la scNrtie m[ du golfe du Mexique, à 22 lieues par le parallèle de Chu* Ip lestown ; elle augmente encore plus tard, comme on k 1 c verra. I è

Sa profondeur parait être de mille pieds à son point | ]^ d'origine et l'on a pu mesurer la rapidité de ses ODde& Elles franchissent d'abord près de 8 kilomètres par heore^l];! (soit 172 kilomètres ou 43 lieues par jour,] puis deviens^ l^^^ plus lentes tout en conservant unç vitesse relative coDsi'|tlii( dérable dans toute l'étendue de leur vaste parcours, là la

Le thermomètre a siûtî le grand fleuve dans sa marche apide. H a domié 27* à la sortie du golfe et Ton a pu >nclare d'observations nombreuses que la température e variait que d'an demi d^ré par centaine de lieues tout A restant supérieure de 122<* environ à celle des milieux raversés.

Une forte coloration bleue, caractère général des eaux ohes en matières salines, a été remarquée dans presque >as les points du trajet, se dessinant par des lignes tran- \ièe& sur le fond moins azuré des autres eaux de l'Océan.

Toutes les conditions de ce vaste courant ont enfin été srupuleusement étudiées. On a même déterminé la courwre cofwexe que présente sa surface par suite de la moins rande densité et de la force d'agrégation de ses eaux hargées de calorique. Les limites des déviations de son ours selon les saisons ont été reconnues. Dès lors cette %ervcilîe de la mer, selon l'appellation qui lui a été donjée, a cessé d'être un simple phénomène accidentel ou iolé au milieu de l'Océan. Elle est devenue l'un des plus Hissants agents météorologiques de notre globe, l'un de es actes cosmiques de premier ordre dont il sera peuttre donné à l'homme de connaître un jour les règles et 38 lois.

Ce qu'il importe le plus de connaître aux voyageurs de

J^tlantique, c'est incontestablement le trajet exact du

^fstream. Auoiin point de son histoire n'a été mieux

lucidé, aucun n'a été l'occasion d'applications plus utiles

la navigation.

446 CHAPITRE TROISlillC

Pour résoudre cette question on a mis à oontribution l'observation directe, l'expérience des marins, les fûts curieux révélés par la marche des épaves de l'Océan, oft le cheminement des bouteilles cachetées que les navigfrteurs abandonnent souvent à la merci des vagues, pendait leurs voyages, et les résultats de cette vaste enquête oit présenté une concordance frappante.

On a pu établir sur ces bases qu'à la sortie du canal de la Floride les eaux du guîfstream suivent exactement li côte d'Amérique jusqu'au niveau do l'Etat de la Caroline. Leur coloration bleu indigo est alors tellement marquée que l'œil suffît non seulement pour en suivre le cours miû encore pour indiquer avec la plus grande exactitude la ligne de démarcation d'avec les eaux environnantes. Il arrive même souvent, dit Maury, qu'un observateur, placé à bord, peut voir la moitié du navire dans le courant et Tautre dehors, tant est énergique la cause qui s'oppose au mélange des ondes juxtaposées.

Parvenu au cap Hatteras et surtout aux approches de New-York le courant commence à ne plus côtoyer anfiâ exactement les terres. 11 s'infléchit vers le Nord-Est poor gagner les bancs de Terre-Neuve et cette déviation manifeste a donné lieu à de nombreuses discussions. On 1^ expliquée par la simple direction des côtes d'Amérique au point oi\ la déviation devient sensible, et surtout pari» présence des reliefs terrestres qui constituent les bancs de Nantucket et des iles voisines. Arago et le Major Beoncll comptent parmi les partisans de cette théorie, mé

Lte VotAGË H1

Idaury Ta combattue et, pour lui, rinflexion des eaux du pBdfètreàm en ce point n^est quWe conséquence ie cette oi générale qui, sous l'influence du mouvement de rotaiion diurne de la terre, porte toutes les substances ponlérables ou impondérables, une fois mises en mouvement, i se diriger par la voie la plus courte vers leur destination. Lies eaux du fleuve bleu, suivant alors précisément l'arc le grand cercle, seraient d'autant mieux un exemple de »ette règle que l'observation de la situation des épaves }u bois de dérive dégagés du courant a prouvé la consiante accumulation de ces corps sur sa rive droite.

Ce dernier fait est, on le voit, en complet accord avec a loi de MM. Foucault et Babinet, loi qui peut se traluire en disant que tout corps en mouvement, quelque }oit d'ailleurs le sens où il se meut, tend à tourner vers [a droite de l'observateur dans l'hémisphère Nord, et Fers la gauche dans l'hémisphère Sud. On sait qu'un sfTet semblable est produit sur les chemins de fer lont les déraillements se font toujours à droite soit en Europe, soit aux Etats-Unis. Les alluvions déposées par les fleuves, les expériences d'artillerie sont tout aussi Bonfirmatives et l'on peut même vérifier en petit le même phénomène en essayant de lancer un objet en dehors d'un iragon en marche. Le but ne peut-être atteint qu'autant que l'on tient compte tout d'abord de la vitesse communiquée au projectile par le train.

Quoiqu'il en soit le OvJfstream, à la hauteur des bancs de Terre Neuve, se porte plus directement eçcore à l'Est

Boït que le profil élevé des bancs entre pour quelque chou dans sa nouvelle déviation, aoit que ce cbaDgcment àc direction s'exécute à la suite du conflit de sea eïu 1 violent courant d'eau froide qui, descendu des mers polaires, vient le heurter en ae poîutj soit enfin, et c'est la tliéoric de Maury, qu'il continue à subir l'udoii des lois que noua avoua énoncées. Il traverse tlantique, en ralentissant sa marche et eu élaigiasaot hd cours, puis se divise enfin en deux branches priccipaliia dont Tuue gagne directement le golfe de Gascogne »frii avoir rencontré presque uormalement les cotes françÛKs de Bretasue, tandis que l'autre, remontant au Nord-En, embrasse les Iles Britanniques de ses eaux tièdea et n baigner à l'extrémité de sa course les oâtes de la Nonrigi et même de l'Islande.

Cette sorte d'épanouissement des ondes du grand co» rant Océanique rappelle à merveille les conditions s'iagnlières de ces rivlÈres ou fleuves qui, longtemps cadiéi d'abord dans l'épaisseur de la orortte terrestre, viennea' sourdre uu jour è. aa auifaec dans des conditions de volume et de rapidité considérables pour se répandre au loin dau les plaines qu'ils fertilisent par leurs ramifications du»' breuses.

Les fleuves ordinaires ont de tout antres destiuées. Lem source est modeste et sans puissance et co n'est qu'opte! avoir reçu de nombreux affluents qu'ils apparaissent étun toute leur majesté, dans toute la force de leur cours, Q> concentrant pour ainsi dire leur lit. Le Oulfsiream ai

contraire est terrible dès le point oi\ commence réellement son cours particulier et voit diminuer ses forces à mesure qu'il chemine, au point qu'il a souvent besoin (nous le dirons plus loin) du concours des vents pour atteindre le but, sans doute providentiel, de sa course.

Cette analogie est d'autant plus naturelle que loin de représenter une immense rivière descendant vers TOcéan, selon l'expression du Major Bennell, le courant du Oulfstream gravit au contraire, en se développant, un versant rapide, un véritable plan incliné constitué par des couches d'eau froide très distinctes, sur une pente de 25 centimètres par mille. (1852 mètres).

La diffusion de ses ondes et les variations qui en résultent, ainsi que de la diminution de sa vitesse, soDt remarquables et on a pu le comparer avec justesse, sous ce rapport, à un vaste pennon doucement agité par la brise et qui, fixé par une de ses • extrémités entre la Caroline et les JBahamas, flotterait à partir de Terre-Neuve tantôt ver» le Sud, tantôt vers le Nord, selon la saison et la température des eaux de la mer. Ces deux dernières causes pèsent en effet d'un grand poids sur les limites du grand courant d'eau chaude de l'Atlantique. Elles on relèvent en Septembre la bande septentrionale jusqu'au 45® ou 46<^ degré 4e latitude, après le méridien du cap Race, Elles l'abais* iMnt au contraire au 40® ou 41® degré en hiver et jusqu'en ICars. Le premier effet est naturellement dû à l'arrivée ^ masses d'eau chargées de calorique venues en été de la fournaise ardente du golfe du Mexique ; le second à la

cHipini tioisiGmb

diminatîon do chaleur des mêmes eaux &msî qn'ik l'icttoii dn courant polaire ijne nous étudierons plus loin.

Chacune des particularités que nous venons d'indii^DSt taieei sommairement que passible a des conséquences pratiques pour la navigation et ce n'est pas un des rareetères les moins étonnants de l'esprit de notre âge que It préoccupation incessante do la transformation presque iamédiate des découvertes ijue l'on pourrait croire puremenl spéculatives en applications utiles à l'humanité.

L'un des résultats généraux de la détermination il trajet et de la distribution des eaus du Gulfstream\i^ l'explication du rôle que ces eau3 jouent comme agent it de calorificatîon des climats de l'Europe Occidentale.

Sous ce rapport Maary a pu comparer avec toute wson la «ône torride a un fourneau de chauffe, le golfe di Mexique et la mer des Antilles à une chaudière e(^ Ouïfstreant à un large tuyau conducteur s'applstisaW vdïs la fin de son trajet pour présenter nn plus grand diveloppement de surface extérieure. Chacun des turmesvj cette comparaison se justifie aisément. C'est évidenuas' BOUS l'action de la chaleur portée par le fleuve bleavenj l'Europe que la rigueur des bivera des eûtes occident»!*'. de France, d'Angleterre, d'Irlande et même de la Norricj et de l'Islande so trouve profondément atténuée, que par des latitudes semblables la Sibérie d'un côté,'' Labrador et le Canada de l'autre, sont maintenus deloap mois sous les glaces. C'est à la même canse que l'Ân^ terre doit sa riche végétation et l'Irlande les beaui pij»

LE YOTAGB 45|

ges qui lai ont valu les noms de Verte Erîn et d'Emérande de la mer. On a même tenté d'évaluer la quantité de calorique ainsi transporté en un jour jusqu'aux environs du 48* parallèle en admettant que s'il parvenait à se dégager instantanément il serait capable d'élever à la température du fer rouge tout le lit du courant. Sans pousser aussi loin les déductions, il est incontestable que l'influence du Gulfstreamàépsaae de beaucoup les couches atmosphériques ambiantes et peut embrasser le bassin de l'Atlantique septentrional dans presque toute son étendue. Cette action calorifique est manifeste sur les vents de Sud- Ouest qui soufflent si fréquemment dans la même zone et dont la douce température était connue depuis les temps les plus anciens. Elle est tout aussi remarquable sur l'abondance des pluies qui versent sur les mêmes contrées des trésors de fécondité.

Nul doute qu'une telle puissance manifestée sur l'atmosphère par des phénomènes sensibles, ne s'accompagne d'actes plus intimes au sein de l'Océan. Maur y et plusieurs auteurs avec lui attachent une grande importance aux réac- Mons galvaniques des ondes du GMfstream prouvées par les effets de leur contact sur le doublage en cuivre de la oarène des vaisseaux. Ils vont plus loin encore en s'élevant à des considérations plus élevées basées sur l'entraînement, loin des mers tropicales, des matières organiques et des dires vivants prodigieusement abondants qui fourmillent dans les eaux chaudes en marche vers l'Océan. Mais ce ne aont là que des jalons d'une science à peine au berceau

lai CHIPITIB noiBi&n

qu'il D 'appartiendra peut-ètrô pas à la génér&til^ sente d'âdifier. Noua ne faisons donc que signaler e voie de recherches immonscs pour nous roufermer ( rindioation des faits spéoiitas à la navigation de a team ers.

A ce point de vue le Oulfsiream est un admirable p de repère pour let marins, allant d'Europe aus Ei Unis et vice versa ; il fut longtemps un obstacle îgnoi la marche de leurs Daviros ; il peut être enfin uQ puissant pour eux ainsi qu'un protecteur assuré en certains dangers. Noua allons indi<^aer comment.

La première riualité n'a pas besoin de longues pre pour être reconnue. Il suffit de se rappeler les oondil exactes de trajet, de limites selon les saisons, de col tion, de température, etc., etc., du grand courant oei que, pour qu'on apprécie de suite les avantages qu'en vent retirer les navires. S'ils août privés depuis plusi jours d'observations astronomiques, îla n'ont qu'à d< un peu de leur route pour trouver des indices certaii: leur position.

Le Guîfstream fut longtemps, d'autre part, une c inappréciée de retards dans les relations commerciale l'Europe avec l'Amérique du Nord et cette rcmarqu une des particularités les plus curieuses de son hist Sans énumérer les nombreuses causes d'erreur que , perfection des instruments nautiques, des ohronomc et des tables de calculs pouvait introduire autrefois la rapidité ou la direction des grands voyages de II

LE VOTAGE IS3

1 fiait que jusqu'à la fin da siècle deruîer lee maf~rina devinaient bien plus leur position en mer qu'ils ne la calculaient. TJu attériaaage à New- York pour des navi-

- res à destination de Boston n'avait rien de bien extraordinaire, et Maury cite même un exemple plus surprenant.

H dit avoir en sa possession, aous la date de 1746, le livre de loek d'un bâtiment à voile allant régulièrement aux Indes occidentales et dont la vitesse moyenne était alors d'environ un mille par heure. Il était donc plus important alors que de nos jours do tenir compte des courants. On se parait pourtant pas s'en être véritablement préoccupé avant que l'attention de Fraacklin ei\t été éveillée sur ce point en 1770 par une pétition des négo-

eîsntsde Providence. (Ehode Island). Ces derniers deman-

â&îeat au gouvernement anglais que les paquebots de Fal-

mouth se rendissent dans leur port do préférence à celui

de Boston; la moyenne des voyages à ce dernier port

. étant en réalité plus longue que celle des traversées de

^^ Londres à Providence bien que la distance parcourue eutre les deux autres porta fut plus courte.

La raison do cette contradiction apparente fut révélée au célèbre fondateur de l'indépendance américaine par

" le capitaine FolgerjbaleinierdeNantucket, alors iLondres, mais les renseignements que oe dernier avait recueillis pendant ses nombreuses expéditions de pËclie ne furent pas suffisamment appréciés et la véritable découverte des effets du Qulfsiream ne fut mâme rendue publique qu'en 1790, Francklin l'ayant tenue secrète pendant toute la

454 CHAPITRB TROISlfcMB

darée de la guerre de rindépendanoe de son ] résultat de cette divulgation fat immédiat. L^; côtes septentrionales des Etats-Unis devint ans rapide et aussi facile en hiver qu^en été tandis qi souvent relaté dans les journaux de l'époque qi vires se rendant aux caps de la Delaware avaien traints d^allcr chercher un abri jusque dans occidentales. Dès lors aussi se fit une véritable i commerciale caractérisée par la décadence des Sud de P Union et spécialement de Charlestow: donne à ce sujet des chiffres qui méritent àU « En 1769, dît-il, le commerce des Doux-Caroli » à lui seul égal à celui de tous les autres Et > nouvelle Angleterre réunis. Il était plus ( » de celui de New-York et dépassait d'un tien » la Pensylvanîe. (I).

En 1792 les exportations de New-York ne se que de 2,500,000 dollars ; celles de la Pensj 3,320,000, tandis que Charlestown exporte à lui 3,834,000 dollars.

Trois ans plus tard, en 1795, Tinfluence du G étant mieux comprise depuis la publication de sur la navigation thennométrique, la traversée d'Europe aux Etats du Nord se trouve presque i

(1) Extrait des tableaux de comparaison des Annale merce, de M* Pherson,

i moitié. Le voyage aux ports du Sud conserve à peu près " la même dorée et, comme conséquence commerciale, les g droits montent à Philadelphie seulement à 2,941,000 dol- ^ lars, c'est-à-dire à plus de la moitié de ceux qu'acquittent tous les autres Etats réunis. Ajoutons que la révolution g dont nous parlons prit surtout des proportions considérables g dès qno Jérémie Thompson, Isaac Wright et quelques ^ . antres eurent conçu Tidée de l'établissement d'une ligne ^ de packets à voiles entre Liverpool et New- York. C'est do cette date (1816-1817) que le commerce de ce dernier ^ port a vu se développer sa croissante prospérité. r De pareils résultats sont des arguments sans réplique. On les a bien, il est vrai, rattachés à des considérations - d'un autre ordre et tout particulièrement à la protection ^ accordée aux Etats du Nord par la constitution et la législation nées de Tindépendance, mais la découverte et la mise à profit du cours et de l'action du Guïfstream parais- sent avoir été réellement prépondérantes dans ce déplaoement du mouvement commercial aux Etats-Unis. Il est plus sensible que jamais aujourd'hui malgré les modifioa- ^ tiens profondes apportées à la navigation par l'emploi de r> la vapeur.

. Il nous resté enfin à expliquer comment le Gtdfstream . ~ peut être un aide et une protection pour les marins.

Si l'on tient compte de la vitesse du courant évaluée, comme nous l'avons dit, à 5 nœuds environ à son point initial et qui, bien que successivement diminuée, conserve toujours une valeur relative considérable dans l'Atlantique,

oa comprendra sans peine l'immense puti qae l'on: tirer d'un pnroil auxiliaira dans les traversées dattUv on Europe. Le capitaine Folger avait estimé â âO on ÎO milles par jour la perte de temps occasîOQiiéc pu \'<^ tinattoD des commandauts des pa<j^uebots de FïIiiioi>''> à refouler les eaux du même courant pour serenJnl Boston. Il est naturel, par suite, de saisir eombieii «K désavantageuse la lutte contre une telle force pour ta voyages d'Europe aux Etats-Unis. C'est aussi ce qo'otservent aujourd'hui toua les marina en évitant avec sm « autant que possible le trajet dn Oulfstream dans Iwi travorséos. C'est aussi l'une des causes de la direotion J» voyages d'aller des steamers.

L'action protectrice du Oul/stream est tout atusi in* dente et s'exerce de plusieurs manières.

Manry a poétiquement décrit les bienfaits de la chilto de ses eaux coramoniquée à l'atmosphère ambiante pw les nombreux navires qui viennent durant l'Liver aSKinl' les dangereuses tempêtes de glace et de neige sî fréqueiu* à l'approolie des côtes do l'Amérique. L'équipage et gourdi par le froid peut i. peine se porter aux mauœaTNi Le navire est pour ainsi dire transformé eu un morW de glace, mais le gouvernail lesto libre, il dirige le v>i>

n vers le grand fleuve et la scène change en quel<iu* heures comme par enchantement. 11 semble qu'

gé de l'hiver à l'été. La glaoe fondue se détache di grécment. Uns chaleur pénétrante rend aux matelote l'if deur et la force qui les avaient abandonnés. Une nouveU'

LB ¥OTâ« 157

miatire peut £ûre mtbemàn^ le part désiré, et si V<m shone, le gulfsiream est totôons là po«r pranetlxe, ftnune la teire à Antée, de v^iendie vue aovFelle ^er- « et de triomplier des élémeota.

Il est bien quelques œnlnes à ee ben taUeaa et je dois ber par exemple l'attractloo bien reeomuie que le majes- «az courant océanique parait ezeMo- d^ôie &çod près- Lc irrésistible sur les ouragans et eoi^ de Tent de PAt- K^tîque. M. Bedfield a pu eompt» plus de 70 navires %das ou désemparés sur toute l'étendue de cette voie, Arenue sinistre, que parcourut le seul ouragan de 1854. ^is la constatation de ces ^ts eux mêmes est un enseiornent et il est du reste des compensations à ces chances, t*eg d'ailleurs, de désastres. C'est ainsi qu'en décembre . ^3 Maury a pu diriger de son cabinet les recherches da ^vetage du magnifique paquebot américain, le 'San '<incisco, complètement désemparé peu de jours après :i départ de New- York. La seule indication de la renitre en mer de ce bâtiment par deux navires qui vaient pu lui porter aeconra suffit à l'illustre autenr des 'tes de vents et de courants pour assigner les limites 3z restreintes dans lesquelles on pouvait retrouver >ave. L'événement prouva combien ces prévisions étaient dées et l'on ne doit pas ignorer qu*il s'agissait de sauver [ ou six cents passagers destinés à une mort certaine. Tous ferons ressortir plus loin qaels autres avantages itéraient du trajet du gvlfstream^ si l'on adoptait litivement des routes distinctes d'aller et de retour

CBàPITU TBIHIlkME

pour les steamers de toatee lea nations, et noos auiocs auBsi à montrer preohaiacment que ses eaoz Tapidcsct cbaudeB furmeut de plus une barrière presque infranobifr Bable aux ilea immcnBea de glaces ou Icebergs noeletwiirant polaire entraine vers lea banos de Terre-Nsove. La hante température de ces eaux est un obstacle lonl ansei in surmon table aux migrations vers le sud des baleines francbes car on se rappelle que l'observation, faiU pit le capitaine Folgcr, des limites au delà desquelleslespéchears ne rencontraient plna ces gigautesqaes céLicÉ«fit précisément la oaUBe de la découverte du trajet du flenvF bleu. Il ne nous reste donc plus pour terminer l'expositi» des incidents spéciaux à la traversée proprement dite dt l'Atlantique Nord qu'à examiner aï le gulfatream a M rôle aussi prépondérant sur le mouvement de l'atmosphère des mêmes régions que sur les flots de la mer.

Cette action ne peut être niée et se trouve nécessa» ment comprise dans ce que nous avons précédeminMl exposé au sujet de l'arrivée dans l'Océan des masses éniv mes de calorique prorenant du golfe du Mexique. N** avons également montré qu'elle s'étendait aussi bien m couches atmosphériques de la plus grande partie du \» sin Nord de l'Atlantique qu'aux venta qui régnent dwsli même région \ mais les courbes que de Humboldt a, !> premier, tracées sur des cartes et qu'il a désignées sonili nom d'Isothermes, (ijoî, égal; Stetiof, chaleur) ont

LS VOtÀGfi 159

duit ces effets sous une forme vraiment saisissante. Nous en donnons donc ici un aperçu borné aux lignes de paroonrs de la route de nos steamers et à celles qui Tencaârent de plus près. Ces lignes ont été reproduites dans un grand nombre d'Atlas et Ton remarquera qu'elles sont 8008 une dépendance étroite des limites que nous avons indiquées pour le courant d'eau chaude lui-même.

Si nous suivons d'abord, par exemple, ce que l'on nomme l'isotherme de 15 degrés, c'est-à-dire la ligne des divers points du globe où la température moyenne atteint oe chiffre, on notera qu'en prenant un point de départ à San Francisco de Californie, elle marche droit à l'est, atteint dans l'état de Dela^are la latitude de 37 à 38** et décrit une courbe assez régulière jusqu'à la côte occidentale de l'Europe qu'elle atteint à la limite qui sépare l'Espagne du Portugal (42** environ). Elle passe ensuite au Nord de Rome (41.43o) et dans la partie septentrionale de la Turquie. Jusques-là l'influence du gulfstream ne peut s'exercer que dans une très faible étendue et dans le voisinage immédiat des côtes d'Amérique où le lit du fleuve bleu est encore resserré. Il n'en est pas ainsi pour l'isotherme de 10 degrés.

Celle-ci coupe la côte occidentale d'Amérique à l'embouchure de la rivière Columbia ; elle s'abaisse ensuite Vers le Sud, traverse la partie Nord de l'Etat de l'Ohio, Uteint près de New-York le» bords de l'Atlantique, en >^ésentant une assez grande convexité vers l'équateur ; >Uis elle se relève brusquement vers le Nord de telle fa-

t6lt, CniPITBK TKOtSlESR

<^ou rju'elle passe doua le ToÏEiDBge de Londres, (10 degilf de plus en latitude qae Now-York 5 1°, 3 1 4 1", 55). Puvenue A ce point maxttmim de hauteur elle s'inflécLit en- Un vers la bohème (50<*) et la partie HepteiitrioDaledelam«r uoire en passant eotre Nîcolaieff Ifi", 58 et Sébastopol U'i 3C. On oroirait suivie^ dans la première partie du tng«t, le cours du Oulfàtream lui-même!

Même parcours pour l'isottiermc de ô' qui, partant ix la côte d'Amcri'jue au nlreau de l'état du Alaioe ei Nouvelle-Ecosse, entre Eaatport (44'', 54) et Halilii (44", 44), viout traverser la partie méridionale de Terrfr Neuve (40') et so porte de IX jusqu'aux îles Fœroc [ôl',ïll| et iss envitous de Drontheim, (63", 26 lat) pour K'sfaBÎBw plus loin brusfjuement vers le Sud -Est au Nord de Si» 1 kholm (59", 20) et de Chrisliana, [ôQ-, 54) au Sad Jt Kaaan et de Moscou, (55°, 4^ 55", 45). La déviation dot au Oulfstream est ici tout à fait manifeste p comprend 20 degrés de latitude dans les pointa oppciM d'Amérique et d'Enrope. 11 en est esactement a l'isotherme de zéro qui ooupe l'angle Sud-Est du Lib* dor (50') et vient, parallèlement h celle de 5» touolwrk cap Nord de la Norwège en comprenant l'Islande an 3» de sa courbure. (Cap Nord. 71°, 10 lat.)

Nous ne donnons naturellement ici que les réeulUtt généraux consignés dons les meilleurs traités de méléoiv logio, car noua ne pourrions entrer dans plus de di sans sortir des bornes de notre livre. Le lecteur oomi» dra S3US peiuQ <|ne les ligues isothermes qui préeè

!omp(^

Qdent à des températares moyennes et ne peuvent toutes les modifications que les saisons, la perprolongée de certains vents, et d'autres causes apporter dans leurs inflexions. Nous ne pouvons it nous dispenser de donner un exemple des rée ce genre d'études. Son importance sera certaiippréciée des voyageurs çui peuvent choisir les leurs traversées de l'Océan, it parvenu à établir qu'il existait des différences I entre les climats terrestres et maritimes des Dues. On a même pu déterminer que si Février et Qt, pour les continents, les périodes extrêmes de de chaud, il y avait, pour la mer, qui perd moins at le calorique que la terre, un retard d'environ 30 is ces deux pôles de température. Mars et Septem- 3nt donc être considérés comme les analogues des les précèdent, c'est-à-dire Février et Août, quant eur ou à la douceur de leurs conditions climatëpourront être, pour cette raison, choisis ou rejees intéressés.

. se rappelle que ces deux époques coïncident ter- *me aux variations des limites septentrionales du arriy on ne pourra s'empêcher de voir dans ce inafleuve le modificateur principal des climats de la L traverse et des côtes qu'il baigne. Des calculs 3nt pu faire afiSrmer que la quantité de chaleur e journellement entraînée à l'Océan par ce grand serait suffisante pour porter des montagnes de

102 CnAPITRE TROISIËHS

fer de C^ an point de fusion et pour faire tomber de leva flancs un fleuve de métal liquide plus considérable que le volume des eaux mises chaque jour en mouvement parle Mississipi. Maury admet aussi , d'après d'autres baies, que la quantité do chaleur rayonnée toutes les 24 hmres par le gulfstream sur l'Océan Atlantique serait saffinnte pour élever de G^* à une température d'été toute la ooloDDe atmosphérique ayant pour base la France et les îles Britanniques. « Devant d'aussi grands phénomènes l'esprit hn* « main reste confondu et l'admiration qu'inspire le spe^ n tacle de ces merveilles reporte involontairement la peo- » sée vers la puissance qui, en les créant, a laissé, seko » PénergiquG expression de l'Ecriture, la trcusê de sêSfU » à la surface des eaux. »

Plus on avance dans l'examen intime de ces divers actes, (dit encore Maury sous l'influence d'une élévation religieuse de l'âme à laquelle nous nous associons entièrement), plus on est convaincu que la mer, loin d'être um masse liquide inanimée, forme un véritable monde virant et se mouvant en obéissance à des lois déterminées. Ce* ordre parfait ne peut être l'effet du hasard ; une intelligeucc suprême a du présider à cette prestigieuse misées scène. Aussi une semblable étude est-elle de celles qu élèvent l'esprit de l'homme et le rendent meilleur.

On se tromperait étrangement cependant si, en lisant ce qui précède, on était tenté de conclure que la traversée de l'Atlantique s'exécute constamment par de douces tenpératurcs, à travers une atmosphère semblable à celle

LE votàge 463

ée ces îles privilégiées de l'Océan Pacifique ovi les rigueurs de l'hiver sont aussi inconnues que les chaleurs . étouffantes de Pété. Le gulfstream n'a pas le pouvoir de : aupprimer complètement ainsi les latitudes, c'est-à-dire i les conséquences de Péloignement de r£quateur et du sor leil. La chaleur qu'il apporte à nos climats et qu'il distribue si largement sur son passage modifie seulement dans s une proportion sensible les conditions météorologiques des . contrées qu'il baigne de ses eaux. Son action se borne

- même aux côtes qu'il atteint ainsi que le démontrent les ■ inflexions des lignes isothermes que nous avons suivies, s soit l/>rs de leur sortie du continent Américain, soit peu . après leur entrée dans les terres Européennes.

Pour n'en citer que quelques exemples, il suflSt de met- ^ tre en regard les différences considérables du climat de . New- York et de celui des villes situées sur le Mississipi,

- BOUB les mêmes latitudes, ainsi que la douceur des hivers de Bretagne relativement aux conditions inverses de la

^ même saison dans les villes de l'intérieur de la France.

. Les températures moins rigoureuses des côtes de la Norwège, opposées au froid constant éprouvé simultanément

: en Suède, sont tout aussi confirmatives.

Le gulfstream n'est donc qu'un modificateur de la tcm-

. pérature générale du bassin de l'Atlantique. S'il rend possible au Lapon jusqu'au 70® degré Nord la culture de Forge refusée à des latitudes bien inférieures en Amérique ou en Sibérie ; si, grâce à lui, les Myrtes, les Camélias, les Fuchsia et les Budleia passent tout Thiver en

tfîl cHAPtiRB noisiÈag

pleine terre sur les bords niËridionaux do l'AngleterreoB de Ift lirctDgQc, ou n'est nullement en droit de douneti ces faits une interprétation en deliora de leur portée Datarelie. Le voyage d'Europe aux Etats-Unis s'exécute oatstumment eur les limitea des EÔnea tempérées de l'himî' sphère Nord du globe; il y est nécessairement soudûbiu phases ordinaires des saisons de ces régions. Les tiav^ sées d'aller et de retour y sont en réalité rndes, péniblu, glaciales mt'mc de Décembre à Mars. Elles sont hnmidN et brumeuses durant les mois de notre printemps ; k peine chaudes en été et en autonmc, jusqu'en Octobre et Novembre. Le ciel est preB(|ue toujours couvert ou pusgens, et les séries de beaux jours sont très rares.

Il n'est pas difficile d'ailleurs d'analjser et de Bpéei&i les causes de cette perBistance de l'inclémence de l'atmosphère. Elles dépendent particulièrement de la tatitodc elle mt'me; (nous n'avons pas besoin d'insister davant^ »iiir co point], des variations d'étendue et do force ds ijulfstream lui même et enfin des vents qui soufflent 1 cette portion do la mor.

îie gulfstream n'est pas toute l'année ce fleuve tesque dont nous avons dû décrire plus haut les oataï fçénérauK et les limite» estrèmea. Bien que pli points de son histoire exigent encore de longuet tes recherches, on a pu réunir déjà de nombreuses] ves des variations ou des modifications que présentent! cours et surtout son étendue. On a montré, par exei i]ue la chaleur de ses eaux n'était plus aisément peoc

LE VOYAGJS 465

^ à PEst du méridien des Açores à la suite de la proloDgaj tion des vents d'Est ou de Nord tandis qu'elle se mani-

testait parfois d'une façon tout à fait extraordinaire près

~. des rivages d'Europe ainsi que Franeklin l'avait constaté.

. On conçoit, a priori, d'après la théorie que nous avons

exposée, que ces variaticms peuvent se traduire par des mor. -dîfications eorrespondantee du climat des côtes de France et

d'Angleterre tout spécialement. C'est ce qui s^est observé

•en Novembre et Décembre 1821 ainsi qu'en Janvier 1822.

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