‹ En suivant les goélandsChapitre 15 sur 31 · CARGÈSE · texte numérisé non relu

CARGÈSE

(Route de Piana)

Ce val si calme, en la bataille des montagnes Bises, bronze verdi, topaze ou rose-feu. Evoque, sous de hautes feuillées langoureuses, Avec son air bleu, son fleuve où du rêve stagne. Si lent, si lent, à peine changeant.

Le tiède charme d'une terre tropicale.

Les longues frondaisons bruissantes

Des eucalyptus retombent comme des palmes ;

Et voici un pont si étroit

Que Paul y eût porté Virginie par les pluies ; —

Dans la rivière, le doux soleil jaune luit

Jusqu'au lit de cuivreuse terre qui ondoie.

Et je vois le retour de la Rivière Noire.

Après que le cruel planteur a regardé,

Si fixement, la fille aux beaux yeux de glycine.

Et je cherche, sur les grands rochers corrodés. Si différents du vert « bassin » aux ombres fines, Les maisons où s'aimaient les petits amoureux Et les cocotiers qui frôlaient leurs deux toits frêles D'une caresse amie, comme voluptueuse, — Et Marie et le vieux Domingue si fidèle.

Et mon triste cœur de malade visionnaire Navré de songer : Tout cela ne fut jamais. Ce n'est qu'un rêve pour petites pensionnaires! Le val corse l'a douloureusement calmé.

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