DE LA COLLINE BASSE
Pom H. N.
C'était un paysage assez mélancolique,
Assez pâle, surtout bleu et gris, bleu cendré, —
Bien nébuleux pour une « vision d'Afrique î »
Des toits brutaux massaient d'horribles flots carrés
Au-dessus des longs flots sinueux de la mer.
Les pins rugueux dressaient de grisâtres mâtures,
Et leurs feuillages aux mouvantes découpures
Montraient, cachaient des voiliers nainset des steamers
Gros comme les oiseaux qui jouaient dans leurs bran- Au loin de formidables troupeaux de maisons [chcs. Escaladaient le ciel bleu-gris, — bises et blanches. - — Et dessinaient un cap massif à l'horizon.
L'eau bleutée ondulait, du plâtreux promontoire A l'autre cap, lent môle, étiré sur les vagues, Matifou, vert et jaune, et rose-thé, le soir Malgré de gris et bleus fantômes de villages.
Dans la nue trouble où voguaient des fumées d'usines, (Des usines d'Afrique!) — élancées follement, De grises femmes qui s'éparpillaient aux brises Se reformaient en rudes sphynges léonines. Bleuâtres, en monstres marins se poursuivant Ou bien en longues fleurs de formes indécises Qui flottaient près de bois aériens et d'îles Perdues sur l'océan silencieux du ciel.
Dans les rues basses le glissement solennel Des beiges vêtements arabes et kabyles Promenaient des nuages plus lents et moins clairs.