PAYSAGES CORSES
Pour C. Boiry.
CARGESE
CARGESE
(Route de Sagone)
La route flave si nue, Rude, et cependant presque douce, Sous les roches mordorées et rousses, Violettes, parfois, et la grâce ingénue
Des « bellombras » aux sombres fraîcheurs bucoliques, Grands et forts avec leurs branches braquées, Mais enfantinement lourds et un rien comiques, — Et suaves dans la brise nacrée.
Des voiles vont lentement sur le golfe D'un bleu améthysé comme tels yeux, — Cinglant vers les grands'promontoires sourcilleux Dont les murailles vertigineuses nous bloquent.
Aux pentes fauves des rochers
Un peuple d'oliviers fait des ombres plus claires,
Plus intenses, pourtant, — (d'indigo sur la pierre), —
Que les feuillages qui miroitent ;
Et Ton croirait que l'on va cueillir,
En ces petites flaques d'azur moite,
Des bouquets — un peu lilacés — de myosotis.
Des femmes corses, menues et droites,
Près de leurs bourricots teints de topaze et de saphir,
S'enlèvent, toutes fines et noires,
Sur la montagne où la neige bleue va rosir.