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80 CHAPITRE DEI/XIÈSIB
presque partout dans le vaste champ de l'industrie, bien que, sous ce rapport, TAngleterre se présente encore en pre* mîère ligne, laissant loin derrière elle presque toutes les autres nations. Pourquoi nier un fait qui appartient I l'histoire de notre siècle et qui ne peut engager TaTenir ? C'est la Grande-Bretagne qui mit le plus vite à profit les premières machines à vapeur, filles du génie de James Watt. Pendant de longues années, sa forte industrie fov* nit seule les marines des autres peuples de leurs meillcon appareils de locomotion. Fulton demandait aux ateliers de Boulton et Watt, à Soho, les moyens de faire mouroir son navire, et des ouvriers de la même usine franchissaient l'Atlantique pour aller assembler et monter les pièces qoi devaient faire cheminer le Clermont sur l'Hudson. Il eu fut ainsi longtemps en Europe, où bien des machines portent encore les noms des constructeurs du Keyanme- Uni. Le gouvernemeat de ce grand pays a compris qu'il y avait un immense intérêt à favoriser autant que possibk le développement des grandes industries, et il ne pe«t venir à la pensée de personne que l'activité des fabricant anglais se relâche jamais dans la production et dans 1< perfectionnement des navires destinés à répondre soi besoins sans cesse croissants des transports maritimeft Succès oblige, et le travail persévérant des grandes usioei de la Clyde ou de la Tamise maintiendra certainement, durant de longues années, aux ateliers de l'Angleterre et de l'Ecosse, la clientèle qui leur est assurée, d'ailleur?. par le nombre et la perfection de leurs produits.
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L'Amérique suit PAngleterre de près et vient de faire t efforts considérables ainsi que des progrès sérieux iB les constructions navales. Si ces efforts ont été malireusement détournés, dans ces dernières années^ vers machines de destruction, elle ne tardera pas à marr d'une ardeur égale dans la voie des travaux pacifiques, ntenant que Theuré de la paix a sonné, lême activité partout en Europe. Plusieurs nations, 3que étrangères tout récemment encore aux choses do aer, veulent avoir une marine et y consacrent une bien importante de leurs ressources. Plusieurs ont déjà rastes chantiers et des outillages perfectionnés qui leur oiettent de fabriquer chez elles ce qu'elles ont d'abord 3que exclusivement demandé à l'Etranger, les faits n'échappent pas aux Anglais, les rapports an* Is du chancelier de l'Echiquier le démontrent; mais, scients des débouchés qui, peu à peu, doivent leur stpper en Europe, ils trouvent dans cette prévision do jsants motifs de se porter avec pins de persistance vers louvelles contrées. On peut même dire qu'ils monopont la fabrication des steamers et des machines de la part des colonies ou des pays appelés successivement 1 état avancé de civilisation. La navigation à vapeur la plus importante condition de développement des trées que la fréquentation des Européens initie à des binées qu'elles pouvaient difficilement entrevoir avec lenteurs inévitables de la navigation à voiles. C'est r ces pays une sorte de nécessité d'existence, et l'An*
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gleterre sait admirablement profiter de la position que loi assure, sous le rapport de la fourniture dont nous par* Ions, Pextension de ses grandes usines ainsi que les progrès incessants qu^engendrent le travail et l'expérience, ces aides féconds du génie industriel
Il serait toutefois déraisonnable d'avancer que la concurrence est impossible à soutenir contre une situation aussi solidement acquise, aussi intelligemment maintenus. Les monopoles sont difficiles à conserver, et, sans parler de l'Amérique du Nord, il suffît de tenir compte de l'intercourse actuel entre New- York et divers points de l'Europe, pour être convaincu de Textension des relationi maritimes à vapeur, soit en Allemagne, soit en France.
Grâces à la paix si indispensable pour l'expansicm de toute grande entreprise (surtout celles de la mer), grâces aux idées d'association qui ont fait, depuis peu, tant de cbemin dans les esprits, grâces enfin à l'énergique impvisiou de plusieurs gouvernements, et en première ligne h celui de l'Empereur Napoléon III, de puissantes compi' gnies ont pu se créer rapidement, dans des conditions pff* sonnelles et nationales de prospérité et de durée. Des ite* licrs considérables de constructions navales se sont élevA ou agrandis ; des usines se sont fondées sur une laig* échelle ; des capitaux n'ont pas craint de se porter Teul ^^ des entreprises presque ignorées autrefois en dehors d*! ^ ports. La plupart des nations européennes ont pu être otf*! ^^ traintes d'avoir recours à des ouvriers anglais pour W tallation rapide ou presque improvisée de leurs serri^l j^^-
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maritimes, mais on peut prévoir facilement le jour oi\ elles cesseront d'être ainsi partiellement tributaires des industries du dehors. Bien plus, des faits éclatants prouvent nettement qu'un autre avenir attend les efforts des nations qui se sont engagées résolument dans la carrière de la grande industrie. C'est à la France, par exemple, que se sont adressées, de préférence, la Russie, l'Espagne, le Portugal, pour la construction de leurs lignes ferrées. L'Angleterre, elle-même, vient de lui demander des locomotives, et le bruit que fait actuellement une pareille victoire est le gage de nouveaux succès.
Il y a longtemps déjà que les fondateurs et promoteurs des chemins de fer français avaient prédit à l'industrie de notre pays de brillantes destinées. Leurs prévisions, réalisées pour les services terrestres, sont applicables aux grandes lignes maritimes. Qui pouvait mieux du reste prédire à la France un bel avenir dans la voie des conquêtes pacifiques que les financiers habiles qui, après avoir consacré les premiers temps de leur active carrière à la construction des premiers chemins de fer français, ont été, depuis, les constants patrons de tous les grands travaux nationaux du même genre. Nos frontières ne les ont pas arrêtés et quand ils ont pu supprimer les Pyrénées, plus efficacement que par le grand mot de Louis XIY, ils ont poussé de tout leur crédit, vers la conquête de l'Océan, en créant la Compagnie Générale Transatlantique.
L'Amérique, l'Allemagne, la France, peuvent donc lutter, de nos jours, avec leur riche et prévoyante de-
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vancière dans la voie des relations transooéaniqaes et partager avec elle les immenses bénéfices dont ces rebn tiens sont les causes nécessaires et directes.
III. — Conditions géographiques dans leurs rapports a/vec les voyageurs, les marchandises et lez relations postales.
Nous venons d'analyser ainsi les conditions générales de l'exploitation sérieuse ainsi que de l'établissement da* rable des services transatlantiques. Il nous reste à apprécier quelques considérations particulières non moins importantes, pour ce qui concerne spécialement les relations de l'Europe avec T Amérique du Nord. Ces considérations ont trait à la situation respective des divers pays qui ont vu naître les compagnies actuellement en exercice, relativement aux sources d'alimentation de leur transit, en passagers et en marchandises.
Ici, tout d'abord, se présente un fait remarquable? celui de la convergence, vers le nord de l'Europe, de too' tes les lignes postales de TAtlantique.
L'Espagne et le Portugal, en apparence si favorisés par la disposition avancée de leurs côtes dans l'Océan, ainsi que par la douceur du climat de la route qui les réunirait «iu Nouveau-Monde, semblent ne devoir pas, de longtempSi penser à la lutte ardente des nations qui ont su leur ravir l'empire des mers. Le peu de stabilité politique de ^
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