PLAGES
A la Dame Boudette.
11 en est d'un blanc pur, brillant, presque argenté ;
J'en sais d'un noir roux de feu mort.
Enfers près des candeurs mourantes des jetées ;
J 'en sais d'or — et d'ajoncs — sous le ciel vert du Nord,
Bosquets nains, micacés par les vagues heurtées.
Et la plage rose, à l'aube incarnat.
Parterre en sable fin, je la suis comme en rêve,
Longue, longue, sous le ciel de grenats î
Et les bulles d'écume en pâles rubis crèvent
Sur la douceur florale de la grève.
Sur la plage rose à l'aube incarnat.
D'autres s'incurvent sous l'enlacement des branches Flagellées par le vent salin, —
— Dansez, feuilles et fleurs, aux plis des mousses blan- Frigide, un autre dort sous un ciel hyalin, [ches! — Dans les parfums brefs, sous les bises franches.
Et la lointaine, si voilée au crépuscule, —
Dont le fier horizon strié d'or violet
S'apaisait lentement sous des brumes de tulle,
La rouge où le sang du soleil coulait,
La blonde où la grotte ouvrait un mauve palais, —
Et la lointaine, si voilée au crépuscule!
J'en sais une douce et tiède, un miroir De rêves gris et de mélancolies.
Où de tristes beaux yeux se mirèrent un soir Et qui reflète un si douloureux désespoir Dans les vagues remous de ses nacres pâlies !
POUR l'ombre de BŒCKLIN 8l
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