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QUELQUES COINS DES LIVRES DE VERLAINE

Pour Charles Morice.

Voici un bois très doux, un peu mystérieux

Où des blondeurs, soudain, s'éveillent et rayonnent.

Où l'air, tépide et moite, aux parfums langoureux.

Est d'un printemps que trouble un souvenir d'automne.

Des belles fières et nonchalantes le hantent

Avec des cavaliers pâles mais résolus

Et dans l'allée où des voix faibles se lamentent

Plane comme un pressentiment de « jamais plus ».

Un parc : La mélancolie blanche des statues S'égaye un moment des vifs reflets d'un cortège : Satins d'aurore, ou zinzolins, satins de neige, Mais de neige'^bleuie, lilacée par la nue Font chatoyer de frais éclairs sur les vieux marbres ; Les fusées des jets d'eau frôlant les cimes d'arbres Pleurent en retombant des perles de Venise. Et dans le défilé preste mais solennel, Silencieux, tandis que chuchote la brise ,

Sonore et poignant, trille un rire assez cruel.

La claire cellule où s'attriste la lumière

La cellule d'un blanc bleuté de ciel du Nord

Regarde un toit que cerne un gracile fil d'or;

(O doux soleil caché par l'ardoise et la pierre !)

Mais plus haut que ce toit qui mure l'horizon

Montent le frisselis et la grâce légère

D'une branche feuillue qui berce des chansons

Et la branche semble grandir, grandir sans cesse

Et d'un lent tournoiement indolent à ravir

Creuser dans la clarté pâle un puits de saphir

Par où l'âme captive échappe à sa détresse.

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